1. Quelques définitions descriptives

 

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Présenter la vie consacrée comme un signe d'espérance pour le monde et pour l'Église, c'est vouloir la situer au coeur même de l'Évangile où Jésus s'occupe de l'homme intégrale, image de Dieu. Pour bien saisir cette mission, nous devons commencer par four­nir certaines explications terminologiques.

 

1.1. Un signe

D'après le Vocabulaire de Théologie Biblique, on appelle signe "ce qui, par rapport naturel ou par convention, fait connaître la pen­sée ou la volonté d’une personne, l’exis­tence ou la vérité d’une chose”[1]. En d’autres termes, un signe est une réalité sensible qui renvoie à une autre réalité.

Auprès de qui la voit ou l'approche, la personne consacrée si­gni­fie une grande réalité de foi. Elle vit en vérité les engage­ments de la vie consacrée lorsque son style de vie correspond aux va­leurs professées dans les voeux de religion et qu’elle fait sa part dans la mise en oeuvre du projet missionnaire de son Institut.

Le questionnement suscité dans le coeur de ceux et celles qui l'entou­rent est un véritable regard vers la source de toute vie et de toute vocation chrétienne. Néanmoins toute ré­ponse à ce ques­tionne­ment devient obscure et même impossible quand on ne sait pas de qui la personne consacrée est réellement signe et en quoi consiste son témoignage. En ce sens, le concept de signe est lié à celui de témoin.

 

1.2. La vertu d'espérance

Parler de l'espérance, c'est dire la place que tient l'avenir dans la vie consacrée du peuple de Dieu, un avenir de bonheur auquel sont appelés tous les hommes (1 Tm 2, 4). Ce sont la confiance en Dieu et en sa fidélité, la foi en ses promesses, qui garantissent la réalité de cet avenir (cf. He 11, 1) et qui permettent au moins d'en deviner les merveilles. Il est dès lors possible au croyant de désirer cet avenir ou, plus précisément, de l'espérer.

 En effet, la participation à cet avenir indubitable reste problé­matique, car elle dépend d'un amour fidèle et patient qui est une exigence difficile pour une liberté pécheresse. Le croyant ne peut donc absolument pas se fier à lui-même pour atteindre à cet ave­nir. Il ne peut que l'espérer, dans la confiance, du Dieu en qui il croit et qui peut seul rendre sa liberté capable d'aimer. C'est enra­cinée ainsi dans la foi et dans la confiance que l'espérance peut se déployer vers l'avenir et soulever de son dynamisme toute la vie du croyant[2].

Ainsi, l'espérance apparaît comme l'une des attitudes fonda­mentales de l'homme biblique. Dans l'existence chrétienne la priorité appartient à la foi, mais l'essentiel est d'espérer. Sans la connaissance que l'on a du Christ par la foi, l'espérance devien­drait une utopie purement imaginaire[3]. Mais sans l'espérance, la foi se délite en devenant tiède et morte. Par la foi l'homme trouve le chemin de la vraie vie, mais l'espérance seule l'y maintient. C'est pourquoi la foi au Christ permet à l'espérance de devenir certitude; et l'espérance donne tout son horizon à la foi, et la mène à la vie.

L'espérance est donc la véritable dimension de la foi; c'est la foi en marche vers son objet, un Dieu Seigneur du futur. C'est la vertu de l'homme en chemin vers la vie éternelle et qui, durant ce chemin, expérimente les difficultés de la vie et le risque de ne pas atteindre le terme désiré[4]. En d'autres termes: l'espérance se déve­loppe en confiance dans la grâce de Dieu qui doit nous permettre de surmonter tous les obstacles.

Dans notre situation, la vertu d'espérance devient plus signifi­cative quand, face aux affrontements fratricides et meurtriers, face aux multiples souffrances et devant l'avenir parfois incertain, nous avons tendance à baisser les bras par découragement. C'est en fait là que la personne consacrée doit devenir un signe d'espé­rance par son engagement concret dans l'Église, sa ca­pacité de créer l'amour et d'inventer de nouvelles façons de vivre. La vie n'est pas que fatalité. Elle est aussi et surtout bonté de Dieu.


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[1] “Signe”, in Vocabulaire de théologie biblique, 6e éd., Paris, Cerf, 1988, col. 1230.

[2] Cf. Vocabulaire de théologie biblique, 6e éd., Paris, Cerf, col. 381.

[3] Cf. PIANA G., "Espérance", in Dictionnaire de Vie Spirituelle, Paris, Cerf, 1987, p. 331.

[4] Cf. BERNARD C. A., Traité de théologie spirituelle, Paris, Cerf, 1986, p. 137.