Église dynamique

 

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b) Signe de l'Église dynamique

L'Église est fondamentalement communion. Les personnes consacrées sont au milieu du monde une manifestation de cette unité ecclésiale, ou mieux de l'Église dans sa double charité, en­vers Dieu et en­vers le prochain. Voilà pourquoi la vie consacrée ne se comprend mieux que dans son rapport intime avec sa gar­dienne, l'Église.

Épouse du Christ, l'Église est en effet instrument de l'amour et du salut que Jésus apporte au monde. Poussée par la charité elle s'engage pour le salut du monde. A cette mission de l'Église “envoyée” participent intensément les personnes consacrées en vertu de leur donation particulière. Par la vie communautaire fra­ternelle et apostolique elles manifestent avant tout que l'Église est mystère d'amour. Elles mettent tout en oeuvre pour vivre leur unité de charité en entretenant des relations interper­sonnelles profondes, dans la réciprocité d'amour motivé par un amour plus radical, celui pour le Christ.

En ce sens, pense Fabio Ciardi, la communauté de vie consa­crée s'offre à l'Église comme un lieu qui témoigne de la koinônia évangélique histo­rique. En elle le monde peut retrouver le sens de la personne et le désir de re­lations authentiques, de com­munion et d'unité[1]. Par conséquent, nos chrétiens d'aujourd'hui de­vraient pouvoir rencontrer dans les personnes consacrées d'au­thentiques “experts” en com­mu­nion ecclésiale. Les divisions entre les membres sont inac­ceptables. Ainsi seront-elles toujours le re­flet de l’É­glise dynamique, ouverte aux attentes du peuple de Dieu et ré­ponse aux signes des temps.


 

c) Signe de la vie chrétienne authentique

 Toute vie chrétienne remonte au baptême. Or le baptême a trois effets. Le premier effet consiste à unir l'homme pour tou­jours au Christ crucifié et res­suscité et par lui, au Père céleste dans l'Esprit; le second effet à insérer l'homme dans l'immense assem­blée frater­nelle de l'Église; et le troisième consiste à faire participer acti­vement à la mission de l'Église ra­tifiée par la confir­mation. Logiquement, l'état de consécration ren­force ces trois ef­fets et leurs exigences.

Les personnes consacrées veulent être une expression parti­cu­lièrement in­tense de la vocation commune, celle baptismale. Il ne s'agit pas d'un super baptême duquel sortirait un super chré­tien qu’on appellerait “personne consacrée”. Mais être personne consacrée, c’est répondre pleinement aux exigences de son bap­tême et de sa confirma­tion. Or les chrétiens authentiques sont ceux que le désir de perfection habite. La vie consacrée doit être une réalité prophétique qui annonce et anticipe le ban­quet cé­leste (cf. Mt 22, 1-13), une anticipation de la communion trini­taire à laquelle tous sont conviés par l’Auteur de la vie.

En même temps qu’elles signifient à tous les chrétiens que le Christ est vivant, qu’ils doivent l’aimer et s’aimer mutuellement, les personnes consacrées doivent dire, par leur style de vie, qu’ils sont per­pé­tuellement en marche vers la pleine possession de la Jérusalem d'en haut[2]. Tout l’effort de leur vie ne devrait consis­ter qu’à cul­tiver les vertus qui facilitent le progrès spirituel. Ainsi peuvent-elles guider spirituellement les autres chrétiens désireux de s’éloi­gner des “âmes médiocres” comme le dit si admirablement Thérèse d’Avila.

 


 

 

Certes, la vie chrétienne des personnes consacrées devient au­then­tique  dans la mesure où elles vivent réellement leur consé­cration à la lumière de l’Évangile. C’est un constat de première évidence. Notre so­ciété a certainement besoin de personnes consacrées “sincères, exigeantes en­vers elles-mêmes, capables de se consti­tuer en signes purs et forts”. Elle voudrait surtout voir des per­sonnes consacrées respectueuses et généreuses, capables d’ac­cueillir l’autre dans sa liberté et sa diffé­rence, bref des hommes et des femmes aimés de Dieu et convertis. “A ceci tous vous recon­naî­tront pour mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres”, dit Jésus à ses disciples (Jn 13, 35). Là réside le secret de l’inculturation de la vie consacrée en Afrique. Seul l’a­mour brise toute bar­rière et permet ce qui est bien.

 

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[1] Cf. CIARDI F., "La communauté religieuse, signe d'espérance", in Vie Oblate Life, (s.d.), F 161-172.

[2] Cf. AUBRY J., Teologia della vita religiosa, 2a Ediz., Torino, EDC, 1988, p. 77-90.