Commencement de la vie spirituelle
(Fr. BERNARD-MARIE) Nous
reconnaissons que la Bible est pleine des songes. L'Antiquité y voit
"un moyen pour l'homme d'entrer en communication avec le monde
surnaturel"; la science moderne "une manifestation de sa
personnalité profonde". Deux perspectives compatibles, car, "si
Dieu agit sur l'homme, c'est au plus profond de lui-même"[1].
Chez Christophe, la décision personnelle pour le Christ se rattache
plus à l’écoute du témoignage de foi d’un croyant laïc, docteur en
philosophie, qu’à son rêve qui, en réalité, n’est qu’une conséquence
logique de son “choc du rire”. Elle est à rattacher aussi, mais à un
degré moindre, à la vision du Crucifié. C’est le cheminement normal
de l’adhésion à la parole de Dieu. La foi ne commence-t-elle pas toujours
par l’écoute et le voir ? (cf.
Rm 10, 14). Mais
puisqu’en cette matière les premières impressions se confondent souvent
à l’euphorie d’un enthousiasme exalté, le temps est un facteur indispensable.
Il a fallu attendre presque 20 ans pour que Christophe soumette lucidement
son expérience à une large appréciation. Le danger de glissement de
son cheminement spirituel qu’il put repérer à temps est signe de personnalité
équilibrée. Il ne serait donc pas juste de l’imaginer en mauvaise santé
psychique. Au contraire, il n'aspire qu'au vrai bonheur, puisque "l'Homme
désire essentiellement être heureux". Pour ce, il doit réagir
contre la tendance au moindre effort et contre l'égoïsme. [1]
"Songes", in Vocabulaire
de théologie biblique, ibid., col. 1245. |