Nous sommes le 12/12/2018 et il est 07h22 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Échos voyages 2009

Fidélité à mon engagement religieux - Archives

(Rome 07.06.2009) - Bonjour de Rome où, dans un climat presque d’été, j’essaie de me concentrer pour préparer une session et une retraite. La session avec les formateurs oblats de la sous-région Familles chrétiennes de Limete, Kinshasafrancophone d’Afrique-Madagascar, à Yaoundé, portera sur la formation humaine et missionnaire de nos jeunes. De Yaoundé je me rendrai au Congo pour animer la retraite annuelle des Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus de Kinshasa. Leur Institut a pour fin particulière de «travailler à la libération et à la promotion intégrale de la femme africaine en vue d’un humanisme africain et chrétien.»

«Fidélité à mon engagement religieux, preuve d’amour pour le Christ», tel est le thème qui m’a été suggéré pour la retraite. L’abord synthétique et pratique de ce sujet m’a fait penser aux dix fidélités que j’avais proposées en 1994 comme chances de la vie religieuse africaine, dans Religieux africain de l’an 2000. Cette fois-ci, je voudrais aborder ce thème en tentant de répondre d’abord à cette question essentielle: quelle est la meilleure stratégie pour être davantage fidèle à mon engagement religieux? Il me semble qu’il y en a plusieurs. Ma réponse est à la fois simple et provocatrice: il faut bousculer mon image religieuse dans l’aujourd’hui du monde.

Chose évidente, la fidélité en soi n’existe pas! Elle n’a de sens qu'en rapport avec un engagement ou un choix de vie notamment le mariage ou les vœux de religion dans l’Eglise. Mais quel sens donner à la vertu de fidélité dans un monde en mutation? Dans une Afrique ‘assoiffée de fécondité’ et ‘malade d’elle-même’, terre aux multiples déchirures, il pourrait paraître stupide voire absurde d’insister sur la fidélité aux vœux de chasteté, pauvreté et obéissance quand on sait que la vraie preuve de l’amour envers le Christ est d’écouter Dieu, de l’aimer et d’aimer son prochain comme soi-même. Or, pour les religieuses, les vœux sont un moyen efficace pour parachever ou perfectionner l’amour. Il vaut la peine de se laisser bousculer par la parole de Dieu et de s’ouvrir à l’Amour par l’amour, dans un élan de sincère conversion permanente. C’est dire aujourd’hui combien les chrétiens ont besoin de trouver en elles (religieuses) des personnes «dociles à l’action de l’Esprit Saint, qui marchent allégrement, fidèles au charisme de leur vocation et de leur mission», disait Jean-Paul II dans l'Exhortation apostolique post-synodale ‘Vita Consecrata’ (n. 109).

Du reste, je continue mes démarches de visas. Le plus drôle pour moi est la nécessité d’un visa congolais dans le passeport du Vatican pour ne pas connaître les ennuis de la fois dernière en quittant Kinshasa pour Luanda. Mon permis de séjour italien étant dans le processus de renouvellement, ce visa me permettrait de revenir calmement en Italie via un autre pays d’espace Schengen. Eh oui, c’est stressant mais pas fatal! Il suffit de l’intégrer dans un projet global de vie pour faire pousser des fleurs dans son jardin.

Nos pieuses pensées pour les disparus du vol Rio-Paris d’Air France. Si cela pouvait m’aider à mieux comprendre cette invitation de Jésus: «Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure» (Matthieu 25, 13). 'Ne serait-il pas plus raisonnable de limiter notre attente à accueillir la grâce de Dieu sans trop nous préoccuper de cet horizon bien mystérieux si ce n’est de veiller à bien mourir?' A bientôt sur le net!

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Crise des vocations religieuses et sacerdotales

(Rome 14.06.2009) - Bonjour et bonne fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ! En ce jour, je pense particulièrement aux nombreux enfants qui reçoivent leur première communion et à ceux qui ne peuvent pas découvrir la richesse de ce sacrement à cause de la crise des vocations religieuses et sacerdotales. L’Eglise catholique serait-elle responsable de la baisse des vocations religieuses et sacerdotales? Nous tentons de répondre à cette question combien délicate en recueillant vos avis sur le débat africain. N’hésitez pas, s’il vous plaît, à y apporter votre contribution en nous laissant votre opinion.

En ce jour de fête Dieu, je pense également à mon premier contact direct avec le Corps du Christ. J’allais souvent à la messe comme si j’avais faim! Faim de l’Eucharistie. Certes, en se présentant comme pain de vie, Jésus ne nous offre rien d’autre que de vivre de sa vie. Dans l’Eucharistie, son corps devient Federico Labaglaynotre corps, son sang, notre sang. Dans ce sens le chrétien, disons-le avec Dominique Salin, est ‘quelqu’un qui a faim de Jésus’, c’est-à-dire ‘qui a faim de la vie même dont Jésus a vécu: une vie entièrement possédée par l’amour et qui ne compte que sur la force de l’amour’. Ou mieux le chrétien est ‘quelqu’un qui adhère à une personne, qui veut coller à une personne, qui a faim de cette personne, qui ne veut faire qu’un avec cette personne. Il a faim de la vie dont Jésus vit’.

Bref, le chrétien ou la chrétienne authentique est la personne convertie, qui ne se contente pas uniquement de l’éducation inculquée, mais qui est capable de décision personnelle pour le Christ, qui sait faire le don personnel de soi au Christ. La question essentielle que je me pose en ce jour est celle de savoir ce que je fais de ma vie chrétienne ou de ma vocation baptismale. A chacun sa réponse.

Dans ma communauté de la maison générale cette fête a coïncidé avec une célébration d’action de grâce pour les 40 ans de vie religieuse du père Federico Labaglay Peding, Conseiller général pour la Région d'Asie-Océanie. Quelle persévérance! Nous avons eu droit à un barbecue offert par la diaspora philippine à Rome. Il s’agissait également de dire au revoir à un scolastique oblat philippin qui achève ses études à Rome. A plus sur le net!

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Savoir varier pour briser la monotonie

(Rome 25.06.2009) - «Un peu de variété vaut mieux que beaucoup de monotonie», disait l’Allemand Jean-Paul Richter. Peut-être l’as-tu constaté en glissant sur cette page. Je m’y suis mis à la fois pour briser une certaine monotonie et montrer un peu plus de dynamisme. Le nouveau menu de navigation (Barre de menus Spry) que je viens d’insérer dans la page d’accueil te permettra de surfer aisément sur ayaas.net.

Par ailleurs, j’imagine combien ce changement demandera un effort supplémentaire aux habitués avant de retrouver les rubriques dont ils ont besoin. Elles sont les mêmes qu’avant mais classées différemment. Si tel est ton cas, je t’invite simplement à suivre ce conseil de Gérard Bauër, l'auteur de 'Rendez-vous avec Paris': «Ne pas regretter ce qui n'est plus, car si rien ne changeait, tout deviendrait vite monotone, fut-ce la douceur». Consulté à ce propos avant la mise en ligne de ce nouveau format, un membre du Club ayaas l’a vite compris en me disant: «Evitons l'encombrement; ça doit être simple, clair et beau». Loin de moi la prétention de plaire à tout le monde.

Du reste, nous vivons déjà au rythme de l’été, la maison se vide de plus en plus de ses locataires pour des vacances méritées. Un autre membre se prépare à rentrer définitivement chez lui au Canada. Je pense précisément au père Yvon Beaudoin, auteur, éditeur, compilateur de nombreuses publications sur Eugène de Mazenod, le Fondateur des Oblats. Le 20 juin, les anciens scouts de Rome ont célébré son départ. «En août 2009, le Père qui a 83 ans, rentrera au Canada qu’il a quitté comme jeune scolastique en 1947. Depuis, la Maison générale a été sa maison et Rome, sa ville», écrit le site officiel de notre Congrégation. Lire les détails sur d’autres départs du printemps et de l’été.

Quant à moi, j’ai obtenu les trois visas qu’il me fallait pour voyager avec le passeport de service du Vatican. Les empreintes digitales en vue du renouvellement de mon permis de séjour ayant été prises en avril, je n’espère l’obtenir que vers septembre ou octobre! En attendant, la vie continue, en dépit de quelques malaises de santé. A plus sur le net!

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Former les religieux à l’équilibre et à l’épanouissement

(Yaoundé 12.07.2009) - Salutations de Yaoundé, la capitale du Cameroun, où je viens de prendre part à une rencontre de formation continue! Les formateurs oblats de la sous-région francophone se sont réunis à la Maison Yves Plumey, du 7 au 12 juillet 2009, pour une session animée par Paolo Archiati (Assistant général) et Jean Bosco Musumbi (Conseiller général). Dix-sept représentants de toutes les étapes de la formation initiale (aspirantat, pré-noviciat, noviciat et post-noviciat) ont participé à ce forum international.

Formateurs oblats Yaoundé

Avec un total de 364 membres, la sous-région compte deux provinces (Cameroun et Congo), deux délégations (Madagascar et Sénégal) et trois missions (Angola, Nigeria et Sahara-Occidental). Selon ses Statuts, la consolidation des maisons de formation qui fait sa fierté aujourd’hui «envisage de former les candidats conscients du caractère international de la Congrégation et participants à cette internationalité, de renforcer le sens de l’unité et de la coopération ainsi que le partage de ressources à l’intérieur de la sous-région.»

Cuisinière Mado, omi GarouaParmi tant de préoccupations exprimées dès l’ouverture de cette session par le président de la sous-région, le provincial du Cameroun Cornelius Ngoka, signalons ces attentes: 1) que tous les formateurs se connaissent, 2) qu’ils réfléchissent en profondeur sur l’accompagnement psychologique des jeunes en formation, 3) que cette expérience de session internationale aide à renforcer les acquis de la sous-région, et 4) que cette session fasse naître une équipe d’animation, un comité sous-régional de la formation.

Quant au contenu de cette session, les participants ont réfléchi sur plusieurs sujets, à savoir: identité du formateur oblat, formation humaine des candidats, formation pastorale missionnaire, consolidation des maisons de formation (implications et défis) et questions d’ordre pratique.

La session s’est déroulée dans une très bonne ambiance familiale malgré le malaise suscité par la décision unilatérale de la province du Congo de diminuer son effectif à Yaoundé. Plusieurs questions nous ont été posées sur les motivations d’une telle décision qui semble remettre en cause le principe de consolidation. Nous n’avons malheureusement que l’information officielle contenue dans le Bulletin Eco de mars 2009.

Cultivons notre jardin, écrit le provincial du Congo - Depuis le mois de juin 2008 notre Province traverse une zone de fortes turbulences aggravées par la crise financière mondiale dont les effets sont connus… Le Supérieur provincial en Conseil a décidé la diminution de l’effectif de nos scolastiques au Cameroun. Ceux de la première année de philosophie reviennent au pays dès la fin de cette année académique pour poursuivre leurs études au Grand séminaire Saint André Kaggwa. Tous les nouveaux profès scolastiques étudieront également au pays. Ils habiteront tous le scolasticat de Kintambo.

Nos sincères remerciements à la province du Cameroun pour cette bonne initiative et à Madame Mado (voir photo ci-dessus), cuisinière de la maison provinciale. En cette période de vacances, elle est venue exprès de Garoua, la capitale du nord, pour nous aider à refaire nos forces et à bien travailler.

Session formateurs oblats Yaoundé

En attendant de nous rencontrer prochainement sur le net, ayaaas te souhaite un très bon temps de vacances méritées! Dieu aidant je passerai les miennes au Congo en animant une double retraite annuelle des Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus de Kinshasa. A plus!

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Kinshasa: retraite spirituelle au Séminaire Jean XXIII

(Kinshasa 18.08.2009) - Quel silence! Cela fait très longtemps, n’est-ce pas? Eh oui, ce sont les vacances. Comme prévu, après la session de formation pour formateurs à Yaoundé (7-12 juillet), je me trouve au pays natal. J’en ai profité pour animer une double retraite annuelle pour les sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Kinshasa (20-29 juillet, 4-13 août). 39 religieuses dont la Mère générale ont participé à la première retraite et 32 à la deuxième. Le grand Séminaire Jean XXIII a servi de cadre à cet exercice spirituel combien précieux pour cette Congrégation diocésaine dont la fin particulière est la promotion de la femme africaine. Nous avons approfondi le thème qui m’avait été proposé par les responsables de l’Institut: «Fidélité à mon engagement religieux, preuve d’amour pour le Christ». La synthèse de cette retraite sera exposée dans la rubrique ‘animation’.

En réalité, l’animation de cette retraite annuelle a eu lieu pendant mon temps de vacances. J’en ai profité pour me refaire spirituellement. J’aurais voulu me reposer avant de reprendre le chemin de retour à Rome mais hélas! J’ai attrapé une méchante toux dès le lendemain de la fin de retraite. Elle m’a empêché de voyager ce mardi 18, comme prévu. J’ai dû changer mon billet pour ne voyager que le samedi 22 août. Puisqu’il y a déjà quelque amélioration, j’espère me sentir mieux d’ici cette nouvelle date de départ.

Mgr José MokoD’Idiofa, notre diocèse d’origine, nous avons appris les bonnes nouvelles du sacre de Monseigneur José Moko en l’Assomption de la Vierge Marie, le 15 août. Sa devise épiscopale: "Faites ce qu'il vous dira". La messe a commencé grandement en retard à cause d’une forte pluie qui s’est abattue sur Idiofa toute la matinée. C’était une cérémonie riche en couleur,

en présence de 9 évêques, plus de 200 prêtres, une foule nombreuse de fidèles venus de tous les coins pour la circonstance.» Dans son homélie, "Monseigneur.Laurent Mosengwo a encouragé le peuple de Dieu qui est à Idiofa, avant de l'inviter à bien accueillir le nouvel Evêque, sans considérer son appartenance géographique. Par la même occasion, il a exhorté Monseigneur Moko à travailler en collaboration avec le clergé.

Lors de son discours, "Mgr José Moko Ekanga a dit placer son mandat ecclésiastique au service de tous." Lire les détails sur le site de la Conférence épiscopale nationale du Congo. A plus sur le net!

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Rome: point de départ et d’arrivée

(Rome 23.08.2009) - Salut de Rome où je suis bien arrivé ce dimanche 23 août, en provenance de Place Saint-Pierre, RomeKinshasa. J’ai fait un voyage paisible, tout s’est bien passé malgré mon état convalescent. Je dois profiter de cette petite semaine gracieusement offerte pour me refaire avant de repartir bientôt pour le Canada et les USA. Malheureusement, en cette période de l’année, il fait excessivement chaud par ici: 34°C cet après-midi! L’essentiel est d’être courageux, c’est-à-dire de garder la sérénité intérieure et le calme extérieure dans toutes les petites contrariétés de la vie quotidienne.

Merci aux internautes qui ne cessent de m’accompagner discrètement et de soutenir mon ministère à leur manière. Je pense particulièrement à la dernière personne qui vient de me laisser ce mot combien sympa: «Heureux qu'Ayaas nous donne tes nouvelles!!! Espère fort que tu vas réellement mieux. Tu n'as pas vraiment pris de vacances me semble-t-il… et d'ici quelques jours tu t'envoleras cette fois vers le Canada et les E.U. Alors, oui tu es un très grand voyageur… Te suis proche.»

Les échos de la retraite qui nous parviennent sont favorables. Que Dieu en soit loué! Je partage, entre autres, ce que j’ai reçu ce matin: «Je ne t'oublie pas, je t'entends toujours en train de me rappeler mon identité qui est d'aimer, de servir et de témoigner, merci pour cela. Je sens en moi un désir profond de vivre pleinement une vie religieuse authentique, un soutien spirituel est le bienvenu.» J'y vois un élan de conversion continue, n'est-ce pas? A plus sur le net!

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Ottawa en Amérique du nord

(Ottawa 02.09.2009) - Me voici rendu à Ottawa au Canada. Cette visite précède la session conjointe du conseil général avec les Oblats de la région Canada-USA qui aura lieu à San Antonio, Texas, du 7 au 12 septembre. Parti de Rome le dimanche 30 août via Amsterdam, je suis arrivé à Montréal dans la soirée du même jour (décalage horaire: -6h).

Dès le lendemain de mon arrivée, en compagnie du Vicaire provincial Jacques Laliberté, j’ai visité les confrères de Montréal en commençant par la grande communauté spéciale de Richelieu, cette ancienne maison de formation transformée en infirmerie modernisée, qui accueille en son sein des Oblats et des Jésuites âgés et malades. Puis je suis allé à Saint Pierre Apôtre où se trouvent le centre missionnaire oblat (CMO) et la paroisse qui exerce une pastorale de l’espoir en faveur des ‘exclus’ de la société (sidéens, homosexuels, lesbiennes, drogués, etc.)! A Ottawa je viens de visiter la grande résidence Deschâtelets aux archives impressionnantes, l’Université Saint Paul et l’Université d’Ottawa, œuvres initiées par les Oblats de Marie Immaculée.

La suite du programme prévoit la visite d’une réserve autochtone et le sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine. Je pourrai indiquer les principaux défis missionnaires de cette partie du monde quand j’aurai complété le petit tour prévu. Bien que j’en sois à ma seconde visite, je ne peux pas prétendre rencontrer tous mes confrères en une semaine. En attendant, ce qui frappe le plus, c’est le vieillissement du personnel. L’âge moyen des membres de l’Unité qui m’accueille (Notre-Dame-du-Cap): 77,3%!!! Cela fait mal quand on voit l’œuvre grandiose réalisée par les fils d’Eugène de Mazenod dans ce pays. La pépinière de missionnaires Oblats est-elle vouée à l’extinction? C’est l’évidence même! Mais le projet immense espérance ne permet pas de s’affoler. A bientôt sur le net!

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Rome, d'une session à une autre

(Rome 14.09.2009) - Je te salue de Rome où je suis bien rentré après la visite au Canada et la session conjointe à San Antonio, Texas. Tout s’est bien passé pendant ce séjour de deux semaines. Une fois de plus merci de ta prière. Au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, Trois-Rivières, j’ai eu le grand plaisir de rencontrer madame Denyse Mostert, celle qui nous propose régulièrement ‘la méditation sur une méditation missionnaire’. D'une allure très simple, elle est une femme de foi profonde. Quant aux autres rencontres, le dialogue fraternel avec les confrères nous a permis de nous connaître mieux et de déceler ensemble les défis majeurs et les signes d’espoir de la mission oblate dans cette partie du monde. ‘Sécularisation’ est le mot le plus entendu au cours de nos échanges. Il traduit la réalité profonde de la société dans laquelle se vit la mission de l’Eglise.

Dans ce contexte, le charisme oblat comme tant d’autres charismes religieux est impérativement appelé à se redynamiser, c’est-à-dire à inventer des nouvelles voies d’espérance pour les marginaux ou mieux les exclus de la société. Ce sont les pauvres aux multiples visages. Nous leur donnons la préférence. En effet, «notre mission est d’aller d’abord vers ceux dont la condition réclame à grands cris une espérance et un salut que seul le Christ peut apporter en plénitude». D’aucuns cependant pourraient se demander si certains religieux ne sont pas plus sécularisés que leur société!

Mario BrandiComme si tout cela ne suffisait pas! Dès ce mardi 15 septembre, nous reprenons les travaux de notre session plénière jusqu’à mercredi 7 octobre. Comme d’habitude, ce temps fort de discussions et de discernement aboutit à plusieurs décisions importantes. C’est dire combien je compte encore et toujours sur ton silence intérieur afin que le Seigneur agisse davantage par son Esprit pour le salut de l’humanité.

Nous implorons ce même Esprit de sagesse pour le père Mario Brandi (photo ci-contre), le nouveau Supérieur du scolasticat international de Rome. Ce lundi 14 septembre, le Supérieur général l'a installé dans sa nouvelle fonction au cours d’une célébration eucharistique dans la chapelle de la maison générale. Remplaçant ainsi Roberto Sartor, cet ancien missionnaire du Cameroun, Supérieur du scolasticat de Yaoundé et Maître des novices à Ngaoundéré, retrouve sa terre natale à l'âge de 64 ans. Est-ce le même contexte de formation qu'en Afrique? "C'est différent mais je n'ai aucun problème d'adaptation", m'a-t-il confié à la fin de la messe qui a vu placer son mandat à la suite du Christ crucifié dont parle saint Paul, "le premier Supérieur et Formateur" de toute maison de formation. A bientôt sur le net!

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Toujours en quête d’un discernement approprié

Lit omi Ottawa(Rome 20.09.2009) - Parfois, en me réveillant le matin, j’oublie dans quel lit et dans quelle partie du monde je me trouve, quelle heure est-il et où est la porte de sortie! Il faut attendre quelques secondes pour me situer et m’orienter vers la bonne direction. Cela pourrait paraître bizarre, et pourtant j’en fais l’expérience dans mon ministère. Mes nombreux voyages de service, d’un continent à l’autre, font souvent naître en moi le sentiment d’instabilité permanente. Eh oui, je suis habitué à répondre à cette double question que j’entends presque partout: ‘quand es-tu arrivé? Et quand repartiras-tu?’ C’est dire combien je suis devenu ‘étranger’ même dans ma propre communauté!

Peut-être cela me fait-il oublier beaucoup de choses de ma vie. La tête est tellement bourrée de dossiers à traiter que je me pose la question d’efficacité du discernement, cette ‘aptitude à juger avec bon sens, à percevoir par un effort de réflexion, à distinguer nettement une chose d’une autre.’ Je pourrai tout oublier mais je me souviendrai toujours d’un vieux missionnaire belge, d’heureuse mémoire. Il avait l’habitude de nous dire, au noviciat: «une personne qui n’a pas le bon sens ne vaut rien.» Plus tard, j’ai compris qu’il éveillait en nous (novices) le don de discernement.

San AntonioAvoir le bon sens dans mes activités. Telle est ma préoccupation chaque fois que je suis appelé à aider au discernement ou à prendre une décision concernant la vie de notre famille religieuse. Ce n’est pas évident. Les Apôtres ont certainement expérimenté la présence réelle du Christ ressuscité avant de tenir ce langage ambitieux: «L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé» (Ac 15, 28). Ce dont j’ai le plus besoin, dans ce ministère combien astreignant et stressant, c’est la sagesse. «La sagesse qui vient de Dieu est d'abord droiture, et par suite elle est paix, tolérance, compréhension; elle est pleine de miséricorde et féconde en bienfaits, sans partialité et sans hypocrisie», nous dit saint Jacques (3, 17) en ce 25e dimanche du temps ordinaire. Ma conviction est qu’un discernement authentique, don de l’Esprit, se laisse guider par la sagesse (crainte de Dieu) et le bon sens.

Ouf! Je suis rassuré! Mais pourquoi tout ce discours? Tout simplement une réflexion qui s’inspire du partage d’une formatrice, visiteuse d’ayaas, qui éprouve des remords après une décision grave sur la vocation d’une candidate à la vie consacrée. Chose évidente, la prise de décision ou l’esprit de décision est une qualité inhérente au leadership efficace. Cependant, il n’est pas facile de trouver une solution plus appropriée à toute situation.

Enfin, que dire de la première semaine de notre session plénière? Dans un certain malaise dû au décalage horaire, après la session conjointe de San Antonio, Texas, nous avons essentiellement travaillé en commissions internes. Deux provinciaux ont été nommés en plénière, celui de Lacombe (Canada) et celui de Brésil. A bientôt sur le net!

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Patriarches, une jeunesse d’esprit surprenante

Patriarches oblats(Rome 24.09.2009) - Comme d’habitude, lors de nos différentes visites à travers le monde, nous livrons, de temps en temps, nos ‘impressions d’Africain’ pour communier davantage avec les visiteurs d’ayaas. Cela correspond au premier objectif de cette page web: «Exercer notre capacité de rêver…» Intéressante est la réaction de madame Denyse suite à notre commentaire sur le récent voyage au Canada et aux Etats-Unis. Elle nous est parvenue ce 23 septembre. Ayaas la partage avec plaisir dans l'espoir de recevoir d'autres éclairages.

Tes «impressions d’Africain» comme tu l’écris justement sont très justes. Et pas ce qu’il y a de plus encourageant dans un réalisme qu’il nous faut bien partager. Nos Oblats sont, j’allais dire gentiment, en majorité des personnes âgées. Mais des patriarches qui ont pour la plupart une persévérance dans leur ministère qui fait souvent mon étonnement. Et ce ministère qu’ils accomplissent avec leurs forces restantes leur donne une jeunesse d’esprit surprenante. Je ne sais pas si l’évidence de l’extinction va devenir réalité dans un temps assez rapproché… Probablement!
Oui, un grand nombre de laïcs, hommes et femme travaillent au Royaume aux côtés des Oblats. Avec les ombres et les lumières qu’une telle collaboration implique, où la tentation du pouvoir se fait parfois sentir d’une part ou de l’autre, où les petites mesquineries trouvent parfois leur place. Je me demande: «N’en a-t-il pas toujours été ainsi depuis que le monde est monde?» Il est parfois difficile de passer par-dessus. Personnellement, ma plus grande prière au Seigneur depuis des années est de nous aider à travailler «ensemble pour la Mission». Encore un sujet à approfondir: la spécificité de notre mission en 2009... (Denyse)

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Au rythme du second synode pour l’Afrique

Cité du Vatican, Rome(Rome 27.09.2009) - Salut de la ville éternelle où il fait beau temps et où nous avons les yeux tournés vers la cité du Vatican. Dans une semaine nous vibrerons au rythme de la deuxième assemblée spéciale pour l'Afrique du synode des évêques. Elle aura lieu au Vatican du 4 au 25 octobre sur: «L'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Vous êtes le sel de la terre ...Vous êtes la lumière du monde».

D’après le cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban (Afrique du sud), «Si nous voulons avoir un impact sur la société, l'Evangile doit être le centre de notre vie et chaque membre de l'Eglise doit être authentiquement et profondément évangélisé. Autrement dit, nous devons rechercher une amitié authentique, une relation personnelle avec le Christ» (ZENIT.org, 10 septembre 2009). Voilà un message en symbiose avec le thème de conversion voulu par notre prochain Chapitre général. Ayaas suivra cet événement d’Eglise avec grande attention.

Merci à Roger Gruber qui, en cette année sacerdotale, ne cesse de nous rappeler notre identité profonde. Cette fois-ci, il nous invite à être «des appelants vocationnels auprès des jeunes que le Seigneur met sur notre route». Sous la nouvelle rubrique ‘roger’ qu’ayaas vient d’ouvrir, en guise de gratitude, vous trouverez sa fructueuse contribution ou mieux son partage spirituel.

Nous disons également merci à Denyse Mostert qui nous offre régulièrement la Méditation sur une méditation missionnaire. Ayaas a agréablement été surpris par sa réaction suite au commentaire publié sur notre dernière visite en Amérique du nord. Dans cette partie du monde, les missionnaires sont «des patriarches qui ont pour la plupart une persévérance dans leur ministère qui fait souvent mon étonnement», nous confie-t-elle. Chose évidente, la mission, au Canada comme ailleurs, «avant de se caractériser par les œuvres extérieures, consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel» (Exhortation apostolique Vita Consecrata, 72).

Que dire enfin de la deuxième semaine de notre session plénière? Outre la nomination de deux autres supérieurs provinciaux (Pologne et Australie), nous avons examiné, entre autres, l’interminable dossier de la maison générale, les demandes au Fonds de solidarité oblate, le rapport sur la préparation du prochain Chapitre général. La semaine qui s’ouvre nous en dira davantage. A bientôt sur le net!

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Pour une vocation missionnaire authentique

Synode pour Afrique, Basilique saint-Pierre(Rome 04.10.2009) - Il se passe beaucoup de choses dans les coulisses d’ayaas, en l’occurrence des questions pertinentes de la part des cybernautes. Ils ne disent ni leur emplacement, ni ce qu’ils sont, ni ce qu’ils font dans la vie. Parfois, je les trouve indifférents; ils sont par ailleurs curieux et respectueux. Ils reviennent souvent visiter ayaas et quelques-uns d’entre eux n’hésitent pas à m’interpeller sur le contenu de mes articles et à me poser des questions que je considère comme de vraies préoccupations. Si et seulement si je peux les écouter.

«Sur quoi se base-t-on pour dire à quelqu’un que sa vocation n’est pas authentique? Peut-on savoir avec certitude que la vocation religieuse de x vient de Dieu?» Telle est la double question à laquelle je voudrais tenter de répondre très sobrement. Elle vient très probablement de quelqu’un qui s’est arrêté à mon récent commentaire sur ‘un discernement approprié’. Puisque les voies de Dieu ne sont pas les nôtres, personne ne prétendrait connaître avec certitude le projet de Dieu sur quelqu’un d’autre. Néanmoins, quelques valeurs sont indispensables. J’en retiens quatre, à savoir: la paix intérieure, une joie profonde, un amour des pauvres et un zèle apostolique. Autant d’éléments à vérifier minutieusement auprès des personnes qui marchent à la suite du Christ.

Logo deuxième synode pour AfriqueIl me semble que les quatre valeurs appartiennent à la catégorie de signes d'une vocation authentique. Aujourd'hui elles trouvent harmonieusement leur écho dans le thème de l’événement marquant de ce 27e dimanche du temps ordinaire: l’ouverture de la deuxième assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques. Les 244 pères synodaux se pencheront sur «L'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Vous êtes le sel de la terre ...Vous êtes la lumière du monde». Une volonté commune certes de redynamiser l’évangélisation et de repenser notre vocation baptismale ou mieux notre manière d’être artisans de paix et de joie, témoins de la justice au service des pauvres les plus abandonnés.

«L'Afrique représente un immense poumon spirituel», a dit Benoît XVI dans son homélie de circonstance. Toutes ses cultures, en effet, convergent sur une seule valeur fondamentale: Dieu est le Créateur et la source de la vie. C’est un privilège; mais dans un contexte de mondialisation, l’Afrique doit éviter un double danger: 'le matérialisme pratique et le fondamentalisme religieux qui engendre l’intolérance et la violence'. Les Africains ne doivent pas se laisser «coloniser» par le matérialisme occidental et par d’autres virus susceptibles de corrompre leur profonde identité culturelle. Se basant sur la liturgie de la Parole de ce jour, le Pape a souligné avec force le primat de Dieu, Créateur et Seigneur, l’importance du mariage et des enfants dans les cultures africaines. Ce synode devra, entre autres, aider les évêques à ouvrir d’autres pistes d’évangélisation en profondeur, afin d’apprendre aux gens à combattre efficacement la haine, la violence, l’injustice, la division, la famine, la maladie. Autant de réalités qui ont retenu mon attention. Lire le texte complet de l'Homélie du Pape.

Synode pour Afrique

Que dire enfin de notre troisième semaine de session plénière? Outre l’examen du rapport de différents comités internes (finances, personnel, formation, mission, communication, justice, paix et intégrité de la création) et de celui du comité sur le Gouvernement dont la tâche est de suggérer de nouvelles structures à notre Congrégation, nous avons discuté longuement la vente de la maison générale et les processus de restructuration en Afrique et en Asie. A bientôt sur le net!

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Visite de quelques pères synodaux

(Rome 14.10.2009) - En réponse à l’invitation qui leur avait été adressée par le Supérieur générale des Oblats de Marie Immaculée, le père Wilhelm Steckling, les 9 Pères synodaux Oblats ont passé la soirée de ce mardi 13 octobre dans notre communauté de la maison générale. Ils travaillent dans l’église de Dieu qui est en Afrique du Sud (3), au Lesotho (2), en Namibie (2), aux Philippines (1) et au Tchad (1). Trois autres pères synodaux, non-oblats, dont Monseigneur Fridolin Ambongo (RDC) ont pris part à cette agréable rencontre. N’hésitez pas à visualiser nos photos de circonstance.

Prenant la parole, en sa qualité de président de la commission justice et paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Ambongo a exprimé sa joie de se sentir en famille. «J’ai étudié au Théologat saint Eugène de Mazenod à Kinshasa. Deux de mes professeurs sont membres de cette communauté qui nous accueille chaleureusement: Paolo Archiati et Nino Bucca. Après l’obtention de mon doctorat ici à Rome, je suis rentré à Kinshasa pour enseigner dans la même institution académique des Oblats, à Kinshasa», a-t-il dit sous les applaudissements de la communauté. Y ont pris part également la communauté du scolasticat international de Rome et les membres du Comité général des laïcs associés aux Oblats.

Mgr Gerard LerotholiParmi les moments forts de ce synode soulignés spontanément par quelques-uns de nos Hôtes de marque dont le nouvel archevêque de Maseru au Lesotho, Gérard Lerotholi, mentionnons, entre autres, l’émouvant témoignage d’une religieuse rwandaise (ssmn) sur la réconciliation au Rwanda et l’intervention d’une religieuse nigériane sur la place de la femme dans l’Eglise. L’Eglise devrait écouter davantage les femmes dans la prise de décisions. C’est tout simplement une question de justice au sein même de l’Eglise. Nos Constitutions et Règles nous aident à vivre cette réalité prophétique de la mission ecclésiale.

«Membres de l'Église prophétique, les Oblats doivent être témoins de la justice et de la sainteté de Dieu, tout en reconnaissant leur propre besoin de conversion» (C9). «Le ministère pour la justice, la paix et l'intégrité de la création fait partie intégrante de l'évangélisation. (…)Quel que soit leur travail, les Oblats collaboreront, selon leur vocation, par tous les moyens conformes à l'Évangile, à la transformation de tout ce qui est cause d'oppression et de pauvreté, s'employant ainsi à l'avènement d'une société fondée sur la dignité de la personne créée à l'image de Dieu (R9a).

Comme Congrégation missionnaire qui a plusieurs membres en Afrique, nous suivons cet événement d’Eglise avec grande attention. Personnellement, j’admire la conviction des pères synodaux qui en parlent avec enthousiasme, car ils attendent beaucoup de ce synode. Ce qui est bien loin de l’opinion mitigée des cybernautes participant au débat africain sur le blog ayaas. A bientôt sur le net!

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Réhabilitation de la famille africaine

(Rome 16.10.2009) - Les échos qui nous parviennent de la cité du Vatican où se déroulent les travaux du deuxième synode des évêques pour l’Afrique confirment l’idée selon laquelle l’Afrique est malade d’elle-même. Tout porterait à croire que l’épanouissement de la population africaine dépend d’elle-même plutôt que de l’étranger ou de l’Occident. C’est donc un vibrant appel à une conversion profonde, de cœur, d’esprit Sophia et Nathanet de mentalité. Ainsi s’ouvrent de nouvelles perspectives d’avenir pour les fils et les filles de cet ‘immense poumon spirituel’ qu’est le continent africain.

Réhabilitation de la famille, telle est la priorité dégagée dans le premier bilan de ce synode. «L’Eglise famille de Dieu en Afrique doit être transformée du dedans et, comme sel et lumière, transformer le continent, ses îles et le monde», a déclaré le cardinal Turkson, en présentant mardi soir une synthèse des interventions qui se sont succédées depuis le 5 octobre. La première tâche de l’Eglise famille «est la réhabilitation de la famille africaine dans sa dignité et sa vocation, car elle est menacée par des idéologies dangereuses». Il s’ensuit que les ministres de Dieu, hommes et femmes, devront s’engager davantage à «libérer la population du continent de la peur, garantir une conversion profonde et permanente et une formation solide dans tous les domaines – foi, catéchèse, morale, médias, culture de l’amour, paix, justice, réconciliation, bonne gouvernance».

Les anciens missionnaires du Congo/Kinshasa, Daniel Delabie et Elie Cambron, diraient: ‘il faut reprendre à zéro la conscientisation de la population africaine’. Qui pourra entendre cet appel? Et par où commencer le travail dans cette Afrique aux multiples déchirures et religions? Nous nous situons là en plein cœur de la mission prophétique de l’Eglise-famille en Afrique. La famille africaine elle-même chercherait-elle à restituer ou regagner l’estime et la confiance perdues? Ne serait-elle pas une cause de cet avilissement?

Concrètement, "les urgences de la mission doivent nous rendre audacieux pour ouvrir des voies nouvelles à l'évangélisation", pour opérer de nouveaux choix missionnaires. Pour répondre à cette invitation, le défi majeur est d'affronter ensemble le monde qui vient, en nous accueillant les uns les autres dans notre différence. En effet, Église-Famille, c'est faire attention à la vie des hommes et des femmes d'aujourd'hui; c'est accueillir les singularités de chacun dans le respect de la diversité. Il ne s'agit pas seulement de s'accepter ou de se tolérer les uns les autres, l'enjeu est plutôt de se reconnaître et de voir la richesse de la différence[STENGER Marc, «Jubilé 2000: l'Amour toujours à naître», in Annales d'Issoudun, Décembre 1999, p. 10-12]. Réhabilitation de la famille africaine, telle est l’urgence qui doit nous rendre plus audacieux pour ouvrir des voies nouvelles à l'évangélisation. Les évêques africains ne doivent pas avoir peur d'inventer de nouveaux moyens pour de nouveaux besoins. "Évangéliser les pauvres exige non seulement de rester à l'hôpital pour soigner les blessés, mais de sortir sur les "champs de bataille", aller jusqu'aux sources de la souffrance"[Évangéliser les Pauvres à l'aube du troisième millénaire, Actes du 33e Chapitre Général des Oblats (1998), 15,17].

Mais qu’entendons-nous par ‘famille africaine’? La famille est une institution humaine universelle. Le Dictionnaire ‘Petit Robert’ (2009) en donne une définition restreinte: «Les personnes apparentées vivant sous le même toit, et spécialement le père, la mère et les enfants»; et une définition plus large: «L’ensemble des personnes liées entre elles par le mariage et par la filiation ou, exceptionnellement, par l’adoption». Les traits particuliers de la famille africaine sont: la lignée, le caractère collectif, le sens de la solidarité, la recherche du consensus. Mais ces valeurs de la famille africaine ne sont pas dépourvues d'ambiguïté. D’après Laurent Monsengwo, en effet,

l'amour du clan peut dégénérer en ethnocentrisme, tribalisme, exclusion. L'accent peut être mis sur la parenté au détriment du bien commun. L'amour des enfants est parfois poussé au point que c'est une honte ne pas en avoir. La solidarité mal comprise engendre paresse, infantilisme et parasitisme. La recherche systématique du consensus risque d'occulter les droits de la vérité. La primauté de la collectivité sur l'individu s'oppose parfois au christianisme qui cherche à promouvoir des personnes responsables et autonomes. Le sens de l'honneur dégénère souvent en goût du prestige. Le sens de l'autorité peut se transformer en amour du pouvoir qu'il faut acquérir ou conserver à n'importe quel prix[Cf. MONSENGWO Pasinya, "L’Église-Famille à l'aube du troisième millénaire", in RAT, vol 20, n. 40 (Octobre 1996), FCK, p. 149-169].

Autant de défis pour l’Eglise qui voudrait aujourd'hui s’engager dans la réhabilitation de la famille africaine. Autant de défis aussi pour les religieux en particulier. Guidés par l'esprit charismatique qui les caractérise, ils devront partout s’y investir davantage pour la plus grande gloire de Dieu et le salut de l'humanité.

Oblats voeux perpétuels, Madagascar

A notre époque, caractérisée par la mondialisation des problèmes et par le retour des idoles du nationalisme, les Instituts internationaux ont la responsabilité particulière d'entretenir le sens de la communion entre les peuples, les races, les cultures, et d'en témoigner", disait Jean-Paul II aux personnes consacrées dans l’Exhortation Vita Consecrata (n. 51).

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Afrique, lève-toi! Eglise d'Afrique, convertis-toi!

(Rome 25.10.2009) - 'Afrique, lève-toi’, ‘Afrique, courage, lève-toi’, ‘Afrique, debout, prends ton grabat et marche!’ Telles sont des paroles dites d’espoir ou d’espérance que j’ai entendues à la fin de la IIe Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques. C’est le message final par lequel les évêques Carte Afriqueencouragent les forces du continent africain. De son côté, Benoît XVI, dans son homélie de ce dimanche 25 octobre 2009, les a prononcées avec force en lançant un dernier message d’espoir pour que, sur ce continent africain, l’Eglise soit ‘le sel de la terre et lumière du monde’.

J’avoue que ce genre d’exhortation, fruit de trois semaines d’intenses réflexions et discussions, m’intrigue. Elle me fait penser à quelques récits d’Evangile. Je pense particulièrement à la guérison du paralytique en Marc 2. 1-12. «Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton brancard et va t’en chez toi» (v11). L’Afrique qui venait d’envoyer ses princes les évêques à Rome pour participer à ce synode serait-elle semblable à une paralytique? ‘L’immense poumon spirituel’ dont parlait le pape à l’ouverture de ce synode serait-il cloué au sol par les maux qui le rongent? Autant de questions que je me pose concernant le titre du message des pères synodaux. Ce n'est pas un nouveau titre sur le continent africain. En effet, quelques Conférences épiscopales l'ont déjà attribué à leurs documents.

Tant d'autres Africains en ont parlé également. Dans son ouvrage publié à l’Harmattan (2006) sous le titre «Afrique, lève-toi… Et marche!», Philémon Nguele Amougou se demande:

Pourquoi, plus de quarante ans après les indépendances, l’Afrique continue à patauger dans les marécages du laxisme et de l’approximation? Dépouillée de ses repères identitaires et culturels, sans doute; désarticulée par le double choc esclavagiste et colonial certes; ceci justifie-t-il qu'elle continue à offrir le lamentable spectacle d'une plantation où, cyniquement, se sert qui peut, sauf elle-même?

Le message final des évêques serait-il une réponse concrète aux préoccupations de Philémon ou une simple invitation à se lever? Le dictionnaire Petit Robert 2009 nous donne plusieurs significations du verbe pronominal «se lever»: ‘se mettre debout, se dresser sur ses pieds; sortir de son lit; (astre) apparaître à l’horizon; (vent) commencer à souffler; (temps) devenir plus clair’. Ses contraires sont: ‘baisser, descendre, poser, incliner, pencher, asseoir’.

Quelle serait alors la position actuelle de cette Afrique au dynamisme spirituel remarquable? Elle organise la prestigieuse coupe du monde de football en 2010 (South Africa). Certes, l'Afrique est souffrante à cause des incohérences de ses enfants dont les ministres de Dieu que nous sommes. Je dirais plutôt: Eglise d'Afrique, lève-toi!... Ou mieux convertis-toi...

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Kinshasa: se croiser sans se rencontrer dans la rue

(Kinshasa 13.11.2009) - Ce partage n’est pas une confession mais une sublimation de l’ennui causé par les vicissitudes de la vie socioéconomique de la capitale congolaise. Il m’arrive parfois d’être distrait durant des coupures intempestives du courant électrique, le délestage auquel les Kinois (habitants de Kinshasa) s’habituent de gré ou de force. Il y a des interruptions de deux à cinq heures, d’autres d’un à plusieurs jours! Lorsque ce phénomène se produit, mes yeux rivés sur les lamelles de la fenêtre de ma chambre, je me mets à observer les mouvements des passants sur les trottoirs de la rue Kabambare. Il y a plusieurs va-et-vient et je puis, au milieu de la poussière qui se soulève au monde coup de vent, distinguer à la fois les cris des écoliers, en bleu-blanc, et les pas de ceux et celles qui donnent l’impression de se croiser sans se rencontrer. Préoccupés par les soucis de la vie «au taux du jour», comme on aime le dire dans cette partie du monde, ils n’ont rien à échanger en marchant, pas un regard, pas un sourire avec d’autres qui bravent les méandres de la même route.

A quoi pensent ces hommes et ces femmes en marche? Sans doute à ce qu’ils pourront mettre sous la dent ou à «l’écolage» de leurs enfants. Et où vont-ils? Les uns se dirigent très probablement vers le Kabambare, Kinshasa Barumbumarché de gré à gré, d’autres vers le port fluvial situé non loin du quartier Bon marché, dans l’espoir de ramasser quelques miettes de manioc ou de maïs. La plupart d'entre eux me donnent la nette impression de marcher avec empressement mais sans conviction, car ils ne sont pas sûrs de trouver ce dont ils ont le plus besoin. C’est l’incertitude de la soirée et du lendemain. Chose évidente, les femmes aux petits paquets sur la tête et, parfois, bébé au dos s’en vont ramasser les miettes de produits agricoles qui tombent de la marchandise des acheteurs. D’après une source sûre, les miettes ramassées sont vendues sur place pour avoir quelques sous ou ramenées à la maison pour se nourrir. Ainsi va la vie au quotidien pour la plupart des foyers au revenu insuffisant dont la survie dépend de la générosité des autres.

Paradoxalement, la radio nationale diffuse une nouvelle qui, hors de son contexte, pourrait être considérée comme un bobard. Que raconte-t-on? ‘La situation sociale de la population congolaise s’améliore de jour en jour’! Peut-être pense-t-on à quelques routes qui sont réparées par des Chinois ou des Français notamment la nationale Kinshasa-Kikwit, au grand soulagement de la province de Bandundu. Les autobus fréquentent encore ce tronçon après plusieurs années d’interruption. Mais on ignore la misère de ceux et celles qui, tout en étant dans la ville de Kinshasa, vivent dans l’obscurité totale, sans électricité, sans eau potable, etc. Beaucoup de gens se contentent de cuire des aliments sur la braise et d’absorber l’eau vendue en petits sachets de qualité douteuse par des jeunes garçons transformés en petits commerçants ambulants.

Pense-t-on particulièrement à la situation de toutes ces Kinoises qui, comme des vautours sous un soleil de plomb, s’abattent sur des sacs de manioc ou de maïs d’autrui dans l’espoir de bénéficier de quelques miettes pouvant nourrir leurs familles? Pense-t-on à réduire tant soit peu le désœuvrement des jeunes gens? Tout porterait à croire qu’en vain cette génération attend un signe venant du ciel. Elle prie sans cesse et ne cesse de plonger dans le désespoir faute d’amélioration des conditions de vie. Cependant, il serait faux d’imaginer que tous subissent le même sort. Kinshasa est une ville en chantier, beaucoup de belles et grandes maisons en construction, sans oublier le nombre considérable de voitures de luxe qui comptent les trous sur la route. Ainsi tout le monde se croise sans se rencontrer.

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