Nous sommes le 12/12/2018 et il est 06h14 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Échos voyages 2008


Adoption d'enfants ou commerce d'êtres humains?

(Kinshasa 29.06.2008) - Bon dimanche de Kinshasa où je suis rendu, comme prévu! Merci de vos prières. J’espère vivre des vacances paisibles dans cette partie du monde où il est rarissime de constater un signe quelconque d’amélioration sociale. Après plus de trois mois d’absence du pays natal, mon impression est que le pays ne tourne pas rond. En effet, depuis les pillages de 1991 et 1993, la situation économique demeure très difficile. Les infrastructures ne cessent de se dégrader: routes impraticables, bâtiments publics délabrés, voiries inefficaces.

Le secteur informel devient prépondérant et assure une économie de survie. Cette situation économique catastrophique a pour conséquence la paupérisation de la population et a un effet direct non seulement sur l'état sanitaire de cette même population, mais aussi sur la dégradation des services de santé.

Dans ce contexte, il est étonnant de voir plusieurs couples européens avec des bébés ou des enfants congolais! Leur premier effort est d’initier l’enfant à l’apprentissage de leur propre langue tout en lui offrant une affection particulière. Qu’ils soient orphelins ou enfants de la rue, je me demande simplement s’il s’agit d’adoption ou de commerce d’êtres humains! Et qui en profite? Ayant présent à l’esprit le souvenir de la récente mésaventure des enfants du Tchad avec l’Arche de Zoé, je me sens en droit de m’interroger sur les vraies motivations de ce phénomène nouveau.

Nous en discuterons sous peu dans le cadre du débat africain sur ayaas blogspot afin d'en savoir un peu Carte géographique de Kinshasaplus. En attendant, je me contente de présenter la ville de Kinshasa.

Située au bord du fleuve Congo, en face de Brazzaville, Kinshasa s'étend sur plus de 30 kms de l'est à l'ouest et sur plus de 15 kms du nord au sud. La RDC, ce grand pays au cœur de l'Afrique comprend trois climats: le climat équatorial, le climat tropical et le climat de montagne. Il bénéficie, généralement, de deux saisons: saison sèche et saison des pluies. Leur répartition dans tout le territoire est inégale en termes de durée.

Kinshasa traverse la saison des pluies entre octobre et mai. Les tornades de pluies, d'une rare violence, durent quelques heures, puis le ciel s'éclaircit, et le soleil devient brûlant. La luminosité n'est jamais aussi belle qu'après une pluie; l'air, lavé de toutes les poussières, a une transparence exceptionnelle. Les températures sont élevées et l'humidité ambiante crée une atmosphère lourde, parfois étouffante. La saison sèche, de juin à septembre, se caractérise par l'absence de pluies, des températures plus fraîches et un ciel couvert.

J’arrive donc en pleine saison sèche. Il fait beau vivre malgré la poussière. C’est peut-être la saison préférée de ces nombreux couples en quête d’enfants. Tant mieux! A bientôt sur le net!

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Savoir rêver pendant les vacances

Vacances

(Kinshasa 09.07.2008) - Déjà une semaine de vacances! Je suis avec intérêt la rencontre internationale de la jeunesse oblate en Australie et je ne cesse de répondre au téléphone des étudiants qui me demandent de prier pour eux. C’est bien sûr la période d’examens d’État qui ouvrent la voie aux études universitaires, et d’épreuves pour ceux et celles qui terminent leur 2ème licence aux Facultés Catholique de Kinshasa. Est-ce une bonne façon de vivre mes vacances? Certains proches me rappellent que les vacances nous servent d'abord à nous reposer; d’autres disent que le but des vacances, c'est de faire tout ce qu’on n’a pas pu faire pendant les semaines "normales". Face à ce dilemme inextricable: se reposer ou faire ce qu’on n’a pas pu faire, je préfère combattre l’ennui par des rêves! J’ai de rêves plein la tête qu’il soit réalisable ou pas, dans un futur proche ou éloigné.

Je me dis aussi qu’après une longue période de travail stressant, je dois essayer d’en profiter au maximum pour me reposer. «Le repos est important pour notre équilibre, et les vacances un moment privilégié pour recharger nos batteries.» Pour ce, j’évite de me laisser conditionner par un horaire quelconque et j’essaie d’optimiser à mort le temps disponible, afin qu’en sortant d’un mois de vacances, plus rien ne me pèse. Pourtant le manque de passeport me préoccupe depuis bientôt six mois. On n’en trouve plus au Congo-Kinshasa! Aucune solution dans l’immédiat et impossible de planifier mes prochaines activités. Cela ne m’empêche pas de vous souhaiter de très bonnes vacances d’été! Nous en avons tous besoin, et nous les attendons avec impatience.

Le 18 juillet, une date pas comme les autres

(Kinshasa 19.07.2008) - Les années passent vite! J’en ressens le poids. Eh oui, elle est venue, l’heure de regarder le passé plus que l’avenir. Je pense à la fois à Nelson Mandela avec ses 90 ans, à Hubert Lagacé et à celui qui vous accueille sur cette page web. Ont-ils choisi de naître ce même jour? Pas du tout. Seule certitude: le 18 juillet, une date pas comme les autres. Je l’ai vécu dans le silence et l’action de grâces. Merci de vos nombreux témoignages d’amitié et de fraternité. J’avais l’impression d’entendre pour la toute première fois vos deux mots magiques: Joyeux Anniversaire!

Tout en pensant à celui et celle qui m’ont mis au monde par amour, j’ai prié pour vous afin que le Seigneur nous unisse davantage dans son Esprit d’amour, de joie et de paix. Mais on ne peut pas célébrer la naissance sans la mort. J’ai compati aux souffrances de mon confrère Peding Federico Labaglay (conseiller général pour la région d’Asie-Océanie) qui à perdu sa maman aux Philippines, cet après-midi du 18 juillet. Que l’âme de la défunte repose en paix! N’hésitez pas à visiter l'espace perso d'ayaas. Vous y trouverez, entre autres, les photos de mon séjour aux Philippines. A plus sur le net!

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Il paraît que les rigoles ne font pas rigoler

(Kinshasa 03.08.2008) - Ouf! La liste de mes mésaventures ne fait que s’allonger! Je viens de regagner Kinshasa après un bref séjour dans le Bas-Congo, précisément à Matadi et à Mbanza Ngungu où j’ai animé une session sur un thème provocateur: ‘Bousculer mon image religieuse dans l’aujourd’hui du monde’.

Peut-être me suis-je fait trop bousculer par les imprévus du milieu. Je rentre avec un visage chaviré par la douleur d’un bras couvert de plaies (doigts et avant-bras), qui est resté presqu’immobilisé pendant quelques jours sans pour autant m’empêcher d’accomplir mon devoir.

Soins bras cassé à Mbanza

L’incident a eu lieu dès le premier jour de la session, ce dimanche 27 juillet, vers 19h00. En marchant dans l’obscurité vers la chambre annexe où je logeais (la lampe externe n’étant pas encore allumée), je suis tombé dans une rigole ouverte qu’il fallait enjamber! Eh oui, cela m’est arrivé le jour même où je tentais d’expliquer le sens de la volonté de Dieu aux participantes!!! Dieu VEUT le Bien de tous et il PERMET les événements tant heureux que malheureux.

Rigoles MbanzaRigoles Mbanza-Ngungu

Ma chute serait-elle sa volonté? Imaginez la peine causée aux religieuses de l’Immaculée conception de l’enseignement qui m’ont chaleureusement accueilli dans leur communauté. Ma plus grande désolation était de les voir en souffrir plus que moi-même. J’avoue qu’elles ont très bien pris soin de moi et m’ont aidé à m’en sortir rapidement. Un médecin est venu m'examiner sur place et m'a prescrit des soins urgents dont la piqûre antitétanique.

Eglise cathédrale de MatadiDieu merci, personne parmi les étudiantes du Home de l'Immaculée et les Sœurs ne m’a vu m’écrouler, et il n’y a pas eu de fracture. «Il paraît que les rigoles ne font pas rigoler», m’a dit un confrère de Rome, à la fois comme pour s'en moquer et s’apitoyer sur moi. Merci pour tous les mots sympathiques que je continue à recevoir avec plaisir.

Et que dire de la ville de Matadi que j’ai visitée peu avant Mbanza-Ngungu? Elle est la capitale de la province du Bas-Congo. Située à 365 kms de Kinshasa, Matadi est la plus grande porte d’entrée des marchandises d’importation en RDC, et la route qui relie cette ville portuaire à la capitale du pays est très fréquentée, de jour comme de nuit. Matadi appartient à un massif montagneux dont un des pics est le pic Ambier (Pic Kinzau) de plus de 1000 mètres. Le nom ‘Matadi’ veut dire pierre, cailloux, roche. C'est le fameux monter, descendre, transpirer, traverser les ponts, marcher sur des pierres, se blesser... Entourée de deux cours d'eau: le Mpozo et le fleuve Congo, Matadi est une ville cosmopolite, multiculturelle et multiethnique. Sa population est très diversifiée.

Parmi les monuments les plus visités de la ville, citons le sommet le plus élevé nommé Belvédére qui offre une belle vue tant du Port de Matadi que de la route de Boma qui est reliée à Matadi par l'imposant Pont Maréchal Mobutu, inauguré en 1984. A plus!

Pont Matadi

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Depuis Rome la ville éternelle

(Rome 9.08.2008) - Salut de Rome où je suis rendu, comme prévu, ce matin via Addis Ababa. La traversée des nuages m’a empêché de voir en direct la splendide cérémonie d’ouverture des JO à Pékin. Je me suis contenté de la retransmission en différé. Quelle imagination!

Que dire de mon séjour au pays natal? J’ai eu un très beau séjour de vacances, dans la joie de retrouver les miens malgré leur vie ‘au taux du jour’, pour utiliser une expression chère aux kinois. L’avenir demeure toujours incertain pour bon nombre de gens. Ma santé tient bon, le moral aussi. La seule fausse note est mon incident de Mbanza-Ngungu. Le souvenir amer de la chute dont j’ai parlé dernièrement restera à jamais gravé dans la mémoire. C’était pénible pour moi et pour la communauté d’accueil. Eh oui, je pouvais lui éviter une telle responsabilité si seulement j’avais été un peu plus prudent. Mais les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Telle est ma consolation. Telle est également ma conviction. Mes plaies sont presque guéries et la main droite retrouve de plus en plus son fonctionnement normal. Tant mieux!

Ici à Rome, c’est la chaleur qui m’accueille en ce mois le plus chaud et le plus calme de l’année. Notre maison est très calme, car beaucoup de confrères sont en vacances. Je profite de cette escale pour finaliser les préparatifs de la visite en Amérique latine. Prochaines étapes: Guatemala, Paraguay et Brésil. J’avoue aller vers l’inconnu. Tout en comptant sur ta prière, je te souhaite une vie de paix et de joie. A plus sur le net!

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Guatemala, un pays montagneux

(Guatemala 24.08.2008) - Dans le cadre de notre session conjointe avec les Oblats de la région d’Amérique latine, il m’a été suggéré de visiter le Guatemala et le Paraguay avant de me rendre à São Paulo (Brésil) où se tiendra notre rencontre (administration générale et région), du 1er au 6 septembre. Comme prévu, je suis arrivé au Guatemala via Madrid le 16 août. Pays d’Amérique centrale, situé au sud du Mexique, le Guatemala est un pays montagneux, sauf le long de côtes (à l’est se trouve l’océan Atlantique, à l’ouest le Pacifique) où l'on trouve des plaines. ‘Le climat est tropical, quoique plus tempéré en altitude. La terre, plutôt fertile car volcanique, est la principale ressource du Guatemala, pays dont l'économie est essentiellement agricole’.

Voyage Guatemala

La Délégation oblate de Guatemala appartient à la province du Mexique et compte 12 prêtres et 12 scolastiques. En plus du ministère de la formation (postulantat, noviciat, scolasticat), les Oblats desservent 3 paroisses: 1 dans l’archidiocèse de Guatemala et 2 dans le diocèse de Quiché. J’ai passé mes deux premiers jours dans la capitale, en compagnie de nos deux braves missionnaires africains (Congo-Kinshasa): Jean-Claude Ngoma et Norbert Nkwayaya. Envoyés initialement en mission au Mexique, ils travaillent au Guatemala depuis deux ans, l’un comme vicaire de paroisse et l’autre comme formateur au scolasticat qui accueille des jeunes mexicains et guatémaltèques. Les deux m’ont fait visiter la ville de Guatemala et la Guatemala Antigua (ancienne capitale). J’ai eu également la joie de rencontrer une jeune missionnaire icm du Cameroun, qui a fait son noviciat au Congo. Après plusieurs années de pastorale directe, elle est actuellement étudiante d’Université, dans le seul but d’améliorer sa connaissance de l'être humain pour mieux l’aider à grandir harmonieusement.

Ngoma et Nkwayaya

Puis je suis allé à l’intérieur du pays avec padre Erasmo, Supérieur de la Délégation, pour découvrir le Guatemala profond chez les Mayas de Chicaman. «Peuple amérindien du Mexique et du Guatemala principalement (Cakchiquel, Mam, Quiché, etc.), les Mayas sont agriculteurs, catholiques, avec persistance de croyances anciennes». C’était un voyage (aller) de 7 heures d’autocar dans des montagnes. Jamais je n’ai vu autant de montagnes, avec des routes serpentées! Et la frayeur? N’en parlons pas. Le chauffeur de notre dernier bus (4 au total) roulait à tombeau ouvert, comme s’il avait un rendez-vous avec la mort! Eh oui, plusieurs fois, tout en freinant dans le vide, j’ai fermé les yeux pour ne pas voir notre précipitation dans les vallées sauvages et encaissées.

Groupe de novices oblatsProcession à Chicaman

Petite fille MayaLe plus beau était la rencontre avec nos novices. Les 9 jeunes de 4 pays différents (Brésil, Guatemala, Paraguay, Uruguay) et leur maître (Italie) vivent une phase d’expérience missionnaire au sommet d’une montagne, plus haute que la ville de Chicaman. Que font-ils exactement? Ils partagent la vie simple des pauvres. Je retiens ce qu’ils m’ont dit: «Nous aurions voulu faire notre propre cuisine mais la communauté chrétienne est tellement dévouée et organisée qu’elle préfère nous servir. Nous n’avons rien à faire». Ainsi les pauvres continuent-ils à nous évangéliser. Sur une autre montagne, j’ai assisté à la bénédiction d’une nouvelle chapelle par Félix, un jeune curé mexicain. Là j’ai été frappé par le dévot de ce peuple qui aime des processions et qui manifeste un zèle extrême pour la religion et les pratiques religieuses.

La plupart des villages et villes portent les noms des saints (ex. san Antonio, san Juan, san José ...). Il est cependant étonnant de voir la culture de la violence qui caractérise ce beau pays! Les gens en parlent et ils en ont peur. L’insécurité règne surtout dans des autobus où les conducteurs sont pris pour cible. Les bandits s’y introduisent et demandent aux passagers de payer ‘l’impôt’. Il faut bien le payer alors pour sauver sa peau. A cela s’ajoute le taux élevé de suicides. Nombreux sont ceux qui, d’un pont se donnent en spectacle en s’écrasant sur la chaussée ou en s’engouffrant dans un ravin. Pourquoi sont-ils si dégoûtés de la vie? La drogue et la misère peuvent en être des causes considérables dans cette partie du monde. Prions pour que les désespérés retrouvent le sens de la vie. Prochaine étape: Paraguay. A plus sur le net!

Guatemala Antigua

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Paraguay, symbole de fraternité et de communion

Paysage Paraguay

(Paraguay 30.08.2008) - Parti du Guatemala le 24 août, suis arrivé au Paraguay, comme prévu, le lendemain via Panama et Buenos Aires (Argentine). Un voyage de 11 heures sans compter les heures de Arbre de Chacotransit. A l’aéroport d’Asunción, la capitale de ce pays, m’attendaient Miguel (provincial) et Zénon (Congo). Dès le lendemain, le provincial m’a conduit en voiture dans la région de Chaco pour visiter les confrères de la communauté de 25 Leguas et ceux de Mariscal Estigarribia, un voyage d’environ 5-8 heures. A la différence de Guatemala, cette partie de Paraguay est une région de vastes plaines et de sècheresse. N’ayant pas d’eau potable, les gens utilisent l’eau de pluie et ils font appel à l’aide gouvernementale en cas d’épuisement des réserves. Là ce fut le premier terrain préféré de la mission oblate auprès des peuples ‘indigènes’. Les missionnaires venaient principalement de l’Allemagne. Pour rappel, notre actuel Supérieur général, Guillermo Steckling, a travaillé dans cette province oblate avant d’aller au service de l’administration générale.

Miguel FritzAvec ses 6 millions d’habitants provenant à 90% d’un métissage entre colons espagnols et indiens, ‘le Paraguay, pays situé au centre du continent sud-américain, est bordé au nord-ouest et au nord par la Bolivie, à l'est par le Brésil, au sud et au sud-ouest par l'Argentine. Sans ouverture sur la mer, le pays est relié à l’Atlantique par une voie d’eau navigable. Le río (rivière) Paraguay divise le pays en deux régions très contrastées: à l'ouest, le Chaco ou Paraguay occidental, à l'est, le Paraguay proprement dit, ou Paraguay oriental. Des plaines verdoyantes, des marécages et des forêts d'arbustes rabougris recouvrent Chaco. La région orientale (39% de la superficie) concentre près de 95% de la population ainsi que les principales ressources de production.

L'espagnol constitue la langue officielle mais une grande partie de la population parle le guarani. L'agriculture représente l'activité principale du pays et est largement excédentaire. Les principales productions agricoles sont le manioc, les graines de coton, la canne à sucre, le maïs, le soja, les patates douces, les bananes, les oranges et le blé. L'élevage de bétail, principalement des bovins, constitue une activité agricole primordiale. Et la population paraguayenne? Elle comporte trois grandes catégories: les Métis, qui constituent plus de 90% des habitants, les Amérindiens, essentiellement des Guaranis, et les descendants d'Européens et d'Asiatiques, auxquels il faut ajouter les immigrants en provenance du Japon, d'Italie, du Portugal ou du Canada.

Quant à la religion, 90% de la population est catholique et le reste se divise entre protestants, évangélistes, mennonites et juifs’. Le pays est tellement catholique que certaines villes portent ces noms: Assomption (capitale du pays), Incarnation, Conception, etc. Tout comme au Guatemala, les fêtes patronales sont des occasions de grandes célébrations populaires.

Aspirants oblats ParaguayPrénovices oblats, Paraguay

Mon impression est que le peuple est très accueillant. Il est frappant de voir combien dans les familles et les communautés religieuses, on reçoit les visiteurs avec la fameuse boisson appelée ‘maté’, «houx d'Amérique du Sud dont les feuilles torréfiées fournissent une infusion stimulante et diurétique». Le seul récipient qui contient le maté passe plusieurs fois de bouche à bouche. J’y lis le symbole de fraternité et de communion sans frontière. Ici la pauvreté ne se cache pas. Comme dans la plupart des villes du monde, les enfants de la rue et des indigènes envahissent des carrefours pour mendier. D’autres trouvent de quoi mettre sous la dent en fuyant des poubelles à côté des familles riches. Il va sans oublier les squatters, les sans abri qui s’installent de force dans une ville dans l’espoir d’un lendemain meilleur. Là nos jeunes en formation trouvent un terrain d’apostolat afin d’être plus proches des pauvres les plus abandonnés.

Scolastiques oblats, ParaguayBerikani, Tende-Tende, Bulamba

La province oblate du Paraguay compte actuellement 39 membres (1 évêque, 26 prêtres, 2 frères et 10 scolastiques). Il y a 3 jeunes oblats congolais: Zénon Berikani (6 ans, curé de paroisse et directeur du prénoviciat), Roger Bulamba (3 ans, vicaire de paroisse) et Raphael Tende-Tende (nouveau).

En plus de l’activité principale qu’est le ministère paroissial, les Oblats s’occupent de leurs maisons de formation: maison vocationnelle (accueillant des aspirants), prénoviciat, noviciat et scolasticat. Partout, j’ai été frappé par la simplicité qui caractérise nos communautés. Le contraire ne serait pas normal dans cette partie du monde où le pauvre est roi. Parmi les jeunes en formation, certains brûlent du désir de vivre une expérience missionnaire (régence) sur le continent africain. Ils ont eu la chance de recevoir chez eux des missionnaires venant du Lesotho (plus personne) et du Congo.

Ma prochaine étape et la dernière: Brésil où les réunions commenceront ce lundi 1er septembre. A plus sur le net!

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De Brésil à Italie

(Rome 14.09.2008) - Ouf! Quels voyages et quelles activités sans transition! Tout s’est bien passé en Amérique Latine malgré les fatigues inhérentes à ce genre de ministère. A Rome où je suis rendu ce 13 septembre, comme prévu, m’attendent les travaux de la session plénière du conseil général, du 15 septembre au 3 octobre!

Merci de vos prières pour notre retraite annuelle à São Paulo. J’ai beaucoup aimé le style du prédicateur Leo Guilmette. Chaque jour avait son thème précis et les entretiens étaient brefs et simples, fruits d’une expérience spirituelle personnelle. Les pistes de réflexion proposées m’ont aidé à me regarder face au Seigneur et à relire mon cheminement vocationnel.

Tabernacle de Paraguay

Dans ce genre d’exercice, le défi à affronter c'est d’être honnête envers soi-même et envers le Seigneur, en tissant de vraies relations interpersonnelles. Cela pourrait dépendre de ce qu’il a appelé «balance» ou équilibre entre l’action et la contemplation, deux valeurs à cultiver nuit et jour.

J’avoue cependant qu’il ne m’a pas été facile d’identifier ma spiritualité personnelle même si je connaissais l'instant du commencement de ma vie spirituelle. En général je parle plus facilement de la spiritualité chrétienne universelle et de celle de notre congrégation que de la mienne propre, c’est-à-dire ma manière à vivre l’union à Dieu. Qu’en est-il de toi-même? Certes, une façon de prendre conscience des moments où le Seigneur intervient dans ta vie en la bouleversant. Avoir le courage prophétique de reconnaître ces instants-là, avec ses hauts et bas, c’est simplement BEAU.

Une fois de plus merci de ta visite. Bon dimanche et à très bientôt sur le net!

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A quoi est-ce que ça sert?

(Rome 21.09.2008) - Out! Quelle semaine d’intense activité! Comme si les visites et la session conjointe en Amérique Latine n’ont pas suffi. La première semaine de la session plénière vient de s’achever. J’avoue qu’il n’était pas facile de s’y mettre à cause des conséquences du décalage horaire, le ‘jet lag’. «Toujours plus loin, toujours plus vite, c’est possible, mais l’organisme de l’individu refuse de se presser et garde son rythme circadien, d’où les troubles lorsque le voyageur franchit d’un coup d’aile plusieurs fuseaux horaires.» C’est dire que je suis en train de faire un exercice supplémentaire en apprenant comment gérer mon ‘jet lag’, après quelques années de déplacements incessants. Pas facile de passer d’un continent à l’autre, sauter d’un avion dans un autre. Certes, d’aucuns se demandent: à quoi est-ce que ça sert? Ma réponse à cette question qui a du bon sens est simple: ça sert à rien et à quelque chose.

Pendant les rencontres de cette première semaine, nous nous sommes essentiellement concentrés sur trois sujets: les rapports personnels de nos activités, la nomination des membres de trois nouveaux Oblate Council Roomconseils provinciaux (Belgique/Pays-Bas, Congo et Lesotho) et l’examen du fameux dossier qu’est l’avenir de l’actuelle maison générale des Oblats. Concernant ce dernier point, nous avons écouté deux acteurs importants. D’abord, notre Avocat. Il a présenté, entre autres, les deux offres d’achat qui pourraient être prises au sérieux.

Puis, un Architecte. Il a exposé en détails le plan de l’éventuel nouveau complexe (maison générale et scolasticat international) des Oblats de Marie Immaculée. Puisque la décision finale est prévue vers la fin de la présente session (clôture le 3 octobre), le conseil examinera ce dossier pendant la seconde semaine de ses travaux. Voilà qui met en ébullition les occupants du complexe Aurelia 290. Redisons-le: le symbole tend vers sa disparition. Sous peu la décision finale tant attendue.

Quant à l’affaire de mon passeport (achat d’un nouveau document), je demeure sans bonne nouvelle! Et pourtant je dois me rendre au Cameroun (octobre) et en Angola (novembre). Enfin, que dire de notre blogspot? Après deux mois de silence mérité (vacances), ayaas revient, cette fois-ci, avec une assertion provocatrice: L’enfer n’existe pas. En attendant vos nombreuses réactions, commentaires, suggestions, remarques, je vous souhaite un très bon dimanche! A bientôt sur le net.

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Casse-tête: passeport biométrique rdcongolais

Palmier d'Ifwanzondo(Rome 27.09.2008) - Salut! Aucun plaisir de vous raconter mes déboires. L’inquiétude demeure quant à l’obtention du passeport congolais. La démission du premier ministre, Antoine Gizenga, ce 25 septembre, risquerait de prolonger davantage l’attente de plus de 25000 demandeurs de passeports.
Il y a néanmoins une lueur d’espoir. En effet, l'Agence presse DIA (Documentation et Information pour l’Afrique) - 25 septembre - annonce que les passeports biométriques sont là et l’expectative demeure quant à la date de leur mise en circulation!

Deux services officiels de la République Démocratique du Congo viennent de confirmer devant la presse locale l’envoi et la réception d’un lot de plusieurs milliers de passeports biométriques congolais. Paradoxe, cette annonce de l’Hôtel de Monnaie et du ministère des Affaires étrangères suscite doutes et expectatives quant à leurs conformités aux normes internationales et à la date de mise en circulation. Le premier réalise les impressions de valeur et le ministère livre les passeports.

Par ici, les travaux de la session continuent. Plusieurs sujets ont été abordés pendant cette deuxième semaine. Mentionnons, entre autres, la nomination du conseil provincial de la province centrale et de celle du nord de l’Afrique du sud, les rapports des comités internes (mission, formation première et continue, communication, justice, paix et intégrité de la création, l’examen approfondi du dossier de la maison générale et la préparation du Chapitre général de 2010 qui se penchera sur ce thème: «Centrés sur la personne de Jésus-Christ, source de notre mission, nous nous engageons à une conversion profonde, personnelle et communautaire.» Les recommandations seront votées pendant cette dernière semaine qui commence.

Quant au débat sur l’existence ou la non-existence de l’enfer, il suscite plus de questions de curiosité que de réponses sur notre Blog. Tout porterait à croire que le problème se situe au niveau du concept de ‘feu’ surtout pour les Africains. Il me semble que la compréhension de l’enfer dépend de la notion de purgatoire, «état ou lieu symbolique de purification temporaire pour les défunts morts en état de grâce, mais qui n'ont pas encore atteint la perfection qu'exige la vision béatifique.» Même si cela dépassait l’entendement, nous devons nous acquitter d’une tâche, celle de justifier notre foi chrétienne. Telle est notre motivation. Bon dimanche, et à bientôt sur le Net!

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Quand s’évapore l’impression de tourner en rond

(Rome 04.10.2008) - Ouf! Notre session plénière à pris fin ce vendredi 3 octobre, comme prévu. La plupart d’entre nous peuvent avoir le temps de souffler un peu avant de reprendre le bâton de pèlerins. Le temps de côtoyer quelques-uns de la délégation d’évêques qui viennent du monde entier pour se réunir à Rome, à l'occasion de la XIIe Assemblée générale ordinaire du synode des évêques, du 5 au 26 octobre. «La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l'Église» est le thème de ce temps de travail. «J'espère que cela aidera à mieux évaluer l'importance de la Parole dans la vie de chaque chrétien et de chaque communauté, chrétienne mais aussi civile, à redécouvrir le dynamisme missionnaire qui est inhérent dans la Parole de Dieu aussi», a déclaré le pape Benoît XVI. Notre Supérieur général, Wilhelm Steckling, a été invité à participer à ce synode.

Que dire de la dernière semaine de notre session? Nous avons, entre autres, examiné le rapport du comité de finances, dans le contexte de la crise financière mondiale qui secoue gravement le marché international. Pour rappel:

Le 15 septembre 2008 restera une journée noire dans l'histoire de la finance américaine. La quatrième banque d'investissement de Wall Street, Lehman Brothers, s'est mise en faillite, tandis que Merrill Lynch a été reprise par Bank of America pour 50 milliards de dollars. En quelques jours, les annonces préoccupantes s'accumulent du côté des banques et des assurances, créant une spirale de défiance sur les Bourses (...)

Rond-Point BourgNous avons aussi continué le discernement approfondi sur ‘la vente possible de la Maison générale et la relocalisation du personnel et des services qui s’y trouvent’ sans parvenir à une décision finale! Pas si facile. Cependant, l’impression de tourner en rond depuis trois ans semble s’évaporer grâce à la résolution de poursuivre encore des investigations pendant six mois. Ce temps raisonnable permettrait aux deux demandeurs sélectionnés, ceux qui semblent répondre le mieux à nos critères, de nous fournir une ‘alternative’ satisfaisante, c’est-à-dire un terrain à bâtir une nouvelle maison à Rome.

Il s’ensuit que la décision finale prévue pour la session d’avril 2009 ne sera prise qu’après avoir consulté (seconde fois) tous les supérieurs provinciaux, conformément à la recommandation du Chapitre général de 2004. «Que les Provinciaux (et d’autres personnes si on le juge nécessaire) soient consultés avant de prendre une décision finale» (Témoins de l’espérance).

Une autre chose clarifiée pendant la session est la manière de concevoir nos agendas individuels et de planifier nos activités prochaines. A la lumière de nouveaux critères établis, il est plus souhaitable de réduire le volume voyages et d’être plus présent à Rome qu’ailleurs tout en donnant priorité à l’animation en faveur du Chapitre général qui approche. Nous sommes tous invités à ‘une conversion profonde, personnelle et communautaire’. Est-ce facile de comprendre ce thème?

Jusqu'à présent, rien de neuf concernant mon passeport et je ne m’attends pas tout de suite à un miracle du côté de Kinshasa qui se préoccupe maintenant de la reprise des hostilités à l’Est du pays. Qui le délivrera de la gueule du loup? Malheureusement, cela a pour conséquence l’annulation des activités de ce mois! Mais "ne soyez inquiets de rien", nous dit la parole de ce dimanche (Philipiens 4:6). A bientôt sur le Net!

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Retour d'un séjour d'animation au Cameroun

Paysage du nord-Cameroun

(Rome 1er.11.2008) - Bonne fête de la Toussaint! Et merci de vos nombreux signes de vie sur le net malgré notre silence apparent durant les trois dernières semaines d'octobre. Le manque de mises à jour sur cette page a inquiété plus d’une personne. Eh oui, nos visiteurs sont très exigeants tout en sachant que l’accès à Internet demeure encore un luxe pour plusieurs coins du monde. Merci aussi de vos prières pour le repos de l’âme de Pierre, l’époux de notre amie Denyse Mostert qui nous propose mensuellement une réflexion sur une méditation missionnaire. Qu’elle retrouve ici l’expression de notre profonde compassion et gratitude.

Foyer de charité

Je reviens du Cameroun où j’ai animé deux sessions sur le leadership pour les confrères supérieurs locaux et pour les membres de l’administration provinciale, précisément au Foyer de Charité, à N’Gaoundéré, du 14 au 20 octobre. Ce rendez-vous a failli ne pas avoir lieu à cause de mon problème de passeport qui n'est pas encore résolu. Dieu aidant, j’ai pu me faire comprendre auprès du consulat camerounais à Rome. Qu’il en soit loué! «Bousculer notre image religieuse pour un leadership efficace» est le thème que j’ai développé dans la perspective du prochain Chapitre général (2010) qui nous invite à une profonde conversion personnelle et communautaire.

Pendant la première session, nous avons réfléchi sur trois points essentiels. Le premier, ‘Vers une nouvelle prise de conscience’, était une invitation à redynamiser notre vie chrétienne en insistant sur Groupe Oblats du Camerounla manière d’acquérir une mentalité de foi dans le contexte du monde actuel, de prendre conscience des exigences de son baptême et d’intégrer foi chrétienne et vie quotidienne tout en rappelant les attitudes évangéliques de l’autorité selon le Décret Perfectae Caritatis de Vatican II.

Le deuxième point, ‘Quelques préalables du leadership efficace’, nous a permis de nous pencher sur la volonté de diriger, la clarté et la capacité d’apprendre. Le dernier point enfin, ‘Education aux vertus humaines’, a rappelé quelques vertus complémentaires qui aident à exercer harmonieusement le service de l’autorité, en l’occurrence, la réflexion et l’ordre, la patience et la prudence, la discrétion et le sourire ... Sommes-nous réellement conscients de notre rôle et de notre mission dans l’Eglise?

Avec le conseil provincial, tout en approfondissant les qualités du bon leader chrétien, nous avons aidé à élaborer une vision missionnaire de la province en précisant ses priorités et les objectifs à atteindre, le rationnel et les stratégies en harmonie avec le projet Immense Espérance, qui guide l’action de toute notre Michael UwaezuokeCongrégation depuis quelques années. Ainsi sommes-nous arrivés à quelque chose de concret, un plan d’action conformément aux orientations de nos Constitutions et Règles.

A la fin de ces deux sessions, je suis allé plus au nord en compagnie du Provincial pour visiter les confrères de Garoua et Maroua sous un soleil de plomb. Un événement important à signaler ce dimanche 26 octobre: la cérémonie d’envoi en mission du premier jeune de cette province du Cameroun hors de ses frontières. Il s’agit du père nigérian Michael Uwaezuoke qui, désormais, appartient à la province de Namibie.

Peut-être les nombreux chrétiens de la paroisse saint-Pierre de Garoua qui ont participé à la messe de 7h30 ont-ils mieux compris le sens de la vocation missionnaire et le motif de joie des Oblats de cette Unité qui s’étend sur trois pays, à savoir le Cameroun, le Nigeria et le Tchad.

Enfin, nous avons eu également le plaisir de nous entretenir avec les jeunes en formation: les novices Novices oblats Ngaoundéréà N’Gaoundéré et les scolastiques à Yaoundé. La causerie portait essentiellement sur la préparation au prochain Chapitre général. Le scolasticat consolidé ‘Yves Plumey’ compte 56 membres dont 5 formateurs. Les jeunes proviennent de la province du Cameroun (17), du Congo (23), du Lesotho (2) et de la délégation de Zambie (5) plus non-oblats (3).

Une grande communauté internationale aux défis multiples. Bonne expérience jusqu’à présent mais certains jeunes s’interrogent sur la pertinence de maisons de formation consolidée là où il y a plusieurs vocations et sur la formation des formateurs.

Merci beaucoup à tous ceux et toutes celles que j’ai pu rencontrer pendant ce beau séjour. Je pense particulièrement à la communauté des sœurs de la sainte famille de Bordeaux, Yaoundé. A bientôt sur le Net.

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A la recherche du fameux passeport biométrique

Point d'interrogation(Rome 09.11.2008) - Désolé de ne pas remplir mes engagements, je suis obligé de me rendre à Kinshasa dès ce mardi 11 novembre, dans l’espoir d’arracher un passeport biométrique, le fameux document dont la mise en circulation traîne à venir. Dieu seul sait quand pourront aboutir mes démarches. Beaucoup d'interrogations se bousculent en moi.

Qui a dit que le Congo de Kabila ne souffre que de la guerre qui sévit encore à l’Est de son étendue? Il y a aussi le manque de passeports depuis plus d’une année! Nous attendions des institutions légalement établies, elles sont là depuis les dernières élections dites démocratiques. Mais les citoyens ne peuvent pas voyager librement faute de passeports. Inconcevable! Voilà qui pousse à bousculer l’image du leadership africain. Merci de bien vouloir nous laisser votre avis sur ayaas’ blog. L'Afrique a-t-elle quelque chose à offrir au monde? A bientôt sur le net.

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Quand la patience frise l'impatience

(Kinshasa 26.11.2008) - Le temps passe vite, je m’en rends compte. Bientôt le premier dimanche de l’Avent qui annonce la venue du temps des fêtes. J’en profite pour te souhaiter une très belle entrée dans cette nouvelle période liturgique qu’est la préparation à Noël! En passant par les vitrines des magasins, n’oublie surtout pas l’ornement de ton cœur pour mieux accueillir ‘Celui qui vient’. Te souhaite également une bonne neuvaine de l’Immaculée conception, du 30 novembre au 8 décembre!

Que dire de la vie à Kinshasa où je suis rendu depuis le 11 novembre? D’abord, un accueil chaleureux par des pluies abondantes qui ne font qu’augmenter la souffrance de la population kinoise (habitants de Kinshasa ou Kin) en détruisant davantage les routes, en inondant plusieurs habitations et en creusant des érosions terrifiantes. Puis, chose frappante, les kinois et les kinoises gardent le sourire malgré les retombées économiques de la guerre qui sévit à l’est du pays. Les gens souffrent sérieusement (pas de salaire consistant, pas de soins médicaux appropriés, pas de réponse positive aux grévistes de l’enseignement, coupures intempestives d’électricité, etc.).

Avenue Kabambare

Cette crise se fait sentir même dans des communautés religieuses qui, généralement, sont bien organisées. Le manque d’argent, voilà la principale cause d’une certaine déstabilisation de plusieurs familles religieuses implantées à Kinshasa. Conséquence immédiate: indifférence, relativisme, individualisme ou 'la tendance à privilégier la valeur et les droits de l'individu contre les valeurs et les droits des groupes sociaux.' Tout porterait à croire que seul le courage d’adopter de nouvelles stratégies plus réalistes épargnera les maisons de formation du virus d’affaiblissement qui les guette. Comme si cela ne suffisait pas, il faut faire face aux effets négatifs de la crise financière mondiale dont beaucoup sont victimes.

En ce qui me concerne, «patienter» est le verbe que j’entends le plus souvent depuis mon arrivée à Kinshasa, chaque fois que je me renseigne sur la mise en circulation du passeport semi-biométrique dont on parle en République démocratique du Congo. J’attends ce fameux document depuis février 2008. Bien que les nouvelles soient rassurantes, le refrain est toujours le même: «les passeports sont là, il n’y a qu’une seule machine pour insérer des données suivant l’ordre du dépôt des dossiers, il faut patienter.» Un confrère m’a rassuré qu’on est en train de servir ceux qui ont introduit leur demande en octobre-novembre 2007.

Avenue Kabambare

Dans cette longue attente qui me fait revivre l’impatience du dernier renouvellement de mon permis de séjour italien, je me laisse aussi instruire. «Tu es un chrétien, il faut patienter», m’a rétorqué un agent auprès de qui j’exprimais ma préoccupation il y a quelques jours. S’il savait combien mes activités en souffrent! Peut-être voulait-il m’inviter à prendre une conscience de plus en plus profonde de la patience de Dieu.

Mais la patience divine n’est jamais faiblesse: elle est appel à la conversion, car ‘Dieu est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce’. En effet, pour vivre en accord avec sa vocation, le chrétien doit supporter les autres «avec charité, en toute humilité, douceur et patience» (Ephésiens 4:2). Bref, la patience est une vertu fondamentale. «Elle garantit notre équilibre. Elle protège toutes les autres vertus contre les désordres que provoque l'impatience. A cause de ce qu'elle suppose de ténacité et d'effort volontaire, la patience doit s'accompagner de la douceur pour ne pas exposer notre cœur à la sécheresse», précise BRUGUES J.-Louis.

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Enfin un nouveau passeport congolais

Bosco Mbin'Okie(Kinshasa 22.12.2008) - Ouf! Voilà une bonne chose de faite! Enfin j’ai obtenu le fameux nouveau passeport du Congo démocratique, ce vendredi 19 décembre. L’attente aura duré 10 mois! Merci de vos prières et encouragements. Que Dieu en soit loué! Même si cela ne représente rien, c’est un beau cadeau de Noël pour moi. D’aucuns aimeraient-ils en savoir plus? Je vous fais grâce de mes déboires et vous raconte ma propre expérience. Tous ne suivent pas la même procédure.

Février–novembre: vaine attente, les anciens dossiers (demandes de passeports) ayant été déconsidérés pour des raisons que j’ignore. J’ai dû constituer un nouveau dossier à partir du 3 décembre. Voici les éléments constitutifs: (normalement) achat d’un formulaire de demande au ministère des Affaires étrangères (10 dollars américains), 2 petites photos, identification et empreintes digitales (0 dollar) à l’ANR (Agence nationale de renseignements), attestation du payement à la Banque (50 dollars). Contournant certaines étapes, j’ai introduit mon dossier le 11 décembre à la direction de la chancellerie. Bref, sans compter les dépenses occasionnées par des personnes qui ‘suivent’ le dossier, on peut obtenir ce nouveau passeport à 60 USD. Mais quand ces démarches ne sont pas faites par le demandeur lui-même, on exige facilement 200 ou 400 USD.

Dès ce 23 décembre je repars pour Rome, le temps de vivre la joie de l’Emmanuel, avant de me remettre sur l’avion pour la grande île de Madagascar, le 1er janvier. Puis-je encore compter sur vos prières.

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Crèches de Noël à Rome

(Rome 25.12.2008) - «Voilà le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire!» Le «Messie», le «Seigneur», le «Sauveur», «couché dans une mangeoire», «car il n’y avait pas de place dans la salle commune pour sa mère qui devait enfanter.» Le message est simple pour tous.

‘Dieu a clairement choisi son camp, précise Joseph-Marie. Entre les grands de ce monde qui déploient insolemment leur luxe et exercent orgueilleusement leur pouvoir, et les petits qui sont privés de l’hospitalité élémentaire et sont obligés de chercher un abri au milieu des animaux, il n’hésite pas. Dans sa liberté souveraine, le Sauveur du monde a voulu naître d’une jeune fille de modeste condition, donnée en mariage à un artisan d’une bourgade inconnue de Galilée appelée Nazareth. C’est dans ce foyer apparemment quelconque, que «la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.»

Noël OMI Rome

De Rome où je suis rendu ce 24 décembre, comme prévu, nous avons vu sa lumière! Eugène King (messe de minuit) et Chicho Rois (messe du jour) nous ont chaleureusement introduits dans le mystère de l'incarnation en mettant en évidence la place de l'Emmanuel dans nos vies et dans le contexte actuel de notre monde secoué par une grande crise financière. La vraie sécurité vient de notre foi en Celui qui vient sauver l'humanité. Certes, «le ciel et la terre se sont donnés rendez-vous. Les cieux se déchirent et la gloire du Seigneur illumine la nuit de Palestine.»

Crèche Place Saint-Pierre

Ayaas te souhaite un très Joyeux Noël, différent de l’année dernière, plein de cadeaux venant de l’amitié… Sans oublier nos frères et sœurs en situation difficile. Benoît XVI ne les a pas oubliés à l'occasion de la traditionnelle bénédiction "Urbi et Orbi" ("A la ville et au monde"). Il a appelé, ce jeudi 25 décembre, à la paix en Terre Sainte, ainsi que dans les pays d'Afrique notamment le Zimbabwe et la République démocratique du Congo, frappés par "l'absence de stabilité.

Crèche du Vatican

Une promenade à la place saint-Pierre, cet après-midi, m’a fait découvrir la plus grande crèche du monde envahi par des touristes venant des quatre coins du monde. Ici se réalise quotidiennement le miracle de l’universalité et de l'internationalité de l'Eglise romaine. A bientôt sur le net!

Noël Place Saint-Pierre

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