Nous sommes le 19/01/2019 et il est 12h21 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Mot de bienvenue - Interchapitre 2007

(Macaire Manimba, Président de la région Afrique-Madagascar)

Révérend Père Supérieur général,
Révérends Pères Membres de l'Administration générale,
Révérends Pères Provinciaux,
Bien chers confrères,

Mane MacaireC'est en ma qualité de Président de la Région Afrique/Madagascar que je prends la parole pour vous souhaiter la bienvenue à la session intercapitulaire qui, cette fois, se tient chez nous en Afrique et précisément en Afrique du Sud, ce pays multiracial qui donne au monde l'exemple d'une réconciliation réussie entre les peuples, malgré des imperfections qu'on peut encore observer ici et là: le taux de chômage reste encore élevé, et la violence sévit toujours dans les grands centres urbains.

J'imagine le sentiment de ceux d'entre nous qui visitent l'Afrique pour la première fois. J'imagine leur surprise et leur étonnement au moment de débarquer à l'aéroport de Johannesburg. Ils n'ont pas retrouvé cette Afrique sauvage que présentent souvent les médias. L'Afrique du Sud est en train de gagner le pari de son développement socio-économique, et du coup, elle sert de locomotive à tous les autres pays situés sous les tropiques.

Les membres de l'Administration générale et certains Provinciaux, qui ont visité la Région, ont pu découvrir, en dehors de l'Afrique du Sud, de la Namibie et du Kenya, une autre face de notre continent: des pays pauvres, réputés dans la corruption et les fraudes électorales, avec des présidents incompétents et ivres de pouvoir, des gouvernements inefficaces, des systèmes judiciaires inféodés et corrompus.

Les journalistes étrangers en poste en Afrique ont souvent parlé de la situation dramatique de ce continent dont le quotidien s'écrit avec des lettres du désespoir. Des équipes de télévision rapportent chaque jour des images sur les villes et villages africains. Les clichés restent les mêmes: la guerre (au Soudan (Darfour), au Tchad, au Niger, au Mali, en Somalie, en République Démocratique du Congo), le génocide, la famine, la malnutrition, le Sida, le manque d'accès aux soins de santé et à l'eau potable, les coupures de courant intempestives, le niveau très bas des écoles publiques … Mais l'Afrique n'est pas que cela. Il y a, malgré tout, plein de bonnes choses qui se font chez nous. Quand on voyage à l'intérieur du continent, quand on prend le temps de rencontrer ses différentes populations, il apparaît très vite que ses habitants sont davantage soucieux de dignité que d'idéologie. Les Africains ont envie de bien vivre, dans la paix. Aujourd'hui plus qu'hier, ils réalisent que seul un Etat réellement démocratique fondé sur la volonté du peuple entier peut assurer à tous leurs droits sans distinction de race, d'ethnie, de sexe ou de croyance. Les Africains ouvrent la bouche et ils parlent. Ce qu'ils disent à leurs dirigeants et à la communauté internationale: «Ramenez-nous à l'existence, faites-nous rêver!» Rien de plus.

Personnellement je veux croire en un avenir possible pour l'Afrique. Des millions d'Africains y travaillent déjà. Et, nous avec eux! Mon espoir est que ce changement s'opère rapidement afin que des cendres des violences actuelles puisse naître une société d'où seront bannies l'exploitation, l'oppression et toutes les autres formes d'injustices.

Bien chers confrères,

Le dernier Chapitre général (Rome, 2004), au cours duquel «chaque Unité de la Congrégation a pu évaluer et scruter sa vie communautaire et son apostolat à la lumière de notre charisme oblat» (T.E., p. 6), a constitué le point culminant du Projet Immense Espérance. A ce Chapitre, tous les débats étaient concentrés autour de six thèmes majeurs: Mission et évangélisation, Communauté oblate et vie religieuse, Formation pour la mission, Mission auprès des jeunes, Vocation à la vie missionnaire oblate et Autorité et gouvernement. Il est intéressant de voir qu'à cette session intercapitulaire tous les rapports des Régions se soient basés sur ces mêmes thèmes. Un peu comme pour dire que le dernier Chapitre général n'a pas mis fin au Projet Immense Espérance, qui demeure aujourd'hui encore un véritable processus d'auto-évaluation.

La Session intercapitulaire va s'ouvrir aujourd'hui. Nous allons échanger sur bien des sujets. Nous allons évaluer, selon nos régions d'appartenance, notre vie religieuse et nos pratiques missionnaires. Au terme, nous ferons, comme d'habitude, d'intéressantes propositions au Comité préparatoire du prochain Chapitre général. En 2010 donc, nous recevrons un autre document capitulaire. Mais pour quoi faire?

Un religieux, qui se plaignait de la léthargie dans laquelle était tombée sa famille religieuse, notait ce qui suit dans son journal: «Nous avons de beaux documents capitulaires et des énoncés de mission, mais il ne se passe rien». Je ne dirai pas, pour notre part, qu'il ne se passe rien. Il se passe sûrement quelque chose, mais d'assez timide, d'assez tiède parce qu'il nous arrive des fois à banaliser les problèmes de fond au point que la préoccupation pour les valeurs de la vie religieuse devient un luxe. Je crois qu'il y a, dès le départ, un problème sérieux: il y a d'abord manque de clarté à propos de la nature et du rôle de la vie religieuse dans l'Eglise et dans le monde; il y a ensuite manque d'engagement vis-à-vis d'une vision partagée. C'est là un symptôme de chaos.

Bien chers confrères,

Au sortir d'un Chapitre général, quand on en a reçu les actes, beaucoup d'entre nous se sentent parfois accablés par des expressions comme «nous devons être prophétiques, témoins de l'espérance dans le monde d'aujourd'hui». Mais la vérité, c'est que nous ne savons ni comment ni où confronter un tel défi. Le très fort besoin de restructuration étouffe souvent notre sens de mission ou de raison d'être. En d'autres termes, nous mettons l'accent plus sur les changements structurels que sur la conversion personnelle. Il faut, sur ce plan, un renversement de tendance.

Notre vie religieuse oblate est essentiellement une vie commune, où nous avons besoin les uns des autres, et chacun du milieu fraternel. C'est, me semble-t-il, la condition de notre propre accomplissement spirituel et de notre efficacité au service de l'Evangile. Je nous mets ainsi au défi de nous remettre constamment en question et de nous engager à vivre pleinement notre consécration religieuse dans le contexte de l'Eglise et du monde d'aujourd'hui. Cela voudrait dire beaucoup de lucidité dans la prise des décisions et dans l'exercice du ministère, conversion radicale à l'Evangile et changement de vie. Tous, nous devons nous disposer à faire de tels sauts dans la foi.

Pour terminer, je m'adresse particulièrement à vous, nos confrères venus d'autres continents: Asie, Océanie, Amérique, Europe, pour vous dire qu'avec votre présence à cette session intercapitulaire, vous nous avez rendus, nous Oblats africains, encore plus fiers de nous sentir Oblats de Marie Immaculée. Ainsi nous vous redisons notre amitié et vous souhaitons la bienvenue en Afrique. Puissent les travaux de notre session intercapitulaire se dérouler sans encombres, sous la protection maternelle de la Vierge Immaculée, je vous remercie.

Retour Session intercapitulaire

Haut

© 2011 Ayaas.net: Religieux africain du troisième millénaire - Page web perso de jb musumbi, o.m.i. - Webmaster