Nous sommes le 12/12/2018 et il est 06h34 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Le temps de l'Avent

Avent 2007: route vers Noël

La fête de Noël pointe à l’horizon. L’Eglise invite les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté Chapelle CRC Johannesburgà vivre saintement le temps liturgique de l’Avent, quatre semaines pendant lesquelles ‘nous nous préparerons à commémorer dans une foi plus vive la venue du Christ parmi les hommes, lors de sa naissance à Bethléem’.

En ce premier dimanche de l’Avent, 2 décembre 07, la parole de Dieu nous aide à orienter notre effort de marcher à la lumière du Seigneur et de nous revêtir pour le combat de la lumière en rejetant les activités des ténèbres. Dans cet élan de vraie conversion, «nous ne sommes pas invités à nous soustraire au monde, mais à redécouvrir notre intériorité spirituelle, afin de nous conduire comme des fils de la lumière, des fils du jour», précise Joseph-Marie dans son homélie de ce jour.

Dans le contexte qui est le mien, où la nouvelle religiosité entraîne des foules vers des églises, le combat de la lumière exige un discernement approprié. En effet, il est impressionnant de voir élever des églises dans les différentes rues de la ville de Kinshasa. D’aucuns racontent que la recherche exaltante du salut par des miracles programmés pousse des gens à pactiser avec le diable, celui-là même qui entraîne aux activités qui ne procèdent pas d’une conscience droite. L’esprit du mal ou la sorcellerie devient plus manifeste en ville qu’à la campagne. Voilà qui explique en partie le phénomène d’enfants de la rue. Rejetés souvent par leurs propres parents, ils sont de plus en plus nombreux. Auront-ils la chance de recevoir un petit cadeau de Noël?

Et toi? Que pourras-tu faire pendant ce temps de l’Avent? Que signifie l’Avent pour toi? Une visiteuse et collaboratrice d’ayaas répond: «Pour moi l'Avent, tout comme le Carême d'ailleurs, sont des temps de joie qui nous préparent le cœur à la Bonne Nouvelle; j'ai une prédilection pour Jean-Baptiste, ce précurseur à la dent dure et à la vie fidèle en tout à la venue de ce Messie qu'il annonçait» (Denyse). Bonne période de l’Avent et à très bientôt sur le net.

Avent 2009: ce que j’espère aujourd’hui

L’entrée dans l’Avent 2009 me trouve au royaume des montagnes, le pays du Bienheureux Ntate Joseph Gérard. Le Lesotho, appelé officiellement royaume du Lesotho, est un pays d'Afrique australe, entièrement enclavé dans l'Afrique du Sud. C'est un petit pays de 30.355 km², l'équivalent de la Belgique (32.545 km²). Il correspond à l'ancien Basutoland qui est devenu indépendant en 1966 dans le cadre du Commonwealth. Environ 80% de la population active dépend de l'agriculture. Économiquement, le pays reste très dépendant de son grand voisin, l'Afrique du Sud.

Souche d'arbre en peintureChose curieuse, en cette période de l’année où il fait très chaud, plusieurs souches (d’arbre) ont un visage et une forme particulière. Quelques-unes sont à l’effigie de Jésus, celui qui doit venir, ou d’un ancien missionnaire! J’aurais voulu en savoir plus sur le symbolisme, mais je ne suis pas en mesure de communiquer convenablement avec des peintres basotho, question de langue. Je laisse simplement aller mon imagination en ce début de l’Avent. Ces peintres espèrent-ils quelque chose à travers leurs représentations? Sans doute le face à face avec le Sauveur que la terre entière attend. Mais cela fait penser aussi à la croyance aux esprits ancestraux.

Précisons, une fois de plus, qu’il existe deux sortes d’esprits dans l’imaginaire culturel de l’Africain (Afrique noire): ceux d’origine non humaine et ceux qui, après avoir été des humains, sont devenus des “esprits ancestraux”. Les esprits d’origine non humaine sont analogues aux lieux naturels. Par exemple, les esprits des bois ou les esprits de la mer. Ils peuvent être bons ou mauvais ou même avoir une nature ambivalente. Les ancêtres appartiennent à la seconde catégorie. Ils représentent le lien existant entre les vivants et le monde spirituel, et ils sont en mesure de garantir la prospérité, la santé et la fécondité de leurs descendants. En d’autres termes, «les esprits (âmes libres) des parents décédés occupent une place importante parmi les puissances de l'au-delà ».

Dans ce contexte précis, Jésus, fils de David, n’est-il pas considéré comme un ancêtre commun? Ne se sent-on pas en droit d’obtenir la rédemption des péchés par sa nouvelle venue au monde? Et qu’est-ce que j’espère moi-même aujourd’hui? Telle est la question que je me pose, à la lumière de la parole de Dieu de ce premier dimanche de l’Avent. Elle m’invite essentiellement à «relever la tête», afin d’apercevoir sa lumière qui m’attire à Lui. Je dois aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur aux multiples visages; attendre les biens promis en veillant dans la foi dynamique; rester éveillé et prier en tout temps; faire fructifier l’eucharistie par l’amour dont nous l’aimerons éternellement, un amour de plus en plus intense et débordant à l’égard de tous les hommes et de toutes les femmes de ce monde (voir 1Thessalonissiens 3:12); bref, faire de nouveaux progrès pour plaire à Dieu. Je ne saurai y arriver sans une évaluation de ma vie, sans un regard critique de ma façon de vivre la loi fondamentale qu’est l’amour.

Apprendre à mieux amer, afin de faire vivre les autres en leur fournissant tant soit peu des raisons d’espérer dans leur situation concrète d’existence, quelle lourde responsabilité dans le monde d’aujourd’hui! Parfois, je prends le risque de dire à une ou plusieurs personnes à la fois «je t’aime». J’admire les sourires qui en découlent immédiatement, comme pour dire combien le monde en a tant besoin, tout en m’étonnant de quelque incompréhension engendrée. Ce que j’espère en cette période de l’Avent, c’est de reprendre ma vie de prière joyeuse qui donne force à tout mon agir chrétien, et d’être davantage à l’écoute de ceux et celles que le Seigneur place sur mon chemin. Il me semble que mon boulot m’a éloigné de certains de mes confrères car il n’est pas facile de plaire à tout le monde: beaucoup de décisions qui s’imposent font mal. J’en suis de plus en plus convaincu depuis mon dernier séjour dans mon pays natal. L’indifférence doit bien friser ce que j’appelle ‘conflit sans cause’, ce qui est nuisible à l’épanouissement dans la vie communautaire.

J’avoue, par ailleurs, que le site ayaas m’a ouvert à un monde plus virtuel que réel, et ce monde est en quête d’un certain accompagnement spirituel, afin de «relever la tête». A dire vrai, nous nous entraidons mutuellement et je tire suffisamment profit de mes nombreuses rencontres: elles font grandir. Accepter chacun tel qu’il est, sans jugement et sans préjugé, dans le respect qu’il mérite en tant qu’image de Dieu, vaut mieux que des interrogatoires. Qu’il vienne donc, l’Emmanuel, rompre les chaînes de nos esclavages internes et externes pour plus de liberté intérieure dans nos différents choix de vie. Ainsi j’espère améliorer mes relations interpersonnelles en cultivant davantage l’amour sans ambiguïté, celui qui, fondé sur la confiance, éloigne de la peur de l’autre. Certes, «l'espérance se développe en confiance dans la grâce de Dieu qui doit nous permettre de surmonter tous les obstacles».

Je souhaite aux visiteurs et aux visiteuses d’ayaas une très bonne entrée dans cette période d’attente du Rédempteur et une très fructueuse montée vers Noël! Que le Seigneur comble vos attentes!

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