Pour
répondre comme Oblats
aux besoins de salut au Sénégal d'aujourd'hui,
La
communauté s'évangélise

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Introduction
Par le choix de ce thème combien précieux, la Délégation OMI du Sénégal
s'engage résolument sur un chemin de conversion personnelle et communautaire
en vue du rayonnement du charisme oblat, ou milieux de la mission évangélisatrice.
Or, la mission, « avant de se caractériser
par les oeuvres extérieures, consiste à rendre présent au monde le Christ
lui-même par le témoignage personnel » ( VC 72 ).
C'est donc un désir profond de conversion qui vous anime tous pour plus
d'efficacité missionnaire.
Entendons par « conversion
» le retournement vers Dieu, comme dit Madeleine Delbrêl. Selon le père
Lallemant, auteur Jésuite du XVlle siècle, il arrive ordinairement deux
conversions à la plupart de ceux qui se rendent parfaits : l'une par laquelle
ils se dévouent au service de Dieu, l'autre par laquelle ils se donnent
entièrement à la perfection. Mais en Spiritualité on parle aussi de première
conversion, quand la personne décide de considérer toute sa vie à la lumière
de la foi. Le sens de la vie change et, peu à peu la vie spirituelle prend
forme. La vocation religieuse et sacerdotale présuppose cette première
conversion. La seconde conversion, par laquelle la personne se soumet
totalement à l'action de Dieu et se propose de suivre toujours l'inspiration
divine pour parvenir à la plénitude de la vie spirituelle.
Voilà pourquoi la démarche de vouloir se convertir
personnellement et communautairement avant de prétendre oeuvrer pour le
salut du monde me paraît fondamentale. En effet, comme l'observe Gaston
Courtois, «trop
d'hommes, trop de femmes, trop de prêtres, trop de religieux à l'heure
actuelle se croient avec orgueil autorisés à réformer l'Eglise au lieu
de commencer par se réformer eux-mêmes et par former autour d'eux humblement
des disciples fidèles, non à ce qu'ils pensent, mais à ce que Jésus pense ».
Chose certaine, le désir de perfection qui vous habite correspond à l'intuition
fondatrice de notre saint Fondateur Eugène de Mazenod. «Que
doivent faire à leur tour les hommes qui veulent marcher sur les traces
de Jésus Christ (...) ? Ils doivent travailler sérieusement à devenir
des saints», aimait-il affirmer avec force
(Préface CC RR). Nous sommes
là au cœur même du radicalisme évangélique. «Vous
donc vous serez parfaits comme votre
Père céleste est parfait» (Mt 5, 48).
Certes, tous sont appelés à la sainteté mais les religieux, de par leur
consécration, s'engagent sur « un chemin
de conversion continue» (VC 109), « une voie de sainteté» (VC 106).
Telle est la motivation authentique de la vie consacrée religieuse. Nous
y allons pour tendre vers la sainteté par la perfection de l'amour.
II s'ensuit que l'efficacité de l'évangélisation
dépend en gros de la qualité de notre attachement à Jésus-Christ. Voilà
pourquoi, appelés essentiellement à aimer, à servir et à témoigner, les
religieux doivent vivre comme le Christ
(amour de ressemblance), vivre avec le Christ
(amour d'intimité), et vivre
pour le Christ (amour d'abandon). C'est seulement
à cette condition qu'à l'instar des Apôtres nous pourrions avec conviction
dire aux gens chez qui nous sommes envoyés : «Ce
que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous
avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie (...) nous
vous l'annonçons (...) pour que votre joie soit complète» (1 Jn 1, 1-4).
Telle est en fait la signification profonde
de l'évangélisation. Elle n'est autre qu'annoncer au monde l'Evangile
(Mt 28, 19 ; Mc 16, 15) et être témoin du Christ (Ac 1, 8). La communauté
qui désire s'évangéliser devrait tenir compte de ces deux aspects complémentaires
du service de l'évangélisation. En effet, comment peut-on évangéliser
sans témoigner ? et comment témoigner sans éprouver le désir d'annoncer
la Bonne Nouvelle de Jésus Christ ?
Dans mon humble partage, il s'agira d'ouvrir
quelques pistes de réflexion sur la dimension interne de la vie communautaire
(la communauté s'évangélise) tout en évitant de glisser dans sa dimension
externe (la communauté évangélise) et dans sa dynamique de croissance
(la communauté lieu de formation) quand bien même les limites restent
difficilement repérables. Loin de moi cependant la prétention de vous
proposer un discours systématique qui mettrait distinctement en lumière
les différentes approches de la vie communautaire. Je me contenterai plutôt
de vous livrer ma petite expérience de religieux Oblat de Marie Immaculée,
fruit de ce que je crois, de ce que je vois et de ce que j'entends et
apprends en exerçant mon ministère d'enseignant et d'animateur de retraites
et sessions.
En outre, mon partage se veut être un approfondissement de la réflexion
déjà amorcée dans la plaquette Religieux
africain de l'an 2000, relative aux chances de la vie religieuse
« africaine ».
II comportera trois articulations, à savoir :
-
Sens
spirituel et religieux de la vie communautaire ;
-
Communauté
lieu d'intersubjectivité et de croissance intégrale;
-
Essai
d'une dynamique de réinvention de la vie communautaire.
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