Vers une nouvelle prise
de conscience Méditation :
Lc 15, 11-32 |
| 8.1.
Défi d’une éducation aux vertus humaines |
v
Le choix responsable de la vie consacrée,
redisons-le, exige à la fois la sagesse et un effort intellectuel indispensable, ou mieux une connaissance normale
et suffisante de ce qu'on choisit[2]. v
Entendons par réflexion, "l'action de réfléchir, d'arrêter sa pensée sur quelque
chose pour l'examiner en détail... observation, critique adressée à quelqu'un"[3]. v
Au plan de la vie religieuse, la réflexion
est "la capacité de se soumettre
avec intelligence aux autres, à ce que l'un pense, décide, dit, fait...
v
L'ordre qui conduit à Dieu, disait saint Augustin,
consiste entre autres à s'imposer ou imposer une discipline en soi-même
ou autour de soi, à porter remède aux situations fâcheuses; à exprimer
sa pensée avec cohérence, etc. v
Il nous faut l'esprit de leadership, la
capacité d'organiser, de diriger et de commander quand il le faut pour
le bien de l'Église entière[4]. v
Cela suppose le temps de s'asseoir, de se concentrer, de méditer,
de penser, de lire, de doser son imagination, de calculer les risques,
etc. v
Dans la vie religieuse, c'est l'unique remède efficace contre l'impulsivité,
l'impatience, l'improvisation. v
Rien de plus déconcertant que le fait d'agir avant de réfléchir,
de travailler sans moindre planification. v
L'intuition (de intus: dedans), c'est "la saisie immédiate de la vérité sans
l'aide du raisonnement. La faculté de prévoir, de deviner". v
C'est la capacité de lire dedans les personnes, les événements, les circonstances...
sans recourir aux longs raisonnements. v
Tandis que la compréhension est "cette vertu qui me pousse à
comprendre l'autre, à lire du dedans ses exigences et ses problèmes, à
me mettre dans sa peau, à m'engager pour lui". v
Le témoignage prophétique ne peut se réaliser
valablement sans la prudence,
"l'attitude qui consiste à
peser à l'avance tous ses actes, à apercevoir les dangers qu'ils comportent
et à agir de manière à éviter tout danger, toute erreur, tout risque inutile".
v
Il ne peut non plus se réaliser sans un
véritable contrôle de soi,
la caractéristique de l'homme qui
a atteint l'auto possession. v
L'homme mature réussit à penser, aimer,
décider, vivre selon les exigences de la raison et de la foi, sans se
laisser déranger par les personnes, les choses, les circonstances, les
états d'âme, les passions. v
D'où la nécessité de former aussi à la maîtrise de soi qui se manifeste
dans la douceur que st Paul qualifie de fruit de l'Esprit (cf. Gal 5,
23). v
Une des merveilles apportées par l'évolution
du Concile Vatican II, c'est la découverte de la personne au sein de la
communauté. v
"Chaque personne en tant que créature
image de Dieu, vaut plus que tout l'univers et est digne d'estime et de
respect même si ses idées sont
fausses, même si son comportement est répréhensible". v
Le respect nous aide à ne pas sous-estimer
les autres. v
La consacrée a aussi besoin de la confiance.
Car, en pédagogie, "on ne peut pas éduquer si l'éduqué se rend compte
que l'éducateur n'a pas confiance en lui", v
Entendons par confiance "le sentiment
de sécurité de celui qui se fie à quelqu'un, à quelque chose... sans crainte
d'être trompé, sans hésiter, en toute sûreté". v
C'est la vertu qui nous pousse à nous
confier aux autres, à leur bonté, à leur possibilité de récupération.
v
Par loyauté, "test
de la valeur humaine d'une personne et du respect que cette personne a
envers les autres", l'homme
maintient la parole donnée. v
Le courage
est la vertu humaine "qui
m'aide à affronter, avec calme et sérénité, les situations difficiles
de la vie", t v
tandis que la patience "me pousse à
supporter avec grande sérénité intérieure et grand calme extérieur les
adversités qui proviennent des situations ou des personnes".
v
Le courage suppose équilibre, conviction,
constance, confiance dans ses propres idéaux, v
alors que l'impatience est symptôme d'immaturité, de vulnérabilité,
de fragilité intérieure, de non acceptation de la réalité, de non acceptation
de l'autre. v
La sincérité
consiste à ne pas dire ce qui est
faux et à ne pas se comporter faussement. v
L'ouverture consiste à ouvrir les secrets de son cœur à la personne qui mérite notre
confiance. v
Tandis que la confidence consiste à ouvrir les secrets de son cœur
à une personne à qui on se confie en profondeur. C'est la vertu des amis.
v
De la qualité de l'accueil dépend la qualité
de dialogue. v
Il ne faut jamais ignorer les trois
lois du dialogue qui sont: savoir
écouter, reconnaître l'autre comme un interlocuteur valable, et répondre
"au vrai de la demande". v
Sans cela, il est difficile de discerner
ensemble la volonté divine sur chacun. v
Mais concrètement combien savent écouter
? v
Pour y arriver, il faut écouter humblement,
patiemment, avec tout son cœur et en "renonçant à son esprit propre
et à toute théorie, sinon on n'écoute pas, mais on interprète, on transforme".
v
La discrétion consiste "à garder les confidences reçues ou à
ne pas propager, sans motif, paroles, actions ou faits dont la conscience
pourrait causer dommage chez quelqu'un". v
La simplicité suppose le sens de responsabilité
dans la communauté, l'usage de la liberté intérieure pour son vrai bien
et le bien des autres. v
Ainsi vouloir maintenir les sujets dans
la condition de minorité psychologique et morale, de manière à ne pas
parvenir à gérer leur propre vie, est une atteinte grave à la dignité
humaine. v
Le mieux serait que la formation rende la personne capable d'agir
de manière responsable en fonction de sa croissance et de celle d'autrui. v
La simplicité attire. v
Dans la personne mûre, la douceur, le beau trait, le sourire sont
l'expression spontanée d'un amour mûr, c'st-à-dire oblatif. v
Chez les responsables de communautés, l'absence de ces trois vertus
qui ont une grande valeur de témoignage ne favorise guère le rapprochement
les uns des autres. A la lumière de cette retraite, quel est l’état
de santé de ta vocation chrétienne et religieuse ? 8.2.
Vivre en personne réconciliée a)
Examen
de conscience b)
Célébration
de la réconciliation : Ap 3, 20 En quel domaine aurais-tu besoin de la miséricorde divine ? [1] Sur ce point, voir essentiellement MARTINI de, N., Qualcuno
mi ha chiamato. Teologia della vita religiosa, 3a ediz., Leumann
(Torino), 1990, p. 264-285. [2]
Cf. BOISVERT L., Le célibat
religieux, Paris, Cerf, 1990, 119. [3]
Voir le petit Larousse illustré,1990. [4]
Cf. MUSUMBI J.B., Aspirant(e)s
à la vie religieuse. Sur les traces d'Eugène de Mazenod, Kinshasa,
Baobab, 1995, p. 30. |
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24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos précieuses
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