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Etre un signe efficace d’espérance

Méditation : Jn 15, 5-17 - Jour 7

7.1. Signe et espérance
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a) Un signe

  • On appelle signe "ce qui, par rapport naturel ou par convention, fait connaître la pensée ou la volonté d’une personne, l’existences ou la vérité d’une chose”[1].
  • En d’autres termes, un signe est une réalité sensible qui renvoie à une autre réalité. Auprès de qui la voit ou l'approche, la personne consacrée signifie une grande réalité de foi.
  • Elle vit en vérité les engagements de la vie consacrée lorsque son style de vie correspond aux valeurs professées dans les vœux de religion et qu’elle fait sa part dans la mise en œuvre du projet missionnaire de son Institut.
  • Le questionnement suscité dans le cœur de ceux et celles qui l'entourent est un véritable regard vers la source de toute vie et de toute vocation chrétienne.

b) La vertu d'espérance

  • Parler de l'espérance, c'est dire la place que tient l'avenir dans la vie consacrée du peuple de Dieu, un avenir de bonheur auquel tous sont appelés (1 Tm 2, 4).
  • Ce sont la confiance en Dieu et en sa fidélité, la foi en ses promesses, qui garantissent la réalité de cet avenir (cf. He 11, 1) et qui permettent au moins d'en deviner les merveilles.
  • La participation à cet avenir indubitable reste problématique, car elle dépend d'un amour fidèle et patient qui est une exigence difficile pour une liberté pécheresse.
  • Le croyant ne peut donc absolument pas se fier à lui-même pour atteindre à cet avenir. Il ne peut que l'espérer, dans la confiance[2].
  • Par la foi l'homme trouve le chemin de la vraie vie, mais l'espérance seule l'y maintient.
  • L'espérance est donc la véritable dimension de la foi; c'est la foi en marche vers son objet, un Dieu Seigneur du futur.
  • C'est la vertu de l'homme en chemin vers la vie éternelle et qui, durant ce chemin, expérimente les difficultés de la vie et le risque de ne pas atteindre le terme désiré[3].
  • En d'autres termes: l'espérance se développe en confiance dans la grâce de Dieu qui doit nous permettre de surmonter tous les obstacles.
  • Dans notre situation africaine, la vertu d'espérance devient plus significative quand, face aux affrontements fratricides et meurtriers, face aux multiples souffrances et devant l'avenir parfois incertain, nous avons tendance à baisser les bras par découragement.
  • C'est en fait là que la personne consacrée doit devenir un signe d'espérance par son engagement concret dans l'Église, sa capacité de créer l'amour et d'inventer de nouvelles façons de vivre ou mieux de « multiplier l’amour ».

c) Signe du Christ toujours Vivant

  • La personne consacrée doit impérativement imiter trois traces du Christ si elle veut demeurer un signe efficace de sa présence permanente dans le monde.
  • D’abord la personne consacrée doit être le reflet de la sainteté du Christ. Par les vœux, la vie consacrée "imite plus fidèlement et sans cesse représente dans l’Église le genre de vie que le Fils de Dieu a embrassé, quand il est venu dans le monde pour faire la volonté du Père, et qu’il a lui-même proposé aux disciples qui l’accompagnaient” (LG 44c.)
  • Les personnes consacrées réactualisent la vérité de la chasteté du Christ, de sa pauvreté et de son obéissance dans l'Église.
  • Ce qui ne signifie nullement “une négation des valeurs inhérentes à la sexualité, au désir légitime de posséder et de décider de sa vie de manière indépendante” (VC 87.)
  • Ceux et celles qui acceptent ce genre de vie au contraire deviennent libres et plus ouverts à Dieu et au monde. (Capacité de bonnes relations).
  • Puis la personne consacrée est le reflet de l’activité caritative du Christ.
  • Grâce aux personnes consacrées l’Église manifeste le Christ soulageant les souffrances du monde, annonçant le Royaume, guérissant les blessés et nourrissant les affamés.
  • Les vœux de religion les aidant à purifier le cœur et la liberté spirituelle éveillent la ferveur de la charité (LG 46.)
  • Enfin la personne consacrée doit être le reflet de la grâce transformante.
  • Les personnes consacrées sont pour tous les chrétiens des exemples suggestifs et transformateurs de vie.
  • Leur vie spirituelle bien vécue fait grandir leur communauté chrétienne.

d) Signe de l'Église dynamique

  • L'Église étant fondamentalement communion, les personnes consacrées sont au milieu du monde une manifestation de cette unité ecclésiale, ou mieux de l'Église dans sa double charité, envers Dieu et envers le prochain.
  • Les personnes consacrées mettent tout en œuvre pour vivre leur unité de charité en entretenant des relations interpersonnelles profondes, dans la réciprocité d'amour motivé par un amour plus radical, celui pour le Christ.

e) Signe de la vie chrétienne authentique

  • Les personnes consacrées veulent être une expression particulièrement intense de la vocation commune, celle baptismale.
  • Il ne s'agit pas d'un super baptême duquel sortirait un super chrétien qu’on appellerait “personne consacrée”.
  • Mais être personne consacrée, c’est répondre pleinement aux exigences de son baptême et de sa confirmation.
  • Or, les chrétiens authentiques sont ceux que le désir de perfection habite.
  • Tout l’effort de la vie des personnes consacrées ne devrait consister qu’à cultiver les vertus qui facilitent le progrès spirituel.
  • Ainsi peuvent-elles guider spirituellement les autres chrétiens désireux de s’éloigner des “âmes médiocres”, comme le dit si admirablement Thérèse d’Avila, d’éviter le cercle de médiocrité.
  • C’est un constat de première évidence. Notre société a certainement besoin de personnes consacrées “sincères, exigeantes envers elles-mêmes, capables de se constituer en signes purs et forts”.
  • Elle voudrait surtout voir des personnes consacrées respectueuses et généreuses, capables d’accueillir l’autre dans sa liberté et sa différence, bref des hommes et des femmes aimés de Dieu et convertis.
  • "A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres”, dit Jésus à ses disciples (Jn 13, 35.) Tel est le sens profond de notre identité religieuse et missionnaire.

13e Question d’approfondissement

A la lumière de cette retraite, que dois-tu faire concrètement pour te débarrasser de tes défauts ?


[1] “Signe”, in Vocabulaire de théologie biblique, 6e éd., Paris, Cerf, 1988, col. 1230.

[2] Cf. Vocabulaire de théologie biblique, 6e éd., Paris, Cerf, col. 381.

[3] Cf. BERNARD C. A., Traité de théologie spirituelle, Paris, Cerf, 1986, p. 137.

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