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Communauté source de fidélité

Méditation : Col 3. 12-17 - Jour 6

6.2. Lieu d’intersubjectivité et de croissance
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a) L’être humain fait pour la communion

  • L’être humain, homme ou femme, est fait pour la communion et il ne peut s’accomplir que dans une relation interpersonnelle authentique.
  • De fait, en anthropologie philosophique, l’homme est un être relationnel. A l’instar de son Créateur, Amour dans la profondeur de son être, en ses trois personnes divines qui se regardent, s’ouvrent, se donnent, s’accueillent et vivent d’une seule vie (Jn 10, 30.38 ; 14, 9-10 ; 17, 20-23), l’homme en tant qu’être libre et responsable, doit créer la communion avec Dieu et avec ses semblables.
  • Sa vraie identité, c’est la communion ou la solidarité.
  • En effet, redisons-le, la communauté est le lieu où les membres vivent une profonde intersubjectivité par vocation, lieu de relations vraies, “ lieu privilégié de l’affrontement de l’autre en tant que ‘autre ‘, dans sa différence et dans sa spontanéité, capable de me mettre en question et de me révéler à moi-même en me promouvant ”[1].

b) Vivre de relations vraies

  • La vérité de la relation interpersonnelle authentique se reconnaît, d’après Laurent Boisvert, à la présence simultanée de trois éléments relatifs à soi et à l’autre : la perception, l’acceptation et l’actualisation.
  • La perception de soi et de l’autre. Une connaissance lucide et objective est indispensable à la relation vraie.
  • Cette connaissance porte d’abord sur soi, car on ne peut percevoir l’autre dans sa réalité si on est incapable de se percevoir soi-même avec objectivité.
  • Ai-je le courage de regarder mes forces et mes faiblesses ?
  • Une connaissance objective de soi rend capable de porter sur l’autre un regard lucide.
  • Mais cette perception est à la fois stimulante et souffrante.
  • Seule est libératrice la perception juste et sereine de soi et de l’autre.
  • L’acceptation de soi et de l’autre. Cette double acceptation est intimement liée : dans la mesure où on est capable de s’accepter soi-même, on devient capable d’accepter l’autre.
  • Chacune doit donc tendre à l’accueil serein de son être total.
  • Elle doit également accepter son être marqué par un passé qui, pour une large part, ne dépend pas d’elle : être né en ville ou à la campagne, dans un milieu riche ou pauvre.
  • De plus, chacune doit accueillir l’autre inconditionnellement.
  • Voilà qui fonde la capacité de vivre en communauté et la relation interpersonnelle authentique.
  • L’actualisation de soi et de l’autre. Chacune aspire à être davantage, à s’accomplir au maximum.
  • L’effort doit être orienté vers ce que chacune porte en elle et peut devenir. Si elle est heureuse de ce qu’elle peut être, satisfaite de devenir ce qu’elle est, elle actualisera ses potentialités dans la paix et la confiance.
  • Elle s’aimera tel qu’ele est et comme Dieu l’aime.
  • Elle ne cherchera pas à devenir ce que l’autre veut qu’elle soit pour échapper à ses propres différences.
  • Cette attitude à l’égard d’elle-même la rend capable d’aider l’autre à devenir ce qu’elle peut être dans sa vérité propre.
  • Agir ainsi, c’est vraiment aimer l’autre.
  • Malheureusement, “ avec les meilleures intentions, on a parfois tendance à imposer à l’autre sa propre manière de voir, ses attitudes et comportements personnels… Aider les autres à être parfaitement eux-mêmes, si différents soient-ils de nous, voilà ce que signifie les aimer. Le contraire s’appelle aliénation ou destruction ”[2].

c) Quelques causes d’incompréhension

  • Trois causes d’illusion méritent d’^tre mentionnées. 
  • La première, c’est que certains religieux pensent que la communauté est un endroit de sécurité. D’où la recherche acharnée d’une protection éphémère qui ne cultive que l’irresponsabilité.
  • La seconde, c’est que d’autres pensent que la communauté est une réponse aux intérêts personnels. D’où la course parfois aux biens matériels pour soi ou pour sa famille.
  • La troisième, enfin, c’est que d’autres encore croient que la communauté est un collectif d’uniformité et de nivellement. D’où l’obsession de se comparer aux autres, qui n’engendre que jalousie, inquiétude, complexes.
  • Trois problèmes troublent également la vie communautaire.
  • Tout d’abord la différence culturelle. Très souvent, le fait d’appartenir à différents groupes culturels ayant chacun sa façon de penser, d’agir et de concevoir les choses complique les rapports interpersonnels.
  • Ensuite, l’agressivité. Ceux qui ne se sentent pas acceptés dans la communauté tendent à tout contester, ce qui est signe de personnalité non équilibrée totalement et de profonde insatisfaction devant la fonction à exercer.
  • Et, enfin, la conflictualité. Les différences sociales et les différences des générations excitent souvent les membres d’une communauté à s’opposer les uns aux autres.
  • Un constat évident, les jeunes de nos sociétés actuelles sont en relations conflictuelles avec leurs parents et leurs aînés.
  • La modernité et la perte des croyances traditionnelles en Afrique ont suscité la crise de l’autorité.
  • En effet, “ les jeunes se trouvent à l’étroit dans les anciens cadres qui freinent ou bloquent leur désir d’épanouissement ”[3].
  • Aussi accusent-ils le passé d’être cause des malheurs du présent.
  • Voilà qui explique la tendance au refus de l’autorité.
  • Signalons, en outre, qu’il existe des conflits “ sans cause ” dans nos communautés.
  • Ces conflits, souvent produits de l’aigreur, sont fréquents là où il y a des religieux et religieuses à problèmes.
  • L’ouverture faisant défaut, il est difficile d’y envisager un quelconque remède.
  • Ce genre d’attitude est dû à plusieurs facteurs dont voici les plus importants : manque de regard de foi (conversion), manque de motivation surnaturelle, manque de sincérité, sentiment de non-appartenance, bref, manque de maturité humaine.

12e Question d’approfondissement

En toute sincérité, quels sont tes défauts et quelles sont tes qualités ?



[1] VATA Diambanza, La communauté, lieu de l’accueil mutuel. Vivre en communautés missionnaires apostoliques, Kinshasa, Saint Paul Afrique, 1991, p. 7.

[2] Cf. BOISVERT Laurent, Le célibat religieux, Paris, Cerf, 1990, 79s.

[3] de MEESTER Paul, L’Eglise d’Afrique hier et aujourd’hui, Kinshasa, St Paul Afrique, 1980, 182. Voir “ Les jeunes africains en quête de leur identité ”, in Mbegu n. 27, Lubumbashi, 1987.

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