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L’être humain fait pour la communion
- L’être
humain, homme ou femme, est fait pour la communion et il ne peut s’accomplir
que dans une relation interpersonnelle authentique.
- De
fait, en anthropologie philosophique, l’homme est un être relationnel.
A l’instar de son Créateur, Amour dans la profondeur de son être, en
ses trois personnes divines qui se regardent, s’ouvrent, se donnent,
s’accueillent et vivent d’une seule vie (Jn 10, 30.38 ; 14, 9-10 ;
17, 20-23), l’homme en tant qu’être libre et responsable, doit créer
la communion avec Dieu et avec ses semblables.
- Sa
vraie identité, c’est la communion ou la solidarité.
- En
effet, redisons-le, la communauté est le lieu où les membres vivent
une profonde intersubjectivité par vocation, lieu de relations vraies,
“ lieu privilégié de l’affrontement de l’autre en tant que ‘autre ‘,
dans sa différence et dans sa spontanéité, capable de me mettre en question
et de me révéler à moi-même en me promouvant ”.
b) Vivre
de relations vraies
- La
vérité de la relation interpersonnelle authentique se reconnaît, d’après
Laurent Boisvert, à la présence simultanée de trois éléments relatifs
à soi et à l’autre : la perception, l’acceptation et l’actualisation.
- La
perception de soi et de l’autre. Une
connaissance lucide et objective est indispensable à la relation vraie.
- Cette
connaissance porte d’abord sur soi, car on ne peut percevoir l’autre
dans sa réalité si on est incapable de se percevoir soi-même avec objectivité.
- Ai-je
le courage de regarder mes forces et mes faiblesses ?
- Une
connaissance objective de soi rend capable de porter sur l’autre un
regard lucide.
- Mais
cette perception est à la fois stimulante et souffrante.
- Seule
est libératrice la perception juste et sereine de soi et de l’autre.
- L’acceptation
de soi et de l’autre. Cette double acceptation
est intimement liée : dans la mesure où on est capable de s’accepter
soi-même, on devient capable d’accepter l’autre.
- Chacune
doit donc tendre à l’accueil serein de son être total.
- Elle
doit également accepter son être marqué par un passé qui, pour une large
part, ne dépend pas d’elle : être né en ville ou à la campagne,
dans un milieu riche ou pauvre.
- De
plus, chacune doit accueillir l’autre inconditionnellement.
- Voilà
qui fonde la capacité de vivre en communauté et la relation interpersonnelle
authentique.
- L’actualisation
de soi et de l’autre. Chacune aspire à
être davantage, à s’accomplir au maximum.
- L’effort
doit être orienté vers ce que chacune porte en elle et peut devenir.
Si elle est heureuse de ce qu’elle peut être, satisfaite de devenir
ce qu’elle est, elle actualisera ses potentialités dans la paix et la
confiance.
- Elle s’aimera
tel qu’ele est et comme Dieu l’aime.
- Elle ne cherchera
pas à devenir ce que l’autre veut qu’elle soit pour échapper à ses propres
différences.
- Cette
attitude à l’égard d’elle-même la rend capable d’aider l’autre à devenir
ce qu’elle peut être dans sa vérité propre.
- Agir
ainsi, c’est vraiment aimer l’autre.
- Malheureusement,
“ avec les meilleures intentions, on a parfois tendance à imposer
à l’autre sa propre manière de voir, ses attitudes et comportements
personnels… Aider les autres à être parfaitement eux-mêmes, si différents
soient-ils de nous, voilà ce que signifie les aimer. Le contraire s’appelle
aliénation ou destruction ”.
c) Quelques
causes d’incompréhension
- Trois
causes d’illusion méritent d’^tre mentionnées.
- La
première, c’est que certains religieux pensent que la communauté est
un endroit de sécurité. D’où la recherche acharnée d’une protection
éphémère qui ne cultive que l’irresponsabilité.
- La
seconde, c’est que d’autres pensent que la communauté est une réponse
aux intérêts personnels. D’où la course parfois aux biens matériels
pour soi ou pour sa famille.
- La
troisième, enfin, c’est que d’autres encore croient que la communauté
est un collectif d’uniformité et de nivellement. D’où l’obsession
de se comparer aux autres, qui n’engendre que jalousie, inquiétude,
complexes.
- Trois
problèmes troublent également la vie communautaire.
- Tout
d’abord la différence culturelle. Très souvent, le fait d’appartenir
à différents groupes culturels ayant chacun sa façon de penser, d’agir
et de concevoir les choses complique les rapports interpersonnels.
- Ensuite,
l’agressivité. Ceux qui ne se sentent pas acceptés dans la communauté
tendent à tout contester, ce qui est signe de personnalité non équilibrée
totalement et de profonde insatisfaction devant la fonction à exercer.
- Et,
enfin, la conflictualité. Les différences sociales et les différences
des générations excitent souvent les membres d’une communauté à s’opposer
les uns aux autres.
- Un
constat évident, les jeunes de nos sociétés actuelles sont en relations
conflictuelles avec leurs parents et leurs aînés.
- La
modernité et la perte des croyances traditionnelles en Afrique ont suscité
la crise de l’autorité.
- En
effet, “ les jeunes se trouvent à l’étroit dans les anciens cadres
qui freinent ou bloquent leur désir d’épanouissement ”.
- Aussi
accusent-ils le passé d’être cause des malheurs du présent.
- Voilà
qui explique la tendance au refus de l’autorité.
- Signalons,
en outre, qu’il existe des conflits “ sans cause ”
dans nos communautés.
- Ces
conflits, souvent produits de l’aigreur, sont fréquents là où il y a
des religieux et religieuses à problèmes.
- L’ouverture
faisant défaut, il est difficile d’y envisager un quelconque remède.
- Ce
genre d’attitude est dû à plusieurs facteurs dont voici les plus
importants : manque de regard de foi (conversion), manque de motivation
surnaturelle, manque de sincérité, sentiment de non-appartenance, bref,
manque de maturité humaine.
12e
Question d’approfondissement
En toute sincérité, quels sont tes défauts et
quelles sont tes qualités ?
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