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Communauté source de fidélité

Méditation : Col 3. 12-17 - Jour 6

6.1. Sens spirituel et religieux de la communauté
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a) Evolution depuis Vatican II

  • Il y a trois étapes de l'histoire récente de la communauté religieuse.
  • La première étape est représentée par la découverte de la personne au sein de la communauté.
  • La seconde étape commence à partir de 1968 avec intérêt à la communauté en tant qu'elle est fraternelle, un projet évangélique, lieu de partage de la foi, comme espace possible mais exigeant vécu dans la fatigue et l'espérance.
  • La troisième étape, enfin, est marquée par la découverte de la réalité du monde et de ses problèmes et du lien entre communauté et monde des hommes[1].
  • Bref, on est passé d'une communauté d'observances à une communauté de communion.

b) Signification

  • La communauté se présente comme un don que Dieu nous fait, une bonne nouvelle pour l’Eglise et le monde, une mission pour les personnes consacrées, un lieu de croissance intégrale, à condition de se construire sur le Christ et que la prière imprègne sa vie, qu’il y ait partage de la foi et de la vie, un style de vie simple conformément aux vœux de religion, la vie de pardon et de réconciliation[2].
  • Une communauté chrétienne authentique sous-entend les trois effets du baptême, à savoir : unir totalement la personne au Christ, l’insérer dans l’immense assemblée de fidèles qu’est l’Eglise (unité), et la faire participer activement à la mission de l’Eglise.
  • Cela suppose la foi, l’espérance (joie) et la charité.
  • La vie spirituelle[3] provient de Dieu, elle est reçue dans la foi et elle se manifeste dans l’amour et dans la joie.
  • Cadre par excellence du radicalisme évangélique : le renoncement à soi, le portement de la croix et la sequela Christi (Mc 8, 34).
  • Lieu caractérisé par “ l’être-ensemble ” au nom de Jésus-Christ : d’où l’engagement par vœux. Ceci n’est possible que pour qui se sent appelé ou qui a réellement la vocation.
  • D’inspiration évangélique. “ Qu’ils soient un come Toi, Père, Tu es en moi… pour que le monde croie que tu m’as envoyé ” (Jn 17, 21).
  • La communauté religieuse doit se distinguer par la fraternité, l’accueil, la communication, l’amitié, le dialogue, l’égalité, la mobilité.
  • N.B. La profession religieuse est leur réponse à l’amour du Christ. Leur fidélité à cette consécration entraînera les croyants à vivre les exigences de leur vocation chrétienne et à désirer les biens du ciel.
  • Lieu de communion fraternelle. La communauté de communion est celle caractérisée par l’authenticité des rapports humains, les partages de la foi (prière, eucharistie…)[4].
  • En effet, “ le climat de charité fraternelle engendre la sincérité, l’ouverture, la confiance, le sens de l’amitié, le sens de responsabilité ”.
  • Et  puisque l’Eglise est essentiellement communion, les religieux veulent être une réalisation particulièrement intense de l’Eglise[5].
  • Dans ce sens, la communauté religieuse est un signe particulièrement intense et permanent de cette communion ecclésiale, basée sur la Trinité.
  • Aussi devient-elle, d’après Fabio Ciardi, un signe d’espérance pour l’Eglise et pour le monde, une tâche et un engagement pour les religieux[6].
  • Voilà pourquoi nous disons avec Jean Vanier “ une communauté n’est une communauté que quand la majorité des membres est en train de faire le passage de la ‘communauté pour moi’ à ‘moi pour la communauté’ ”[7].

c) Quelques conditions de la charité

  • L’Eucharistie. La participation authentique à l’Eucharistie est un signe d’unité, une réalisation d’unité et un appel à l’approfondissement de l’unité.
  • La Prière. Là où les religieux ne prient pas sérieusement jamais on n’aura la charité authentique.
  • Le respect des personnes. La personne humaine vaut plus que tout l’univers, que les idées, les opinions.
  • La disponibilité à la croix. Jésus a réalisé l’unité entre Dieu et les hommes en mourant sur la croix. La charité sans sacrifice est illusion. L’unité est donc fruit de la croix, la croix de l’acceptation de l’autre, de sacrifier ses opinions.
  • Aide de l’accompagnement spirituel.
  • Le courage de commencer. Sans attendre l’autre, il faut le courage de commencer, de faire le premier pas sur le chemin de réconciliation.
  • Le courage de continuer. Il ne suffit pas de commencer. Il faut en outre persévérer dans l’élan du bien, sans jamais s’arrêter en chemin[8].

d) « Recommence »

  • Qu’il me soit permis de citer ce texte d’auteur inconnu :
  • « Recommence. Même si tu sens la fatigue, même si le triomphe t’abandonne, même si une erreur te fait mal, même si une trahison te blesse, même si la douleur te brûle les yeux, même si l’on ignore tes efforts, même si l’ingratitude en est le prix, même si l’incompréhension coupe ton rire, même si tout a l’air de rien, recommence. »

11e Question d’approfondissement

Ta communauté est-elle une source de joie ou de souffrance pour toi ? Pourquoi ?


[1] Cf. SECONDIN B, "Comunità religiosa et comunità ecclesiale", 49-51.

[2] Evangéliser les pauvres à l’aube du troisième millénaire. Actes du 33e Chapitre général, 1998, n. 27-28.

[3] La vie spirituelle est “ un itinéraire de fidélité croissante, où la personne consacrée est conduite par l’Esprit et configurée par lui au Christ, en pleine communion d’amour et de service dans l’Eglise ” (VC 93).

[4] Cf. de COUESNONGLE V., “ Communauté de vie ”, in DVSp, Paris, Cerf, 1987, p. 152-161.

[5] Cf. de  MARTINI Nicola, Qualcuno mi ha chiamto, 3a ediz., Leumann (Torino), Elle Di Ci, 1990, p. 211-233.

[6] Cf. CIARDI Fabio, “ La communauté religieuse , signe d’espérance ”, in Vie Oblate Life, F161-162.

[7] VANIER Jean, La communauté, lieu du pardon et de la fête, Paris, Fleurus, 1979, p. 11.

[8] Cf. de COUESNONGLE V., Op. cit.

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