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Fidélité à l’obéissance religieuse

Méditation : Mc 12, 28b-34 - Jour 5

5.1. Obéissance comme une démarche personnelle
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a) Historique : principales formes d’obéissance

  • Absence d’obéissance dans le premier monastère,
  • obéissance comme renoncement,
  • obéissance comme charité,
  • obéissance comme écoute et
  • obéissance en fonction de la mission apostolique.

b) Signification

  • L'obéissance religieuse est un mode particulier de vivre l'obéissance chrétienne, la recherche perpétuelle de la volonté de Dieu.
  • Mais quelle est la particularité de l'obéissance religieuse face à l'obéissance chrétienne?
  • À l'origine de l'autorité et de l'obéissance religieuse nous trouvons la communion de charisme et de vie, la fraternité pneumatique.
  • De fait, à l'origine du groupe il y a l'appel de Dieu à vivre en communion le charisme en Église en développant un de ses aspects.
  • Dans le service vers l'intérieur et vers l'extérieur se vit un rapport d'autorité et d'obéissance envers Dieu.
  • Autorité et obéissance sont deux éléments complémentaires de la même participation de tous les appelés dans le même mystère du Christ.
  • L'autorité et l'obéissance sont deux services en faveur de la communion (charité): les uns servent en commandant, les autres en obéissant.
  • Et chacun est pour l'autre présence de Dieu (dans une relation réciproque).
  • La spécificité de l'obéissance religieuse doit être cherchée dans le type de médiation avec laquelle la religieuse se sent appelée par l'Esprit à chercher et à accomplir la volonté de Dieu, et au concret dans la vie commune et dans la lecture de l'évangile.
  • La religieuse se sent appelée à scruter, à discerner et à vivre la volonté du Père tout comme les autres chrétiens.
  • Voilà pourquoi dans l'obéissance religieuse plus que du renoncement à la propre volonté, c'est un renoncement à la solitude, afin de vivre en communion avec les frères et sœurs que Dieu met à ma disposition pour découvrir ensemble sa volonté.
  • Ma vie et ma volonté appartiennent aussi aux autres frères et sœurs.
  • Ainsi, l'obéissance comme "conseil" ne naît pas de l'autorité, mais vient quand les appelés se mettent d'accord pour vivre en communion.
  • C'est la communion qui donne naissance à l'obéissance.
  • Dans la Tradition, la conception de l’autorité « représentant de Dieu », s'appuie sur la parole "qui vous écoute m'écoute..." (Lc 10, 16).
  • Par conséquent, la responsable religieuse ne peut pas faire n'importe quoi de son désir parce qu'elle est autorité obéissante, guidée par la Constitution, le charisme, le Chapitre.

c) Obéissance comme démarche personnelle

  • Dans la mentalité africaine, “l'obéissance est moins une démarche personnelle qu'une obligation sociale qu'on ne discute pas”[1].
  • Les structures claniques et les initiations traditionnelles font que le jeune homme ou la jeune fille soit contraint d'obéir parce qu'il le faut, parce qu'il faut honorer la famille par sa bonne conduite même quand on ignore ce pourquoi on doit vraiment obéir.
  • Le formalisme est la conséquence immédiate d'une telle situation.
  • L'obéissance comme démarche personnelle doit être motivée par la docilité à Dieu par sa parole.
  • Chacune devrait se dire j'obéis à Dieu et non pas aux hommes et aux femmes de ce monde.
  • Même quand elle est seule, elle sentira le besoin de se conformer à la volonté de Dieu sans chercher à plaire à quelqu'un d’autre. 
  • La soumission à une supérieure n'est qu'un aspect ou un élément de l'obéissance qui, au sens profond, consiste à répondre à l'appel que Dieu adresse à chaque individu : “Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il renonce à lui-même” (Lc 9, 23).
  • Pour cultiver ce genre d'obéissance, les communautés religieuses devraient souvent briser certaines structures, tel l'horaire de sorte que chacun des membres se conduise en toute conscience religieuse, sans être obligé par le son de la cloche.
  • Le danger de grandes structures, c'est qu'en finissant la formation initiale on se dit "ouf!" s'en est fini ! On peut enfin respirer... Il s'ensuit le laisser-aller.
  • La religieuse doit développer davantage la confiance en celles que Dieu met à sa disposition dans le but de discerner ensemble la volonté divine sur son projet de vie.
  • Elle doit obéir effectivement en évitant le formalisme et l’hypocrisie, ou mieux les tendances tribaliste, régionaliste ou raciste.
  • Mais pourquoi certaines personnes deviennent-elles désobéissantes comme si la vertu d'obéissance était inexistante dans la mentalité africaine ?
  • Les réponses sont à chercher tant du côté de l'autorité que du côté du sujet[2].

d) Désobéissance par rapport à l’exercice de l’autorité

  • La désobéissance arrive surtout quand il n'y a pas de dialogue constructif ou quand le dialogue ne change rien,
  • quand l'autorité ne tient pas à sa parole ou cultive des injustices en choyant certaines personnes au point de fermer les yeux sur leur mal,
  • quand elle exerce un certain néocolonialisme et quand elle n'a pas le sens du respect envers la personne humaine,
  • bref quand l’autorité n’est pas “compétente” (sens du leadership).

e) Désobéissance par rapport à la pratique de la vertu

  • La désobéissance arrive surtout quand la religieuse a perdu l'esprit d'abnégation qui aide à faire taire en soi la voix des passions et celle de la volonté propre (cf. Lc 9, 23);
  • quand elle ignore ce pourquoi elle est entrée en religion et se laisse influencer par les tendances négatives de la société,
  • bref quand la religieuse manque de motivation surnaturelle.
  • En effet, nombreuses sont les personnes consacrées qui pensent que la démocratie supprime ou remplace leurs Constitutions voire l’Evangile.
  • La vocation, redisons-le, suppose l'esprit de foi, l'engagement d'amour et l'esprit de sacrifice.
  • L'obéissance n'est pas de faire ce qu'on aime mais ce qui est demandé par le Seigneur à travers les responsables. Le dialogue doit éclairer la décision à prendre et non pas faire ce que nous voulons.

9e Question d’approfondissement

Quelle est la qualité de ton obéissance religieuse ?


[1] “Vie religieuse et réalités africaines”, Rapport de la réunion (ASUMA), tenue à Manresa (Kinshasa) les 25, 26 et 27 février 1966, ibid., p. 78.

[2] Voir MUSUMBI Jean Bosco, Op. cit., pp. 31-33.

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