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Fidélité à la pauvreté libératrice

Méditation : Mc 6, 30-44 - Jour 4

4.2. Pauvreté et famille africaine
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a) Constat

  • La pratique du vœu de pauvreté, avouons-le sans ambages, est la plus grande cause de frustrations chez bon nombre de religieux négro-africains, motif de refroidissement des relations interpersonnelles dans la vie communautaire.
  • Faut-il aider ou non sa famille dans le besoin ?
  • Dans l'Évangile Jésus fait de vifs reproches aux pharisiens qui, au lieu d'aider leurs parents, prétendent donner la dîme au temple. Nous sommes confrontés à ce genre de problèmes, observe le Père Matungulu Otene[1].
  • Bon nombre de nos familles connaissent une pauvreté qui frise la misère. Et notre vœu de pauvreté est loin de les convaincre, car aux yeux de bien des gens, ne sommes-nous pas des riches qui font semblant de mener une vie pauvre ?
  • Comment dès lors vivre la pauvreté lorsque nous voyons la misère de ceux qui sont souvent la chair de notre chair, la vie de notre vie ?  (Mc 7, 9-13).
  • Dirons-nous donc que le religieux ou la religieuse, en faisant vœu de pauvreté acquiert le droit de ne plus se soucier de ses parents surtout quand ils croupissent dans la misère ? N'y a-t-il pas hypocrisie?
  • Il n'est pas juste non plus de s'obstiner dans l'idée que tous les problèmes de notre famille trouvent solution dans la communauté.
  • La pauvreté n'est pas misère, mais le vœu de pauvreté ne dit pas confort non plus; il exige un esprit de sacrifice et un style de vie simple.

b) Œuvrer pour le développement de l’Afrique

  • La pratique du vœu de pauvreté pose surtout problème face à ceux qui voudraient dépendre de nous.
  • En effet, mis à part l'égoïsme personnel, la pauvreté religieuse devient difficile en Afrique à cause de nos familles (au sens africain). Leur situation matérielle nous conditionne.
  • Comment se débarrasser du parasitisme africain ?
  • Puisque “la pauvreté évoque en Afrique une sous-humanité, une situation de permanente carence et humiliante privation qu'il importe de quitter”[2], nous pensons que l'Afrique a besoin de développement.
  • Puisque la pauvreté religieuse ne nous ferme pas sur nous-mêmes, elle nous ouvre nécessairement à nos populations aux conditions vitales dérisoires. Il nous semble que la meilleure façon de vivre le vœu de pauvreté soit l'engagement concret à sortir notre peuple de la pauvreté tant matérielle que spirituelle.
  • En effet, nos familles ont besoin de sortir de leur situation précaire pour une vie meilleure.
  • Les religieux et religieuses doivent apprendre davantage à “se prendre en charge”, à travailler de leurs mains pour se nourrir.
  • Et combien de fois n'abusons-nous pas de la bonne volonté des chrétiens en leur faisant perdre du temps par de longues célébrations liturgiques, des veillées de prières sans fruits, des réunions paroissiales stériles et des devoirs à domicile qui n'ont d'autre finalité que l'occupation inutile ?
  • Il y a à craindre de cultiver sans cesse la paresse.
  • Puisque la pauvreté, c'est aussi savoir partager ce qu'on possède avec ceux qui sont dans le besoin, nous devons mettre toute notre intelligence et notre savoir-faire au service de nos frères et sœurs.

8e Question d’approfondissement

Es-tu une religieuse heureuse ?


[1] Voir MATUNGULU Otene, Être avec le Christ chaste, pauvre, obéissant. Essai d'une spiritualité bantu des vœux, Kinshasa, saint Paul Afrique, 1983, pp. 54-61.

[2] METENA M'nteba, "La pauvreté religieuse en Afrique : une bienheureuse inconséquence ?", in Telema, n° 29, 1982, p. 9.

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