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a)
Constat
- Depuis
quelques années, constate Yves Raguin dans « Chasteté et amitié »,
(1977), le nombre d'hommes et de femmes consacrés à Dieu qui s'engagent
dans de profondes amitiés augmente de plus en plus. Ils découvrent qu'ils
sont toujours hommes et femmes et ne peuvent vivre sans amitié et sans
amour.
- Nombreux
sont ceux qui vivent leur célibat à contrecœur en se permettant des
compromissions occasionnelles ; et nombreux sans doute aussi ceux
qui ont choisi ce qu'ils appellent la "troisième voie", une
vie quasi-conjugale qui n'est ni la voie de la chasteté totale ni celle
du mariage.
- Beaucoup
par contre vivent un célibat sans aucune compromission, mais qui les
ferme et les rend incapables d'aimer.
- D'autres
enfin, vivent leur vie consacrée dans la joie. Certains parmi eux ont
peu à peu développé des amitiés soit avec des personnes de même sexe
soit avec des personnes de l'autre sexe. Ces amitiés loin d'être contraires
à la chasteté, en sont l'expression et permettent l'épanouissement d'un
amour du Seigneur qui aurait été impossible sans elles.
- Le
problème surgit dans l'amitié quand se fait jour un sentiment plus profond
qui commence à créer un lien affectif.
- Une
telle amitié peut être tout à fait dégagée de sensuel, mais elle peut
aussi demander des manifestations d'affection qui la rendent moins libre.
C'est ici que doit intervenir la chasteté.
- Nous
rêvons parfois d'être des anges et d'aimer comme des anges. C'est un
rêve qu'il faut bien vite chasser. Quand nous aimons, tout notre être
est ému.
- Et
pourtant, il est possible de vivre dans le célibat de grandes amitiés,
dans une totale chasteté. Par ex. François de Sales et Jeanne de Chantal
et tant d'autres dont on parle moins.
- Dans
ce contexte, est chaste non
pas la personne qui ne sait pas aimer, mais celle dont l'amour est tout
libéré du charnel, de l'attachement sensuel et de l'égoïsme ; celle
qui aime l'autre comme une personne, et non comme une possession, objet
de plaisir ou de domination.
- Et
pourtant il faut rester prudent,
car celui que nous appelons l'ange de lumière (ou le démon de midi)
peut nous faire croire que la chair est devenue pour nous sans danger.
b) Amitié privilégiée
- Elle
peut être possible. Selon Xavier Thévenot, dans Repères
éthiques pour un monde nouveau (1985), elle signifie « un lien
affectif fondé sur la sympathie qui pousse à une communion profonde,
tant dans le domaine des idées que dans celui des sentiments, et qui
se traduit par une réciprocité réelle des confidences sur soi-même.
Dans un tel lien, l’autre est objet d’attention privilégiée et source
spécifique de joies et de préoccupations. De plus, les partenaires d’une
telle amitié sentent que la force du désir sexuel n’est jamais totalement
absente, même si elle est maîtrisée. »
- Comme
toute autre réalité humaine, les amitiés privilégiées sont chargées
d’ambigüité. Il arrive qu’elles soient surtout symptômes et occasions
d’aliénation. C’est le cas si l’amitié s’installe dans une sorte
de troisième voie entre le mariage et le célibat.
- Il
arrive aussi qu’une amitié privilégiée représente une infidélité
profonde bien qu’elle soit vécue dans une continence parfaite. Mais
il est vrai aussi que certaines amitiés fortes s’accompagnent d’un processus
libérateur de maturation des personnes.
c) Sens de responsabilité
- Etre vrai avec soi-même.
Il faut le courage de regarder la réalité en face et de s’ouvrir à quelqu’un
de compétent qui aidera à faire la lumière. Cela s’appelle opération vérité.
- Exercer sa responsabilité quant aux gestes.
Un geste de tendresse engage en général plus qu’une simple parole, surtout
si ce geste est précédé de paroles affectueuses réciproques.
- Vivre une certaine ascèse.
Aimer conformément à l’Evangile exige toujours une certaine ascèse,
une expérience de ruptures.
Quand l’amitié menace la fidélité
à Dieu, il faut utiliser
des ciseaux pour l’arrêter, comme disait s. François de Sales.
- La
décision de rupture suppose un équilibre humain suffisant de chaque
personne qui permet d’affronter l’expérience crucifiante de la séparation.
d) Manques de chasteté
- La
chasteté exigée à tous consiste à assumer une position libre et responsable
devant sa propre sexualité, en la mettant au service d'un amour ordonné
de soi, du prochain et de Dieu.
- Le
critère d'évaluation des désordres moraux est toujours la valeur de
l'amour qui exige le respect de soi et de l’autre, selon la loi naturelle
et selon la foi.
- La
morale chrétienne n'admet pas les rapports sexuels prénuptiaux et extra-matrimoniaux.
- Deux
désordres moraux que la culture d'aujourd'hui voudrait faire croire
qu’ils sont naturels : l'autoérotisme ou la masturbation (propre
à l’adolescence) et l’homosexualité ou le lesbianisme, le saphisme.
e) Idéal
détourné
Il
me semble que beaucoup de religieuses congolaises qui vont vers la vie
consacrée avec un idéal de vie sont victimes de deux situations :
- Idéal déformé par la mauvaise conduite
de certaines aînées.
- Idéal détourné par l’influence négative
de certains ministres de Dieu.
6e
Question d’approfondissement
« Elle
bannira toute relation incompatible avec son état de vie » (c25).
Que pourrais-tu faire davantage pour que tes amitiés favorisent la fidélité
à ton engagement religieux ?
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