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Etre une religieuse responsable

Méditation : LC 24, 13-35 - Jour 2

2.1. Défi d’une expérience de Dieu
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a) Sens de responsabilité

  • Le sens de responsabilité d’une religieuse se vérifie dans sa capacité de vivre une vie consacrée authentique.
  • Cela ne signifie pas qu’elle la vive sans difficulté ni combats, sans blessures ni défaites, mais parce qu'elle l'harmonise avec son être, son projet de vie.
  • Choisir la vie consacrée avec responsabilité suppose trois conditions: avoir la maturité psychologique et affective; avoir une sérieuse expérience de Dieu; avoir une connaissance normale et suffisante de ce qu'on choisit[1].
  • L’effort intellectuel est indispensable pour la compréhension de ses propres engagements dans l’Eglise.
  • Bref, l’esprit de foi se vérifie par la capacité d’être attentif aux signes des temps et aux appels de Dieu qui sont contenus dans les événements de la vie.

b) Consécration

  • De par sa consécration, la religieuse est appelée à une triple mission : Aimer, Servir et Témoigner.
  • La fidélité à son engagement signifie surtout fidélité à cette triple mission.
  • Par essence, "consacrer" (rendu sacré, saint, oint) est un acte réservé à Dieu et à sa libre initiative. Dieu appelle et met à part une personne ou un groupe de son choix.
  • Ainsi, établie dans une relation privilégiée, la personne s'efforce désormais pour Celui à qui elle appartient.
  • De fait, au fond de la notion de consécration se trouve celle d'appartenance stricte à Dieu en vue de son service d'amour[2].
  • Dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium, le Concile Vatican II utilise le terme consécration dans le sens constant de "donation intégrale de soi".
  • La consécration religieuse exige une vie réellement consacrée dans la liberté et l'amour intense en acte et en vérité.
  • Aussi la consécration est-elle vécue comme une "sequela Christi" qui s'exprime en un triple amour: suivre le Christ chaste, pauvre et obéissant.
  • Par ce dépouillement, la personne consacrée a tout donné au Seigneur à qui elle appartient;  elle ne dispose plus de sa vie comme elle le veut.
  • Comme dit Cantalamessa, “nous ne nous appartenons plus, nous appartenons au Seigneur; c’est pourquoi nous ne pouvons plus disposer de notre corps selon notre bon vouloir, pour une satisfaction qui est une fin en soi. Cela est une profanation du temple de Dieu, c’est une “désacralisation”, le contraire exact de la consécration”.

c) Identité profonde de l’être religieux

  • De par sa consécration, la religieuse est appelée à une triple mission : Aimer, Servir et Témoigner.
  • La fidélité à son engagement signifie surtout fidélité à cette triple mission.

d) Témoin

  • “L’homme contemporain croit plus les témoins que les maîtres, l’expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories” (RM, 42).
  • Le concept de consécration se comprend mieux dans son lien avec celui de témoin.
  • Dans le christianisme le témoin atteste par sa vie que le Christ est venu et il est ressuscité.
  • En effet, le témoin est la personne qui a fait l'expérience de Dieu.
  • Le témoin a été bouleversé par cette expérience et il sent le besoin irrésistible d'annoncer son expérience de Dieu aux autres;
  • il réussit avec une puissance humainement inexplicable à bouleverser et à susciter la conversion des autres, l’adhésion à la foi chrétienne.
  • Témoin fidèle par excellence, fondement de toute consécration, Jésus est venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité (Jn 18, 37).
  • En effet, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu auprès du Père (Jn 3, 32), et il témoigne de ce qu’il est lui-même: la lumière du monde (Jn 8, 12-14).

e) Notion d’expérience de Dieu

  • Qui oserait s'engager dans la vie consacrée dite vie mystique sans désirer vivre l'union à Dieu?
  • La rencontre est tellement merveilleuse, béatifiante et même séduisante que la personne qui en fait l’expérience en sort bien enrichie au point qu’elle ne peut la garder pour soi-même.
  • Il n’y a d’authentique rencontre avec Jésus que là où l’on accepte, après coup, de l’annoncer.
  • Ainsi Philippe à Nathanaël : “Celui de qui il est écrit dans la loi de Moïse et dans les prophètes, nous l’avons trouvé” (Jn 1, 45).
  • Et la Samaritaine aux gens de son village: “Venez donc voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait” (Jn 4, 29).
  • Le chrétien authentique est la personne convertie, qui ne se contente pas uniquement de l’éducation inculquée, mais qui est capable de décision personnelle pour le Christ, qui sait faire le don personnel de soi au Christ.
  • Selon Mülhen, en effet, “tu deviens chrétien d’une manière tout à fait décisive et en dernière analyse seulement par la conversion personnelle au Christ et par l’expérience de sa présence réelle dans la vie”[3].
  • Dans cette optique l’expérience de Dieu se conçoit comme une connaissance en raison d’une rencontre personnelle, comme l’exprime si bien Job : “Je ne te connaissais que par ouï-dire, maintenant, mes yeux t’ont vu” (42, 5).
  • Somme toute, l’expérience de Dieu ou expérience spirituelle est liée aux verbes ENTENDRE et VOIR. On ajouterait même TEMOIGNER.
  • S. Jean le dit : “Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous” (1 Jn 1, 3).

3e Question d’approfondissement

En quoi ta vocation est-elle un choix libre et responsable ?

 



[1] Laurent Boisvert (Cf. Le célibat religieux, 1990, p. 119s).

[2] Cf. CANTALAMESSA R., La sobre ivresse de l’Esprit, t. 1, Paris, Desclée de Brouwer, 1995, p. 87-101.

[3] MÜLHEN H., “Vous recevrez le don du Saint Esprit”. Le renouveau spirituel, ibid., p. 38.

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