| a) Sens de responsabilité
- Le
sens de responsabilité d’une religieuse se vérifie dans sa capacité
de vivre une vie consacrée
authentique.
- Cela
ne signifie pas qu’elle la vive sans difficulté ni combats, sans blessures
ni défaites, mais parce qu'elle
l'harmonise avec son être, son projet de vie.
- Choisir
la vie consacrée avec responsabilité suppose trois conditions: avoir
la maturité psychologique et affective; avoir une sérieuse expérience
de Dieu; avoir une connaissance normale et suffisante de ce qu'on choisit.
- L’effort
intellectuel est indispensable pour la compréhension de ses propres
engagements dans l’Eglise.
- Bref,
l’esprit de foi se vérifie par la capacité d’être attentif aux signes
des temps et aux appels de Dieu qui sont contenus dans les événements
de la vie.
b) Consécration
- De
par sa consécration, la religieuse est appelée à une triple mission :
Aimer, Servir et Témoigner.
- La
fidélité à son engagement signifie surtout fidélité à cette triple mission.
- Par
essence, "consacrer" (rendu sacré, saint, oint) est un acte
réservé à Dieu et à sa libre initiative. Dieu appelle et met à part
une personne ou un groupe de son choix.
- Ainsi,
établie dans une relation privilégiée, la personne s'efforce désormais
pour Celui à qui elle appartient.
- De
fait, au fond de la notion de consécration se trouve celle d'appartenance
stricte à Dieu en vue de son service d'amour.
- Dans
la Constitution dogmatique Lumen
Gentium, le Concile Vatican II utilise le terme consécration
dans le sens constant de "donation
intégrale de soi".
- La
consécration religieuse exige une vie réellement consacrée dans la liberté
et l'amour intense en acte et en vérité.
- Aussi
la consécration est-elle vécue comme une "sequela
Christi" qui s'exprime en un triple amour: suivre le Christ
chaste, pauvre et obéissant.
- Par
ce dépouillement, la personne consacrée a tout donné au Seigneur à qui
elle appartient; elle ne
dispose plus de sa vie comme elle le veut.
- Comme
dit Cantalamessa, “nous ne nous appartenons plus, nous appartenons au
Seigneur; c’est pourquoi nous ne pouvons plus disposer de notre corps
selon notre bon vouloir, pour une satisfaction qui est une fin en soi.
Cela est une profanation du temple de Dieu, c’est une “désacralisation”,
le contraire exact de la consécration”.
c) Identité profonde de l’être religieux
- De
par sa consécration, la religieuse est appelée à une triple mission :
Aimer, Servir et Témoigner.
- La
fidélité à son engagement signifie surtout fidélité à cette triple mission.
d) Témoin
- “L’homme
contemporain croit plus les témoins que les maîtres, l’expérience que
la doctrine, la vie et les faits que les théories” (RM, 42).
- Le
concept de consécration se comprend mieux dans son lien avec celui de
témoin.
- Dans
le christianisme le témoin atteste par sa vie que le Christ est venu
et il est ressuscité.
- En
effet, le témoin est la personne qui a fait l'expérience de Dieu.
- Le
témoin a été bouleversé par cette expérience et il sent le besoin irrésistible
d'annoncer son expérience de Dieu aux autres;
- il
réussit avec une puissance humainement inexplicable à bouleverser et
à susciter la conversion des autres, l’adhésion à la foi chrétienne.
- Témoin
fidèle par excellence, fondement de toute consécration, Jésus est venu
dans le monde pour rendre témoignage à la vérité (Jn 18, 37).
- En
effet, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu auprès du Père (Jn 3,
32), et il témoigne de ce qu’il est lui-même: la lumière du monde (Jn
8, 12-14).
e) Notion d’expérience de Dieu
- Qui
oserait s'engager dans la vie consacrée dite vie mystique sans désirer
vivre l'union à Dieu?
- La
rencontre est tellement merveilleuse, béatifiante et même séduisante
que la personne qui en fait l’expérience en sort bien enrichie au point
qu’elle ne peut la garder pour soi-même.
- Il
n’y a d’authentique rencontre avec Jésus que là où l’on accepte, après
coup, de l’annoncer.
- Ainsi
Philippe à Nathanaël : “Celui de qui il est écrit dans la loi de Moïse
et dans les prophètes, nous l’avons trouvé” (Jn 1, 45).
- Et
la Samaritaine aux gens de son village: “Venez donc voir un homme qui
m’a dit tout ce que j’ai fait” (Jn 4, 29).
- Le
chrétien authentique est la personne convertie, qui ne se contente pas
uniquement de l’éducation inculquée, mais qui est capable de décision
personnelle pour le Christ, qui sait faire le don personnel de soi au
Christ.
- Selon
Mülhen, en effet, “tu deviens chrétien d’une manière tout à fait décisive
et en dernière analyse seulement par la conversion personnelle au Christ
et par l’expérience de sa présence réelle dans la vie”.
- Dans
cette optique l’expérience de Dieu se conçoit comme une connaissance
en raison d’une rencontre personnelle, comme l’exprime si bien Job :
“Je ne te connaissais que par
ouï-dire, maintenant, mes yeux t’ont vu” (42, 5).
- Somme
toute, l’expérience de Dieu ou expérience spirituelle est liée aux verbes
ENTENDRE et VOIR. On
ajouterait même TEMOIGNER.
- S.
Jean le dit : “Ce que nous avons
vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi,
vous soyez en communion avec nous” (1 Jn 1, 3).
3e Question d’approfondissement
En quoi ta vocation est-elle un choix libre et
responsable ?
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