Bousculer mon image religieuse dans l’aujourd’hui du monde |
8. Simplicité et sens de responsabilité |
|
Parmi ceux et celles qui vont vers la vie religieuse, beaucoup ont été attirés par la simplicité des membres de leur famille d'appartenance. Ce qui est simple attire, dit-on. "Dieu est simple", d'après la théologie traditionnelle. Voilà pourquoi il nous attire tous à lui pour son service dans l'Église. Ainsi, ne peut s'approcher de ce Dieu simple que celui ou celle qui cultive la simplicité de type psychologique et moral. La première consiste à atteindre l'unité ou l'harmonie intérieure. L'homme libéré de la domination des émotions, des états d'âme, peut dialoguer avec les autres sans peur ni remords, sans anxieté ni agitation bien qu'avec prudence. Quant à la simplicité morale, elle consiste à saisir l'essentiel de la moralité. L'homme oriente sa volonté vers ce triple idéal: "Dieu à aimer, servir et rejoindre; les frères à aimer, servir, construire, sauver; et soi-même à aimer, construire, sanctifier et sauver". Mais la simplicité suppose le sens de responsabilité dans la communauté, l'usage de la liberté intérieure pour son vrai bien et le bien des autres. Ainsi vouloir maintenir les sujets dans la condition de minorité psychologique et morale, de manière à ne pas parvenir à gérer leur propre vie, est une atteinte grave à la dignité humaine. Le mieux serait que la formation rende la personne capable d'agir de manière responsable en fonction de sa croissance et de celle d'autrui. En tant qu'image de Dieu-Amour, l'homme assume pleinement sa responsabilité quand il devient "un être-tout-amour", c'est-à-dire une liberté. Quête de liberté et désir de se prendre en charge. Tels sont les deux signes des temps auxquels nous devrions absolument répondre. Pendant que tous, grâce au processus de démocratisation, apprennent à s'exprimer librement bien qu'imparfaitement encore, à faire valoir leurs droits longtemps méconnus des institutions dictatoriales, il est tout à fait dommage de constater que certains religieux ne permettent pas à leurs confrères ou consœurs d'exprimer leur opinion: on leur coupe la parole. Serait-ce une bonne pédagogie quand bien même les jeunes abusent parfois en relativisant le règlement de la maison, en pensant que liberté signifie ne pas rendre compte de sa vie à son supérieur! Certes,
à l'heure de la responsabilisation, nous devons nous débarrasser
de tout esprit d’attentisme. A l'instar du Christ venu pour servir
et non pour être servi, il faut cultiver la capacité de travail
et la serviabilité sans laquelle l'individu ne pense qu'à
lui-même plutôt qu'aux autres (égoïsme). L'Afrique
n'a plus besoin de religieux paresseux, incapables de se salir les mains
et de se nourrir à la sueur de leur front. Certains religieux oublient
souvent qu'ils ont reçu en partage la mission d'aimer, de servir
et de témoigner. L'oubli de cette motivation combien profonde de
la vie consacrée conduit à l'obéissance aléatoire. |
©
ayaas.net,
24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos précieuses
suggestions |