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Bousculer mon image religieuse dans l’aujourd’hui du monde

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3. Prudence et contrôle de soi

Le témoignage prophétique, selon Vita Consecrata, "s'exprime aussi par la dénonciation de ce qui est contraire à la volonté divine et par l'exploration de voies nouvelles pour mettre en pratique l'Évangile dans l'histoire, en vue du Royaume de Dieu" (n° 84). Cette mission ne peut se réaliser valablement sans la prudence, "l'attitude qui consiste à peser à l'avance tous ses actes, à apercevoir les dangers qu'ils comportent et à agir de manière à éviter tout danger, toute erreur, tout risque inutile". Elle ne peut non plus se réaliser sans un véritable contrôle de soi, la caractéristique de l'homme qui a atteint l'auto possession. L'homme mature réussit à penser, aimer, décider, vivre selon les exigences de la raison et de la foi, sans se laisser déranger par les personnes, les choses, les circonstances, les états d'âme, les passions.

Combien d'erreurs ne commettons-nous pas dans nos relations interpersonnelles, dans nos engagements missionnaires et dans le discernement vocationnel faute de prudence? Si chacun doit être prudent dans le discernement de ses aspirations personnelles, le supérieur prudent doit éviter de s'obstiner à confier de lourdes responsabilités à celui ou celle qui s'en reconnaît incapable, ou d'affecter par complaisance un sujet là où sa vocation s'exposerait au "vent du midi" qui brûle toute fleur de vertu"

. Sous cet angle, loin d'être considérée comme une lâcheté, un manque de courage, une indécision chronique, la prudence chrétienne est "cette vertu qui nous suggère l'attitude à assumer dans une circonstance déterminée pour la plus grande gloire de Dieu, pour le grand bien d'autrui et pour ma grande croissance". C'est à cette prudence chrétienne que nous devons former nos jeunes ou nous former nous-mêmes, si du moins nous ne voulons pas passer d'erreur en erreur. Une parole blessante suffit pour déclencher l'ennemi de l'obéissance qu'est l'antipathie. D'où, la nécessité de former aussi à la maîtrise de soi qui se manifeste dans la douceur que st Paul qualifie de fruit de l'Esprit (cf. Gal 5, 23).

 

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