Nous sommes le 19/09/2018 et il est 13h36 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

La vie nouvelle (Romains 12:1-21)
Un appel à s'éduquer aux vertus humaines

Réco Leaders paroisse saint Jean, Maroua 10 mars 2012 – jbmusumbi, omi

Introduction

Un témoin dans la bible

Domaines du témoignage

La vie nouvelle selon saint Paul

S’éduquer aux vertus humaines

Il convient, d’accorder de l’importance aux vertus humaines (psychologiques et morales). Entendons par vertu (virtus), “ la disposition constante qui porte à faire le bien et à éviter le mal ”. “ La vertu humanise l’homme en faisant de lui un être harmonieux. Elle l’ordonne à sa fin, Dieu ”[1]. Je m’arrêterai à quelques-unes de ces vertus qui favorisent la croissance de l’homme au sein de sa communauté. Ma conviction est qu’on ne peut pas être chrétien authentique si l’on n’est pas homme complet, femme complète[2].

Loyauté, respect et confiance

Le respect et la confiance dans les autres sont un fruit de l’Esprit (Ga 5, 22). Avec la découverte de la personne au sein de la communauté, un peu partout l’accent est mis sur l’importance de la personne, le respect de ses aptitudes et de son cheminement intérieur, l’importance de la responsabilité personnelle. En effet, chaque homme, image de Dieu est digne de respect et d’estime même si ses idées sont fausses, même si son comportement est répréhensible. Le respect nous aide à ne pas sous-estimer les autres et les faire souffrir, à les estimer et à leur montrer cette estime digne de la personne humaine, à les aider à réaliser pleinement leur personne.

La personne a besoin non seulement de ce type de respect mais aussi de la confiance. Entendons par confiance, “ le sentiment de sécurité de celui qui se fie à quelqu’un, à quelque chose… sans crainte d’être trompé, sans hésiter, en toute sûreté ”. C’est la veru qui nous pousse à nous confier aux autres, à leur bonté, à leur possibilité de récupération. De fait, “ toute relation humaine repose sur la confiance, càd sur le sens de la parole donnée. Nous faisons confiance à quelqu’un lorsque nous recevons les engagements qu’il nous prodigue comme des certitudes. Nous savons qu’il ne nous trahira pas.  Par loyauté, l’homme maintient la parole donnée.

Courage et patience

Le courage est la vertu humaine “ qui m’aide à affronter, avec calme et sérénité, les situations difficiles de la vie ”, tandis que la patience “ me pousse à supporter avec grande sérénité intérieure et grand calme extérieur les adversités qui proviennent des situations ou des personnes ”. “C’est par votre patience que vous réussirez vore vie” (Luc 21:19). A cause de ce qu’elle suppose de ténacité et d’effort volontaire, la patience doit s’accompagner de la douceur pour ne pas exposer notre cœur à la sécheresse ”[3].

Sincérité, ouverture, confidence

Les responsables doivent cultiver la sincérité, l’ouverture et la confidence. La sincérité consiste à ne pas dire ce qui est faux et à ne pas se comporter faussement. L’homme sincère est celui qui est vrai avec lui-même.

L’ouverture consiste à ouvrir les secrets de son cœur à la personne qui mérite notre confiance. Elle exige parfois un certain effort par manque de simplicité, d’humilité ou de confiance en l’autre. Tandis que la confidence consiste à ouvrir les secrets de son cœur à une personne à qui on se confie en profondeur. C’est la vertu des amis. Elle ne comporte plus d’effort, mais douceur, suavité, soulagement. “ Je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon père, je vous l’ai fait connaître ” (Jean 15, 15). Les responsables doivent entretenir de franches relations entre eux et avec le monde qui les entoure..

Accueil, écoute, discrétion

Appelée à vire selon l’Evangile, la communauté chrétienne est un lieu d’accueil mutuel. Premier acte dans la rencontre de l’autre, l’acte d’accueil a de l’impact direct sur la personne. De fait, de la qualité de l’accueil dépend la qualité de dialogue dont les trois lois sont : savoir écouter, reconnaître l’autre comme un interlocuteur valable, et répondre “ au vrai de la demande ”. Sans cela, il est difficile de  discerner ensemble la volonté divine sur chacun.

En effet, l’acte d’accueil doit s’accompagner de la capacité de d’écoute, qui ne signifie pas seulement dresser les oreilles. “ Cela signifie bien d’autres choses : je suis ici pour toi et je t’écoute avce l’esprit, le cœur, avec tout mon être… La capacité d’écoute suppose celle de susciter la confiance de l’autre, ce qui implique une série de vertus et d’attitudes : éviter la distraction, contrôler la manière de parler et le ton de la voix, avoir beaucoup de discrétion, avoir la grande liberté d’intervenir ”. L’écoute de l’autre c’est l’éoute de Dieu. Voilà pourquoi la vraie communication avec l’autre doit tendre à “ une transformation réciproque des mentalités et des comportements. Elle doit laisser une marque d’amour et de mieux-être.

Mais concrètement combien savent écouter ? Pour y arriver, il faut écouter humblement, patiemment, avec tout son cœur et en “ renonçant à son esprit propre et à toute théorie, sinon on n’écoute pas, mais on interprète, on transforme ”. Puisque l’autre est différent et en même temps semblable à moi, je l’écoute vraiment si je respecte ce qu’il porte en lui d’unique. Voilà pourquoi nous devons nous éduquer à la discrétion, qui est un très grand signe d’honnêteté, de respect de la personne, de l’amitié. La discrétion consiste en effet, “ à garder les confidences reçues ou à ne pas propager sans motif, paroles, actions ou faits dont la conscience pourrait causer dommage chez quelqu’un ”.

Simplicité et sens de responsabilité

Ce qui est simple attire, dit-on. “ Dieu est simple (Deus simplex est),, d’après la théologie traditionnelle. Voilà pourquoi il nous attire tous à lui pour son service dans l’Eglise. Ainsi, ne peut s’approcher de ce Dieu simple que celui qui cultive la simplicité de type psychologique et morale. L’homme oriente sa volonté vers ce triple idéal : “ Dieu à aimer, servir et rejoindre ; les frères à aimer, servir, construire, sauver ; et soi-même à aimer, construire, sanctifier et sauver ”.

Mais la simplicité suppose le sens de responsabilité dans la communauté chrétienne, l’usage de la liberté intérieure pour son vrai bien et le bien des autres. Au sein de la communauté, la personne doit être rendue capable d’agir de manière responsable en fonction de sa croissance et de celle d’autrui. L’autorité perdrait son sens si on l’exerçait en étouffant les autres. Sa mission est de faire croître, grandir, donner vie.

Autant de vertus humaines capables de nous aider à faire de nos communautés chrétiennes un paradis sur terre.

Conclusion : Les qualités d’un leader

L’intelligence

Elle s’entend comme capacité de comprendre, de voir clair et d’y donner une réponse appropriée. Donner la réponse appropriée c’est aussi et surtout savoir orienter, savoir dire qu’en tel domaine, la personne capable de vous aider c’est un tel ou un tel autre. On ne connait pas tout, on ne peut pas répondre ou résoudre tout (ce qui serait une honteuse prétention)[4].

Le cœur.

Par cœur, souligne Mubesala Lanza, j’entends la capacité de se laisser émouvoir, de comprendre la joie et la peine de l’autre. On entend souvent dire : « tu n’as pas de cœur » à une personne qui manque de sensibilité, d’égards. Le cœur est régulateur de nos sentiments.

La connaissance 

Un leader doit avoir le goût du savoir, une saine curiosité, un intérêt pour les choses qui environnent et servent à la mission. Il ne faut en aucun cas faire l’économie de la connaissance par souci de pauvreté ou d’humilité. Mais la connaissance dont je veux parler ici est celle de la personne humaine, du groupe dont on a la responsabilité et des défis propres à ce groupe. Le leader doit avoir une connaissance approfondie du comportement de la personne, du groupe et des aptitudes qui aident à diriger.

La responsabilité

En plus de son sérieux, un leader doit avoir le courage d’assumer sa mission, sa charge avec toutes les conséquences y afférentes, il doit savoir porter les autres. Ajouter à tout ceci le sens d’initiative, le goût du risque (d’essayer), la confiance en soi, le désir d’exceller, la persévérance, etc.

La participation

La volonté de savoir faire participer les autres dans ‘animation et la prise de décision. Ce n’est pas que tous viendront siéger sur la même table, mais savoir les écouter, les consulter. Savoir les impliquer.

L’humour ou la capacité de créer la détente

Un bon travail ne se fait pas sous une certaine tension. Il faut savoir créer l’environnement et le climat, créer des occasions qui détendent et recréent l’ambiance susceptible de permettre une discussion en confiance, dans la joie et la paix sans créer des suspicions. Les grandes décisions ne se prennent pas dans la nervosité.

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Notes:

[1] BRUGUES J.-Louis, Dictionnaire de Morale Catholique, Chambray, C.L.D., 1996, p. 467-8.

[2] Sur ce point, voir essentiellement la liste établie par De MARTINI Nicola, Op. cit., p. 264-285.

[3] BRUGUES J.-Louis, Op. cit., p. 325.

[4] Cf. Mubesala Lanza, Leadership (texte indédit)

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