Nous sommes le 17/07/2018 et il est 04h09 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Vocation dans l'aujourd'hui du monde: une réponse de foi chrétienne à l'appel de Dieu

Retraite Ouvriers silencieux de la croix – Maroua/Cameroun 26.11-02.12.2012 - jb musumbi, omi


Groupe Ouvriers silencieux de la croix

Introduction
« Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
(Matthieu 16, 15)

Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des  gens, qu’est le Fils de l’homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » - « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » En réponse, Jésus lui dit : « Tu est heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise (...) Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. (Matthieu 16, 13-20)

Telle est la parole de base qui nous habitera au plus profond de nous-mêmes durant ce temps de ressourcement spirituel, qui a pour thème : « Vocation dans l’aujourd’hui du monde : une réponse de foi chrétienne à l’appel de Dieu. »

Il s’agit principalement d’observer notre monde, le monde dans lequel nous vivons, de découvrir ses hauts et bas, ses points forts et ses faiblesses ; d’écouter les appels multiformes que le Seigneur nous adresse aujourd’hui et de tenter d’y répondre avec un langage de la foi chrétienne.

Comme à ses disciples, Jésus ne cesse de nous interroger sur son identité. Qui est-il pour le monde dans lequel tu habites ? et qui est-il pour toi-même, aujourd’hui, maintenant ?

Et comme à l’Apôtre des malades, Mgr Luigi Novarese, Dieu ne cesse de nous montrer, à la manière d’une vidéo, les souffrances, les misères de son peuple, les détresses de nos sociétés. Quelle réponse attend-il de toi, aujourd’hui ? Maintenant ?

Vouloir répondre à toutes ces questions que nous nous posons n’est rien d’autre que la réalisation de notre vocation baptismale.  En effet, « Tout chrétien, par son baptême, est appelé à faire de sa vie une réponse et un service. » Mais qu’est-ce que la vocation ? Rappelons :

La vocation, c'est donc une certaine manière de vivre sa vie, de la comprendre et de l'ordonner comme un service. Mais l'appel, l'origine de la vocation n'émane pas de la personne. Celle-ci ne peut que le recevoir et y répondre en toute liberté. La vocation, c'est "être appelé", "être appelé par" et "être appelé pour". Cela demande une écoute, une réponse. Pour les chrétiens, l'appel vient de Dieu, de la Parole du Christ invitant à le suivre et à être ses témoins dans le monde et dans l'histoire. Tout chrétien, par son baptême, est appelé à faire de sa vie une réponse et un service.[1]

La vocation en tant que réponse de l’Homme à l’appel divin est un mystère car Dieu est mystère. Qui pourrait prétendre connaître totalement Dieu sans mourir ?

En effet, qui pourrait être sûr à 100% de la vocation ? Dans sa double dimension, externe et interne, la vocation est à la fois une certitude (critères objectifs établis par l’Eglise ou par l’institut d’appartenance) et une probabilité (interne). Trois fruits (réalités) permettent d’affirmer aisément l’existence probable de la vocation interne. Ce sont : l l’esprit de foi, l’engagement d’amour et l’esprit de la croix (sacrifices).

Cela correspond aux exigences de la suite du Christ voulues par le Christ lui-même : « Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. » (Marc 8, 34)

S’il m’était demandé de définir la vocation chrétienne, j’en donnerais une des meilleures définitions descriptives : la vocation chrétienne consiste à AIMER, à SERVIR et à TEMOIGNER. Aimer c’est changer, servir c’est surmonter la peur[2], témoigner c’est reconnaître Jésus sur la route de l’existence, c’est se laisser bousculer par lui, c’est l’accepter et s’engager résolument à sa suite[3]. Telle est la mission des chrétiennes, des chrétiens. Telle est également l’identité profonde de l’être religieux.

Cette réponse de foi chrétienne ne peut se donner que dans le contexte actuel de notre monde, car Dieu appelle toujours pour une mission. Dans quel monde vivons-nous ?

Un monde aimé de Dieu, un monde à la fois assoiffé et indifférent de Dieu, un monde éclaté par la violence, un monde tiraillé, un monde qui dévalue la vie, un monde de sans-voix, un monde dont les changements font douter de la vertu de fidélité, un monde de copier et coller, etc.

Cette retraite tout en étant une véritable recherche de Dieu, est une invitation à nous laisser remettre en question, ce qui fonde notre engagement chrétien et religieux et lui donne sa vraie saveur, son véritable sens.

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Jour 1 (Mardi 27.11.12)
Jésus : Quelqu’un à reconnaître

Méditation : Luc 24, 13-35

Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit : " Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? " Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre.
Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : " Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci ! " - " Quoi donc ? " leur dit-il. Ils lui dirent : " Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié. Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu ! "
Alors il leur dit : " O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? " Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant : " Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. " Il entra donc pour rester avec eux. Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux.
Et ils se dirent l'un à l'autre : " Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? " A cette heure même, ils partirent et s'en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, qui dirent : " C'est bien vrai ! le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon ! " Et eux de raconter ce qui s'était passé en chemin, et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain. (Luc 24, 13-35 - Bible de Jérusalem)

a) Monde

b) Jésus modèle de l’évangélisateur

Emmaüs (Luc 24,13-35)[5] Quel récit magnifique ! Luc met ce récit à la charnière de l’Évangile et des Actes des Apôtres. Jésus ressuscité lui-même est le modèle de l’évangélisateur[6]. Sous forme narrative, Luc nous offre un petit traité sur la mission… si adapté à notre monde d’aujourd’hui.

Comment procède Jésus ? Quelques notes pour introduire chaque lecteur à une lecture et une actualisation personnelles de ce récit si riche.

1) Jésus prend l’initiative d’aller rejoindre, sur leur route, ces voyageurs qui avaient perdu toute espérance (v. 13-16)

Il s’approche (v.15), ne s’identifie pas (v. 18), chemine à leur pas, sans rien dire (v. 15). Donc, il écoute leur conversation.

- Invitation pour le missionnaire : aller rejoindre les gens où ils sont et les écouter exprimer leurs préoccupations.

2) Jésus pose des questions… et écoute les réponses (v. 17-24)

À un moment donné, Jésus s’insère dans leur conversation en posant une question. En fait, il pose deux questions : «Quels sont ces propos que vous échangez en marchant !» (v. 17) ; «Quoi donc ?» (v. 24). Ce sont des questions très sobres, qui invitent l’autre à exprimer et articuler ce qu’il vit[7]. En les questionnant, Jésus invite les voyageurs

Jésus les invite à s’exprimer… et les écoute jusqu’au bout. Il accueille avec respect leur vécu. Son écoute permet aux deux voyageurs de se libérer progressivement d’un poids, d’une tristesse qui les accable et les aveugle. Ainsi libérés, ils pourront être ouverts à la parole de Jésus. Car l’écoute prépare la parole ! La personne qui a été écoutée, qui a pu se dire, est maintenant prête à accueillir la parole de l’autre.

Après les avoir rejoints, interrogés et écoutés, Jésus peut maintenant s’adresser à eux en ayant leur confiance. Les deux voyageurs attendent maintenant quelque chose de leur compagnon de route.
- L’invitation est claire pour les évangélisateurs que nous sommes, formés à être des «hommes de la parole»… non de l’écoute !

3) Jésus parle (v. 25-27)

On peut diviser l’intervention de parole de Jésus en deux moments ;

- L’invitation pour nous évangélisateurs, à la suite de Jésus : nous avons d’abord à écouter les gens (leurs griefs, leurs souffrances, leurs désespoirs), mais on ne peut pas s’arrêter là. Les gens ont droit d’entendre la Parole de l’Évangile, la Parole d’espérance et de vie.

4) Jésus se laisse inviter (v. 28-29)

C’est la première fois où Jésus ne prend pas l’initiative. Il avait pris l’initiative de rejoindre les voyageurs sur leurs routes, de les inviter à se dire, puis de les éclairer.

Jésus ouvre l’horizon du désir. Il donne un sens au vécu des gens, mais il laisse toujours l’autre libre d’accepter sa parole et sa personne. Il propose, mais ne s’impose pas. C’est le sens du v. 28 : «Il fit mine d’aller plus loin.»

Ce sont les deux voyageurs maintenant qui interviennent. Ils insistent pour qu’il «reste avec eux» (v. 29). Ils ont été rejoints, touchés. Ils ont le désir d’en entendre plus. Ils invitent. Ils optent pour l’hospitalité. C’est le premier pas de l’acceptation du message de Jésus, et donc aussi de sa personne.

Jésus consent à rester avec eux (v. 29b). Jésus (et donc le missionnaire) ne force jamais la demeure des personnes. Mais aussi il ne refuse jamais une invitation !

5) Jésus prend à nouveau l’initiative (v. 30-32)

«Il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna» (v. 30). À ce signe, les ex-disciples le reconnaissent : «leurs yeux s’ouvrirent» (v. 31). Ce signe devient « parlant » parce qu’il se situe au bout d’un long cheminement. Jésus les a préparés à ce sommet qu’est sa reconnaissance dans la fraction du pain.

Actualisation : la rencontre dans l’Eucharistie devient signifiante quand Jésus a été rencontré d’abord dans sa propre vie, puis dans la Parole de l’Évangile.

Conclusion : L’approche de la mission dont Jésus nous offre le modèle conjugue deux dimensions :

Être solidaire et être éveilleur. Est-il besoin d’ajouter autre chose pour montrer l’actualité de ce modèle d’Emmaüs pour la mission, en particulier dans le monde sécularisé ?

Question d’approfondissement : As-tu déjà rencontré Jésus sur ta route d’existence ? Comment ?

c) Dynamique formative : bases et conditions d’un choix libre et responsable

d) Quelques conseils pratiques pour bien entrer en retraite

Question d’approfondissement : Jésus veut te libérer pour que tu sois totalement à son écoute. Quels sont tes soucis, tes joies et tes peines, ce qui t’empêche d’être totalement disponible au Christ ?

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Jour 2 (Mercredi 28.11.12)
Jésus : Quelqu’un de provoquant

Méditation : Marc 10, 17-22

Il se mettait en route quand un homme accourut et, s'agenouillant devant lui, il l'interrogeait : " Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne tue pas, ne commets pas d'adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne fait pas de tort, honore ton père et ta mère. " " Maître, lui dit-il, tout cela, je l'ai observé dès ma jeunesse. "
Alors Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. Et il lui dit : " Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi. " Mais lui, à ces mots, s'assombrit et il s'en alla contristé, car il avait de grands biens. (Marc 10, 17-22 - Bible de Jérusalem)

Le chemin de la croix

Prendre le chemin d’Emmaüs, c’est prendre le chemin de la croix. La résurrection passe par la croix. « Tu veux vivre, tu veux croire ? Prends la croix. » On ne peut pas croire et refuser la croix. Que la foi soit liée à la croix, voilà le scandale !

La croix dans l’Evangile nous est révélée à travers les exigences qui nous paraissent inhumaines, à travers les paradoxes qui nous déconcertent. Voici en exemple quelques paroles fortes :

Ce langage est dur. Qui peut l’admettre ? Ne pas le tenir, c’est trahir. « Malheur à moi, disait saint Paul, si je ne prêche pas Jésus et Jésus crucifié »

Question essentielle : mais comment prendre la croix ? Dieu n’est pas très concret. Il ne dit pas concrètement par quel bout la prendre. Aucun mode d’emploi sur la manière de la porter.

La croix est plantée au cœur de chaque vie. Elle fait corps avec chaque vie. Le RENONCEMENT est le mouvement qui nous fait passer de la mort à soi-même à la vie avec le Christ.

Cette scène de l’Evangile illustre bien ce que signifie le renoncement. Dieu nous pousse dans nos derniers retranchements : « Quitte tout… tu as un trésor dans le ciel ! »
La croix nous provoque toujours. Pour le jeune homme riche, sa croix, c’est cette pauvreté.
« Quitte tout »
Dieu n’impose pas l’impossible. « Si Dieu peut tout te demander, c’est qu’il te donne tout. » Dieu révèle à l’homme que l’homme est tout pour lui.

« quitte tout ». on pourrait traduire cet appel évangélique par la fameuse parole de saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux ». Jésus est venu appeler l’homme à grandir dans son amour. Nous sommes collants à nous-mêmes. Jésus nous invite à nous décoller de nous-mêmes.

Surmonter la peur

La peur est le principal obstacle qui nous empêche d’entrer dans la dynamique vocationnelle (voir ARNOLD Simon-Pierre, Au risque de Jésus-Christ. Une relecture des vœux).

La peur de Dieu

Quand il se présente devant Dieu, le jeune homme riche laisse transparaître l’Image de Dieu qu’il a intériorisée. C’est le Dieu des normes, des obligations, le Dieu qui exige. C’est le propriétaire implacable du troisième serviteur de la la parabole des talents, celui qui récolte là où il n’a pas semé (Matthieu 25, 24-50).

Ce qui importe pour le jeune homme riche c’est de répondre au désir dictatorial des autres. Tout cet édifice d’illusion ne peut provoquer que terreur envers soi-même. J’ai peur des sentiments, des pensées, des pulsions et aspirations qui pourraient surgir en moi et qui ne seraient pas en parfaite harmonie avec ladite falsification. Je crains le risque de me tromper et d’échouer. J’ai totalement perdu confiance.

Les vœux de religion sont comme des devoirs empêchant toute initiative personnelle risquée…

La peur de soi-même

Quand il entame le dialogue avec le jeune homme riche, Jésus enlève d’emblée ses illusions : « Personne n’est bon ». Par conséquent, « ton projet de correspondre au Dieu intransigeant est tout à fait illusoire.

La proposition de Jésus au jeune homme CONSISTE A PRENDRE UNE DECISION PERSONNELLE, libre et risquée : « vends tout, donne aux pauvres puis viens puis viens et suis-moi.

La tristesse qui s’en suit est liée à la PEUR. Il ne veut pas prendre une décision libre par crainte de l’échec. Face à l’amour de Jésus, il retourne sur ses pas, il n’ose pas risquer à se laisser aimer et à aimer.

Dans la vie consacrée cette peur de soi-même se traduit par la crainte de l’initiative et de la décision personnelle.

La peur de l’autre

Le regard de Jésus plein d’amour et de confiance, effraye le jeune homme riche. Il se sentit menacé par lui se laisser aimer, c’est risquer de se croire aimable. Je projette sur les autres tous les maux que je crains parce que je me sens moi-même insécurisé. Bref, j’ai peur d’être aimé par crainte de devoir aimer.

La peur de l’autre est la conséquence de la peur de soi-même et de Dieu.

Conséquences de la peur

Cette mauvaise nouvelle de la peur se concrétise dans la vie personnelle et communautaire en une série d’attitudes qui nous rendent résistants au changement, à la remise en question par Dieu et par le monde, et à la conversion.

Nous refugions dans le mensonge et les apparences, en cachant nos frustrations et nos colères sous les traits aimables du religieux ou de la religieuse « tout miel ». l’insécurité se traduit par la préoccupation de l’avoir, du posséder, de l’être en securité.

L’obéissance mal comprise (face à l’autoritarisme et l’infantilisme) se vit dans la timidité, la peur, la soumission, l’angoisse.

Jésus vainqueur de la peur

« N’ayez pas peur ». Jésus est venu nous libérer de la peur introduite par Satan. La peur de Dieu se voit surmonter par la nouvelle image que Jésus révèle du Bon Père. « N’aie pas peur de toi-même  car ta foi t’a sauvé. » « N’aie pas peur des autres ». L’Evangile dit nous recevons la force de l’Esprit pour ne pas avoir peur des autres.

La grâce salvatrice de Dieu, la foi du croyant qui suscite le salut et la force spirituelle qui inspire nos paroles et nos relations avec le monde sont trois formes de libération de la peur.

La communauté pour en finir avec la peur

Nos communautés sont des écoles de confiance. Il faut cheminer ensemble, prenant le risque de l’amour véritable oû chacun se sait accueilli pour ce qu’il est et non pour ce qu’il voudrait être ou pour l’image que les autres se sont de lui.

Question d’approfondissement:
Quelles sont tes peurs aujourd’hui ?

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Jour 3 (Jeudi 29.11.12)
Jésus : Quelqu’un à accepter

Méditation : Jean 1, 35-51

Le lendemain, Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples. Regardant Jésus qui passait, il dit : " Voici l'agneau de Dieu. " Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus. Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, leur dit : " Que cherchez-vous ? " Ils lui dirent : " Rabbi - ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ? " Il leur dit : " Venez et voyez. " Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui de jour-là. C'était environ la dixième heure.
André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus. Il rencontre en premier lieu son frère Simon et lui dit : " Nous avons trouvé le Messie " - ce qui veut dire Christ. Il l'amena à Jésus. Jésus le regarda et dit : " Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas " - ce qui veut dire Pierre.
Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée ; il rencontre Philippe et lui dit : " Suis-moi ! Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. Philippe rencontre Nathanaèl et lui dit : " Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. " Nathanaèl lui dit : " De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? " Philippe lui dit : " Viens et vois. "
Jésus vit Nathanaèl venir vers lui et il dit de lui : " Voici vraiment un Israélite sans détour. " Nathanaèl lui dit : " D'où me connais-tu ? " Jésus lui répondit : " Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. " Nathanaèl reprit : " Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. " Jésus lui répondit : " Parce que je t'ai dit : "Je t'ai vu sous le figuier", tu crois ! Tu verras mieux encore. " Et il lui dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. (Jean 1, 35-51 – Bible de Jérusalem)

Premier tableau : Que voulez-vous ?

Jésus « se retourne » dit l’Evangile. En effet, Jésus ne laisse pas les choses aller. Il suit avec intérêt ce qu’il lance. Comme dans bien des cas, exemple l’aveugle de Jéricho, c’est lorsque l’homme fait le premier pas que Dieu engage le dialogue. Ainsi, Jésus demande souvent à ceux qui le suivent : « Qu’attendez-vous ? ». La foi est une attente.

Celui qui n’a pas faim d’amour n’a rien à attendre de Dieu. Cette question du Christ : « Que voulez-vous ? » est un appel au désir. Mais on ne va pas s’il ne se trouve pas quelqu’un pour faire signe. Si les disciples ont trouvé Jésus, c’est parce que Jean-Baptiste était là pour indiquer le chemin. Et ils ont trouvé Dieu parce que le Chrsit s’est retrouné, les a retournés.

La réponse de Jésus aux disciples n’est pas autre chose qu’une invitation à prendre le chemin et à se laisser retourner le cœur : « Venez et voyez… » Ils vont. Ils voient. Ils restent. On retrouve dans ce récit des premiers disciples quelque chose de la scène des disciples d’Emmaüs : « Ils marchaient sur le chemin. Ils virent le Christ. Ils restèrent auprès de lui ce jour-là ».

Deuxième tableau : Qu’entendez-vous ?

Voici la présentation des disciples. André est désigné comme celui qui a entendu les paroles de Jean. C’est donc parce qu’il a reçu la Parole, qu’il peut suivre Jésus et s’écrirer : « Nous avons trouvé le Messie ! » Dans l’enthousiasme de la découverte, il conduit Pierre à Jésus. Jésus ne dit rien. Il regarde Pierre. « Tu es Simon, le fils de Jean. Tu t’appelleras Cephas, Pierre ». Jésus ne lui dit pas : « Suis-moi » comme à Philippe. Dieu n’appelle pas tout le monde de la même manière. Ce regard du Christ sur Pierre l’atteint en son être. Il porte en lui l’appel et la réponse.

Dieu parle avec les yeux. Il ne demande pas qu’on lui réponde avec des mots. Quand Dieu regarde, à nous de voir. Quand Dieu parle, à nous d’entendre.

Troisième tableau : Que voyez-vous ?

L’appel de Dieu passe par les autres. Ainsi Philippe se fait le porte-voix du Christ auprès de Natanaël. La parole de Jésus : « venez et voyez », il la répercute : « viens et vois ». Nathanaël ne se laisse pas faire du premier coup. Il demande à voir : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? »

Jésus apprécie cette forme de résistance. Elle est celle du bon sens. Jésus révèle alors à Nathanaël que passant sous le figuier il l’a vu. Cette attention précise de Dieu à l’homme, est pour Nathanaël le signe de vérité de Dieu. Jésus lui révèle que cette vérité est encore bien au-delà : « En vérité, vous verrez le ciel ouvert et les anges de dDieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme… » En attendant cette heureuse vision, que voyez-vous ?

La révélation. L’obstacle le plus massif c’est Dieu en tant que Parole. Dieu, en tant qu’il se révèle, a le premier mot. Il décide de se faire connaître. En fait, par cette initiative, il a le dernier mot. Sa parole est incontestable. Celui qui cherche Dieu n’est pas forcé d’apprécier que tout paraisse « Parole d’Evangile ».

Consécration[2] :

Mission

« La mission, avant de se caractériser par les œuvres extérieures, consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel. » (Vita Consecrata 72)

Témoin

Le monde a besoin de témoins. L'homme a plusieurs besoins mais il a surtout besoin de Dieu; il est le plus grand men­diant de Dieu. Mais pour le trouver il doit, souvent, trouver des personnes qui ont déjà trouvé et expéri­menté Dieu : il a besoin de témoins.

Les personnes consacrées sont invitées à êtres des

  1. témoins de l'absolu de Dieu
  2. signes de l'amour de Dieu
  3. signes de la puissance de Dieu
  4. signes de la joie de Dieu

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Jour 4 (Vendredi 30.11.12)
Jésus : Quelqu’un d’engageant

Méditation : Luc 18, 35-43

Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! "
Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda : " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. (Luc 18, 35-43 - Bible de Jérusalem)

Prendre la suite

La guérison de l’aveugle de Jéricho que Marc appelle Timée nous place dans un Théâtre de la vie, de plein air. Il s’agit d’un mystère, le mystère de la foi. Sur le chemin de la foi, le Christ est la lumière qui éclaire tout homme. « La lumière luit dans les ténèbres »

Les trois évangélistes s’accordent sur la finale : « L’aveugle suivit Jésus » Suivre, c’est un maître-mot de l’Evangile ; c’est ussi un maître-moit de la vie : « Venez. Suivez-moi ».

Bien aller avec le Christ

Suivre le Christ, c’est d’abord reconnaître Dieu qui vient à l’homme sous les traits du Pasteur. Le Guide est celui qui ouvre et ferme la marche.

Suivre le Christ, c’est alors accepter que Dieu nous poursuive de son amour, nous précédant et suivant dans tous nos faits et gestes. Dans notre marche vers Dieu, peu importe où l’on se trouve, au bord du chemin ou sur la route, l’essentiel c’est de « bien-aller » avec le Christ.

Suivre le Christ, c’est cheminer avec lui comme avec un compagnon préféré. Mettre ses pas dans les siens. Le Christ laisse au disciple toute initiative pour prendre les devants. Ainsi Timée qui connaît à peine Jésus, va au-devant de Dieu. Alors Jésus lui dit : « Viens ». dans les évangiles cette monosyllabe active précède très souvent le « Suis-moi ». Cela suppose de la part du disciple la décision de suivre. La suite du Christ, on ne la subit pas. On la prend.

Suivre le Chrsit – puisque tout baptisé est disciple -, c’est reconnaître cet engagement de Dieu dans la vie des hommes, c’est alors s’engager soi-même de tout son être – comme Jésus qui s’est donné en personne – à vivre sa vie en Dieu. L’engagement du chrétien n’est pas n’importe quel engagement. Le chrétien engagé non seulement est « revêtu du Chrsit », bien plus, le baptisé « a le Chrsit dans la peau ! ».

Suivre le Christ, c’est « vivre dans le Christ », comme dit saint Paul. En ce sens tout baptisé est disciple. C’est quitter tout.

Bref, suivre le Christ, c’est vivre un triple amour : Vivre comme le Christ (amour de ressemblance) ; Vivre avec le Christ (amour d’intimité) ; Vivre pour le Christ (amour d’abandon). En d’autres termes, suivre le Christ c’est vivre en personne consacrée.

Personne consacrée

Volonté de Dieu

Volonté signifiée et volonté de bon plaisir de Dieu)

Au service de Dieu par Marie

Récit des apparitions de Guadaloupe (1531)

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MOARM: OUvriers silencieux de la croix

Jour 5 (Samedi 01.12.12)
Un choix libre et responsable

Méditation : Psaume 139 (138)

(Bible de Jérusalem) Yahvé, tu me sondes et me connais;
que je me lève ou m'assoie, tu le sais, tu perces de loin mes pensées;
que je marche ou me couche, tu le sens, mes chemins te sont tous familiers.

La parole n'est pas encore sur ma langue, et voici, Yahvé, tu la sais tout entière;
derrière et devant tu m'enserres, tu as mis sur moi ta main.
Merveille de science qui me dépasse, hauteur où je ne puis atteindre.

Où irai-je loin de ton esprit, où fuirai-je loin de ta face?
Si j'escalade les cieux, tu es là, qu'au shéol je me couche, te voici.

Je prends les ailes de l'aurore, je me loge au plus loin de la mer,
même là, ta main me conduit, ta droite me saisit.

Je dirai : "Que me presse la ténèbre, que la nuit soit pour moi une ceinture";
même la ténèbre n'est point ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine.
C'est toi qui m'as formé les reins, qui m'as tissé au ventre de ma mère;

je te rends grâce pour tant de prodiges merveille que je suis, merveille que tes œuvres. Mon âme, tu la connaissais bien,
mes os n'étaient point cachés de toi, quand je fus façonné dans le secret, brodé au profond de la terre.
Mon embryon, tes yeux le voyaient; sur ton livre, ils sont tous inscrits les jours qui ont été fixés, et chacun d'eux y figure.

Mais pour moi, que tes pensées sont difficiles, ô Dieu, que la somme en est imposante!
Je les compte, il en est plus que sable; ai-je fini, je suis encore avec toi.
Si tu voulais, ô Dieu, tuer l'impie! Hommes de sang, allez-vous-en de moi!
Eux qui parlent de toi sournoisement, qui tiennent pour rien tes pensées.

Yahvé, n'ai-je pas en haine qui te hait, en dégoût, ceux qui se dressent contre toi?
Je les hais d'une haine parfaite, ce sont pour moi des ennemis.

Sonde-moi, ô Dieu, connais mon cœur, scrute-moi, connais mon souci;
vois que mon chemin ne soit fatal, conduis-moi sur le chemin d'éternité. (Psaume 139 - Bible de Jérusalem)

En cette journée de réconciliation, laissons-nous bousculer par la Parole de Dieu. Cherchons surtout à mieux comprendre la volonté de Dieu sur chacun de nous. La lettre de Saint Paul aux Romains nous en dirait davantage:

Je vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là votre culte spirituel. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait.  (Romains 12, 1-2)

Quelques conditions de base

Education aux vertus humaines (psychologiques et morales)

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Notes:

[2] ARNOLD Simon-Pierre, Au risque de Jésus-Christ. Une relecture des vœux, Editions Lessius, Bruxelles 2007.

[3] Cf. TALEC Pierre, Les choses de la foi. Croire à l’essentiel, Centurion, Paris 1973 (source principale de nos réflexions).

[4] Cf. Henri Goudreault, « Consécration et mission aujourd’hui : interrogations, réponses et contributions spécifiques », dans OMNIS TERRA, n° 350 (février-mars 1999), p. 79s

[5] Source : Marcel Dumais, omi

[6] Le récit a son parallèle dans les Actes des Apôtres : Philippe « évangélise » à la manière de Jésus : d’abord en rejoignant l’Éthiopien sur la route de sa vie, etc. Lire Actes 8,26-39.

[7] La pédagogie de la question, c’est une manière courante de faire de Jésus, tout au long de l’Évangile. En fait, les paraboles sont des formes de questions.

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