Nous sommes le 19/09/2018 et il est 12h48 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Défi de la vie fraternelle en communauté dans nos sociétés de consommation et de NTIC

(Cameroun: Session jeunes religieuses – Garoua 26-30 mars 2012 - jb musumbi)


Groupe religieuses Garoua session NTIC

I.  Regard global sur la Vie consacrée et sur les NTIC

I.1. Préalables

1° Motivation

Certain que les fils de l'Église, et en particulier les personnes consacrées, tiendront à accueillir cette Exhortation avec l'adhésion du cœur, je souhaite que la réflexion se poursuive pour permettre l'approfondissement du grand don de la vie consacrée dans la triple dimension de la consécration, de la communion et de la mission, et que les personnes consacrées, hommes et femmes, en plein accord avec l'Église et avec son Magistère, trouvent ainsi une ardeur nouvelle pour faire face spirituellement et apostoliquement aux défis qui se présentent. (Vita Consecrata 13)

2° Questions de curiosité (30)

3° Objectif

Annonce faite sur www.ayaas.net (Maroua 19/03). Vie consacrée face aux NTIC

4° Un malaise

5° La vie consacrée

6° Consommation

Désocialisation par la consommation d’écrans

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I.2. Vie consacrée, mission avant tout spirituelle

Commentaire verbal en lien avec ce qui est dit ci-haut sur l'identité profonde de l'être religieux. Pour plus d'information, n'hésitez pas à lire notre article sur la mission spirituelle.

I.3. Notion de TIC et de NTIC

1° Signification

2° Historique

3° Evolution de la terminologie

4° Technologies

Les TIC regroupent un ensemble de ressources nécessaires pour manipuler de l'information et particulièrement les ordinateurs, programmes et réseaux nécessaires pour la convertir, la stocker, la gérer, la transmettre et la retrouver. On peut regrouper les TIC par secteurs suivants:

5° Limites

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I.4. L’Homme : espoirs et inquiétudes

(Source : Antoine MANGA BIHINA, « La mondialisation : l’ouverture des techno-sciences et les perspectives pour une humanité de l’avenir », dans La philosophie et les interprétations de la mondialisation en Afrique, dir. Ebénezer NJOH MOUELLE, L’Harmattan, Paris 2009, p. 245-256.)

La fin du XXe siècle a ouvert à l’homme, et de façon paradoxale, des espoirs et des inquiétudes.

1° Des espoirs 

2° Inquiétudes 

3° Détermination philosophique de l’humain

Postulats:

Paramètres:

Dans quels lieux se trouve l’homme, de quels espaces et entités se dégage l’humain ?

4) Les innovations des technosciences (4 approches et 3 images de l’homme)

a) Les approches

b) L’Homme des technosciences

Tout cela ouvre la porte à la crise de l’humain.

PREMIER CARREFOUR

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II. Communauté religieuse, source de fidélité

(1 Corinthiens 13, 4-7)

II.1. La vie communautaire pendant et après le Concile Vatican II

a) Pendant le Concile[1]

Au moment du Concile, la vie communautaire était essentiellement la "vie en commun": communauté-uniformité, communauté-régularité, communauté d'exercices, communauté d'observances. Réunis par l'autorité pour une œuvre précise, on ne parlait pas tellement de valoriser les aptitudes de chacun des membres. Il n'était de bonne récréation que prise ensemble. Le supérieur était avant tout chargé de maintenir la règle et la régularité, critères du "bon religieux".  Les échanges spirituels étaient des échanges intellectuels sur des sujets religieux, très peu une mise en commun d'expériences religieuses personnelles. Les exigences de l'apostolat étaient assez habituellement subordonnées à la vie commune.

b) Évolution depuis le Concile

Il y a trois étapes de l'histoire récente de la communauté religieuse.

  1. La première étape est représentée par la découverte de la personne au sein de la communauté.
  2. La seconde étape commence à partir de 1968 avec intérêt à la communauté en tant qu'elle est fraternelle, un projet évangélique, lieu de partage de la foi, comme espace possible mais exigeant vécu dans la fatigue et l'espérance.
  3. La troisième étape, enfin, est marquée par la découverte de la réalité du monde et de ses problèmes et du lien entre communauté et monde des hommes[2].

c) caractéristiques de cette évolution

Mais qu'est-ce qui caractérise une communauté de communion?

Comparons les deux types de vie. La spiritualité de la soumission à la volonté de Dieu s'est  ouverte à la fraternité et à l'amitié dans le Christ, lesquelles se constituent et s'approfondissent principalement autour de l'eucharistie. Alors que la conception antérieure était surtout ascétique, la nouvelle est théologique.

d) Aspects positifs de ces changements

e) Aspects négatifs de ces changements

Contentons-nous de les énumérer:

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II.2. Communauté, lieu de relations vraies et d'amour fraternel

D'après le Père Laurent Boisvert, la communauté religieuse constitue pour les religieux un lieu de relations vraies et d'amour fraternel[3].

a) Lieu de relations vraies

L'être humain, homme ou femme, est fait pour la communion et il ne peut s'accomplir que dans la relation interpersonnelle authentique. La vérité de cette relation se reconnaît à la présence simultanée de trois éléments relatifs à soi et à l'autre: la perception, l'acceptation et l'actualisation.

1°. Perception de soi et de l'autre. Une connaissance lucide et objective est indispensable à la relation vraie. Cette connaissance porte d'abord sur soi, car on ne peut percevoir l'autre dans sa réalité si on est incapable de se percevoir soi-même avec objectivité. Chacun a donc avantage à se poser quelques questions. Ai-je conscience de mon corps d'homme ou de femme, avec ses besoins et son langage, sa beauté et ses imperfections? Ai-je le courage de regar­der mes forces et mes faiblesses psychologiques, mon degré de maturité? Une connaissance objective de soi rend ca­pable de porter sur l'autre un regard lu­cide.

La perception de soi et de l'autre est à la fois stimulante et souffrante. La découverte de notre dignité d'être humain, de la valeur exceptionnelle de notre être chrétien, de la beauté unique de notre personnalité est source de confiance et de dynamisme. Par contre, la conscience de nos pauvretés, l'image idéalisée de soi et de l'autre qui ne s'actualisera jamais provoquent d'inévitables souffrances. Seule est libératrice la perception juste et sereine de soi et de l'autre.

2°. Acceptation de soi et de l'autre. Cette double acceptation est intimement liée : dans la mesure où on est capable de s'accepter soi-même, on devient capable d'accepter l'autre. Chacun doit donc tendre à l'accueil serein de son être total. Il doit également accepter son être marqué par un passé qui, pour une large part, ne dépend pas de lui: être né en ville ou à la campagne, dans un milieu riche ou pauvre.

De plus, chacun doit accueillir l'autre inconditionnellement. Cette acceptation de soi et de l'autre fonde la capacité de vivre en communauté et la rela­tion interpersonnelle authentique.  Mais hélas! l'acceptation de son identité propre et de celle de l'autre est difficile. Ce n'est pas spontanément que chacun accueille les côtés sombres de son être, ses carences physiques, ses pauvretés psychologiques et spirituelles, sa maladie et sa mort; il cherche plutôt à les éliminer ou à les cacher. Un effort est également exigé pour accueillir l'autre avec ses différences. On résiste facilement à ses pen­sées et réactions, à ses perspectives et convictions, dans la mesure où elles sont éloignées des nôtres. Son altérité nous fait peur, sa richesse provoque notre envie, sa pauvreté nous éloigne. Il faut des convictions, un effort soutenu et de la patience pour reconnaître l'autre dans son identité.

3°. Actualisation de soi et de l'autre. Chacun aspire à être davantage, à s'accomplir au maximum. Le chemin pour y parvenir a comme point de départ obligatoire la perception lucide et l'acceptation courageuse de son être. De plus, l'effort doit être orienté vers ce que chacun porte en lui et peut devenir. S'il est heureux de ce qu'il peut être, satisfait de devenir ce qu'il est, il actualisera ses potentialités dans la paix et la confiance. Il s'aimera tel qu'il est comme Dieu l'aime. Il ne cherchera pas à devenir ce que l'autre veut qu'il soit pour échapper à ses propres différences.

Cette attitude à l'égard de lui-même le rend capable d'aider l'autre à de­ve­nir ce qu'il peut être dans sa vérité propre. C'est en le confirmant dans ce qu'il a de bon, beaucoup plus qu'en lui montrant ses carences, qu'il favorise l'actualisation de ses po­tentialités. Conscient que l'autre est radicalement distinct, il se met au service de ses besoins réels et l'aide à promouvoir son altérité. Agir ainsi, c'est vraiment aimer l'autre.

Ajoutons que, avec les meilleures intentions, on a parfois tendance à imposer à l'autre sa propre manière de voir, ses attitudes et comportements personnels. On est convaincu que les moyens de croissance qui ont porté en nous des fruits positifs produiraient les mêmes résultats si on les appliquait à l'autre. C'est ainsi que des religieux et religieuses regrettent qu'on ne forme pas ceux et celles qui entrent aujourd'hui en vie religieuse en utilisant des méthodes qu'ils ont eux-mêmes trouvées sévères mais efficaces. On ne se rend pas compte qu'il y aurait là une négation de l'altérité des candidats à la vie religieuse: culture, sensibilité, langage, préoccupations, intérêts, etc. La seule façon de les aider vraiment à devenir d'authentiques religieux et religieuses, n'est-ce pas de partir de leur être réel, de le reconnaître et de l'accepter? Agir autrement équivaudrait à les faire devenir ce qu'on veut qu'ils soient, non ce que Dieu veut qu'ils deviennent. Les aider à être parfaitement eux-mêmes, si différents soient-ils de nous, voilà ce que signifie les aimer. Le contraire s'appelle aliénation ou destruction (p. 90).

b) Lieu d'amour fraternel

Étant un lieu de relations vraies, la communauté religieuse est par là même un lieu d'amour, puisque l'amour est relation intersubjective. Les religieux ne se conten­tent pas de relations vraies, si importantes soient-elles; ils veulent s'aimer les uns les autres de cet amour évangélique marqué par la gratuité, l'universalité et la miséricorde.

1°. Amour gratuit. L'amour de Dieu est essentiellement gratuit. Il "donne par pure bienveillance, sans qu'aucune obligation l'y incite, sans que s'impose à lui aucune exigence de la part de celui qui reçoit"[4]. Or Jésus demande à ses disciples d'amer comme le Père aime, d'aller jusqu'à donner leur vie pour leurs ennemis. Voilà ce que les religieux se propo­sent de vivre.
L'amour gratuit se reconnaît

2°. Amour universel. De même que le Père n'exclut personne de son amour, lui qui "fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, descendre sa pluie sur les justes et sur les in­justes" (1 Th 5, 45), ainsi les croyants, à la suite de Jésus, doivent se faire proches de tous ceux qui sont dans le besoin et même donner leur vie pour leurs ennemis. Seule la gratuité rend l'amour universel.

L'ouverture de l'amour ne se mesure pas d'abord au nombre de personnes aimées, mais à la bienveillance et bienfaisance à l'égard de ceux qui nous sont moins sympathiques. Par ailleurs, si l'amour universel nous interdit de limiter nos relations aux seules personnes qui nous sont sympathiques, il ne défend pas d'éprouver de la sympathie ou de l'antipathie. Ces sentiments naissent spontanément dans nos contacts quotidiens. L'amour universel n'interdit pas les éprouver, mais de limiter notre accueil, notre disponibilité, nos services aux personnes qui nous conviennent, en excluant celles qui ne nous reviennent pas.

Pour Jean Vanier,

les deux grands dangers d'une communauté sont les "amis" et les "ennemis". Si nous nous laissons guider par nos émotions, très vite des clans vont se constituer à l'intérieur de la communauté. Ce ne sera plus alors une communauté mais des groupes de personnes plus ou moins fermés sur eux-mêmes et bloqués par rapport aux autres. (...) Une communauté n'est une communauté que quand la majorité des membres a décidé consciemment de briser ces barrières[5].

3°. Amour miséricordieux. Jésus demande à ses disciples d'être miséricordieux comme le Père est miséricordieux. Miséricorde est entendue ici dans le sens de pardon. Et ce pardon ne doit pas être identifié à l'oubli. Allant bien au-delà de la parole d'excuse, pardonner c'est garder à l'égard de l'ennemi une rela­tion fraternelle parce qu'il est et demeure un frère, même si, de son côté, il entretient un sentiment et une attitude d'inimitié.

Dans une communauté où cesse le pardon les membres accentuent leur séparation mutuelle. Certains vivent en rupture avec les autres parce qu'ils refusent d'accueillir ou d'offrir le pardon. Et là où cesse le pardon alors que l'on continue de s'offenser, apparaît la violence. La victoire d'une violence sur une autre produit la destruction. Dans une communauté religieuse évangélique, chaque membre devrait pouvoir compter sur le pardon des autres, sur leurs aide et réconfort plus que sur leurs jugement et condamnation.

En tout, la communauté a un grand rôle à jouer: "Il n'est guère pos­sible d'éviter des blessures provenant de la vie ou du ministère; voilà pourquoi la communauté a un rôle de guérison et de réconciliation. Si ce service n'est pas rendu, les incompréhensions accumulées détruiront la confiance et rendront les relations communautaires superficielles et formelles" (Témoins en communauté apostolique,1992, 23). Nous pourrions alors affirmer comme le Père Marcello Zago qu'il n'existe pas de communauté idéale ni de charité parfaite[6].

Conclusion. Terminons avec la pensée du Père Fabio Ciardi dans Le cou­rage de la communion[7]. Parmi les instruments concrets qu'il propose pour la vie de communion, il souligne que les religieux doivent mettre en tête qu'ils vont à la communauté pour partager un chemin de foi, lequel n'est possible qu'en se voyant en homme nouveau chaque jour, en s'entraidant à progresser dans la voie spirituelle et en prati­quant la correction fraternelle.

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II.3. La vie fraternelle en communauté

 (Source : LA VIE FRATERNELLE EN COMMUNAUTÉ - CONGRÉGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE – Rome 2 février 1994)

Les réalités qui font qu'une communauté soit d'inspiration évangélique, notamment la fraternité et l'accueil, la communication, l'amitié et le dialogue, l'égalité et la mobilité.

1°  Evolution dans la société

(4). La société est sans cesse en évolution: les religieux et les religieuses, qui ne sont pas du monde, mais vivent dans le monde, en éprouvent l'influence. voici quelques courants qui ont marqué plus directement la vie religieuse en général et la communauté religieuse en particulier.

a) Les mouvements d'émancipation politique et sociale dans le Tiers monde et le développement du processus d'industrialisation ont favorisé dans les dernières décennies de grands changements sociaux et suscité une attention spéciale au "développement des peuples"et aux situations de pauvreté et de misère.

Les communautés religieuses ont reçu fortement l'impact et beaucoup ont été amenées à repenser les modalités de leur présence dans la société en vue d'un service plus direct des pauvres, y compris au moyen de leur insertion parmi eux. Partout s'impose le défi de l'inculturation. Les cultures, les traditions, la mentalité d'un pays influent sur la manière de mener la vie fraternelle dans les communautés religieuses.

b) La revendication de la liberté personnelle et des droits de l'homme a été à l'origine d'un vaste processus de démocratisation qui a favorisé le développement éconOMIque et la croissance de la société civile.

La contestation de l'autorité n'a pas épargné l'Eglise et la vie religieuse, avec des conséquences évidentes sur la vie communautaire.

L'accent mis de façon unilatérale et excessive sur la liberté a contribué à répandre en Occident la culture de l'individualisme, affaiblissant l'idéal de la vie commune et de l'engagement pour les projets communautaires.

c) La promotion de la femme, un des signes des temps selon Jean XXIII, n'a pas manqué de retentir dans la vie des communautés chrétiennes de divers pays. Presque partout les communautés religieuses féminines sont en recherche positive de formes de vie commune jugées plus conformes à la conscience renouvelée de l'identité, de la dignité et du rôle de la femme dans la société, dans l'Eglise et dans la vie religieuse.

d) L'explosion des communications à partir des années 60 a notablement, et parfois dramatiquement, influencé le niveau général de l'information, le sens de la responsabilité sociale et apostolique, la mobilité apostolique, la qualité des relations à l'intérieur de la communauté religieuse, sans parler de son style de vie et du climat de recueillement qui devrait la caractériser.

e) Le consumisme et l'hédonisme (recherche du plaisir et de la satisfaction, l’évitement de la souffrance) l'affaiblissement de la vision de foi dans un contexte de sécularisme, n'ont pas laissé les communautés religieuses indifférentes. En beaucoup de régions ils ont mis à dure épreuve la capacité de certaines de "résister au mal", mais ont provoqué aussi de nouveaux styles de vie personnelle et communautaire qui sont un témoignage évangélique lumineux pour notre monde.

Tout cela a constitué un défi et un appel à vivre avec plus de vigueur les conseils évangéliques, et à soutenir ainsi le témoignage de la communauté chrétienne.

2° Changements dans la vie religieuse

(5). Au cours de ces années, les changements qui se sont produits dans la vie religieuse ont eu une incidence profonde sur les communautés.

a) Nouvelle configuration des communautés religieuses. Dans beaucoup de pays, les initiatives croissantes de l'Etat dans des milieux où oeuvrait la vie religieuse, tels que l'école ou la santé, ainsi que la chute des vocations, ont entrainé une réduction de la présence des religieux et religieuses dans les oeuvres caractéristiques des Instituts apostoliques.

On observe une diminution des communautés au service d'oeuvres visibles qui caractérisaient depuis de longues années la physionOMIe de divers instituts. Dans certaines régions, on donne la préférence à des communautés plus petites, composées de religieux qui s'engagent dans des oeuvres n'appartenant pas à l'Institut, même si souvent ces activités s'accordent avec son charisme. Réduction du temps disponible pour la vie commune.

b) L'augmentation des demandes d'intervention pour répondre aux besoins les plus urgents (pauvres, drogués, réfugiés, marginaux, handicapés, malades de tout genre), a suscité, de la part de la vie religieuse, des réponses d'un dévouement admirable et admiré.

c) La façon de comprendre et de vivre le travail personnel, entendu dans un contexte sécularisé comme le simple exercice d'un métier ou d'une profession déterminée, et non comme l'accomplissement d'une mission d'évangélisation, a parfois rejeté dans l'ombre la consécration et la dimension spirituelle de la vie religieuse, au point de considérer la vie fraternelle en commun comme un obstacle à l'apostolat lui-même.

d) Une nouvelle conception de la personne est apparue dans la période qui a suivi immédiatement le Concile, avec une forte insistance sur la valeur et les initiatives de la personne. Peut de temps après s'est vivement manifesté un sens aigu de la communauté, entendue comme une vie fraternelle qui se construit sur la qualité des rapports interpersonnels plutôt que sur les aspects formels de l'observance régulière.

e) Les nouvelles structures de gouvernement résultant des Constitutions rénovées requièrent une beaucoup plus grande participation de la part des religieux et religieuses. D'où l'apparition d'une manière différente d'affronter les problèmes en faisant appel au dialogue communautaire, à la coresponsabilité et à la subsidiarité. Tous les membres sont amenés à s'intéresser aux problèmes de la communauté. (cf. Vie fraternelle en communauté).

3° La communauté religieuse, lieu où l’on devient frère et sœur

(11). Le don de la communion suscite le devoir de construire la fraternité, de devenir frères et soeurs dans une communauté dont les membres sont appelés à vivre ensemble.

(12). Spiritualité et prière. Etant donné son enracinement mystique, toute communauté chrétienne authentique apparaît "en elle-même comme une réalité théologale, objet de contemplation"(28). La communauté religieuse est avant tout un mystère qui doit être contemplé et accueilli dans l'admiration et l'action de grâce, dans une claire dimension de foi.

Quand on oublie cette dimension mystique et théologale, liée au mystère de la communion divine présente et communiquée à la communauté, on en vient irrémédiablement à oublier aussi les raisons profondes de vivre en communauté, de construire patiemment la vie fraternelle.

La prière doit être comprise comme un temps de rencontrer avec le Seigneur, pour qu'il puisse agir en nous et, au milieu des distractions et des fatigues, combler la vie, la réconforter, la guider.

(15). La prière en commun atteint toute son efficacité quand elle est intimement unie à la prière personnelle. Prière commune et prière personnelle sont étroitement liées et complémentaires.

a) Liberté personnelle et construction de la fraternité

(21). "Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ" (Ga 6,2). Dans toute la dynamique communautaire, le Christ en son mystère pascal demeure le modèle suivant lequel se construit l'unité.

Pour vivre en frères et en soeurs, il faut parcourrir un vrai chemin de libération intérieure. L'amour du Christ diffusé dans les coeurs pousse à aimer les frères et les soeurs jusqu'à assumer leurs faiblesses, leurs problèmes, leurs difficultés; en un mot jusqu'à se livrer soi-même.

(22). Le Christ donne à la personne deux certitudes fondamentales: celle d'avoir été infiniment aimée et celle de pouvoir aimer sans limites. Il n'y a que la croix du Christ qui puisse donner d'une façon pleine et définitive ces certitudes et la liberté qui en découle.

C'est de cet amour que naît la communauté comme un ensemble de personnes libres, libérées par la croix du Christ.

Une communauté qui vit la fraternité et le partage exerce un attrait naturelle sur les jeunes, mais, par la suite, la persévérance dans les conditions de la vie concrètes peut leur devenir un pesant fardeau. La formation initiale doit donc les amener à prendre conscience des sacrifices requis par la vie en communauté, à les accepter en vue d'une relation joyeuse et vraiment fraternelle, et à vouluoir toutes les attitudes d'une personne intérieurement libre(35); car, en perdant sa vie pour ses frères, on la retrouve.

(26). L'idéal communautaire ne doit pas faire oublier que toute réalité chrétienne s'édifie sur la faiblesse humaine. La communauté idéale et parfaite n'existe pas encore.

b) Communiquer pour croître ensemble

(29). Parmi les facteurs humains qui ont pris de l'importance pour la vie communautaire dans le renouveau des dernières décennies, la communication a été de plus en plus mise en valeur. L'exigence de faire croître la vie fraternelle de la communauté porte avec soi la requête correspondante d'une communication plus large et plus intense.

Pour devenir frères et soeurs, il est nécessaire de se connaître. Pour se connaître il semble très important de communiquer plus largement et profondément. Aussi porte-t-on aujourd'hui une plus grande attention aux divers aspects de la communication, même si on le fait dans une mesure et d'une manière différentes suivant les instituts et les régions du monde.

Cette communication ample et rapide aux différents niveaux, dans le respect de la physionOMIe propre de l'institut, crée normalement des relations plus étroites, alimente l'esprit de famille, fait participer aux événements de tout l'institut, sensibilise aux problèmes généraux, resserre les personnes consacrées autour de leur commune mission.

DEUXIEME CARREFOUR

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III. La communication numérique, un défi pour la formation

(Source : Pina RICCIERI, Formazione a portata di click. Comunicazione digitale e santificazione della mente, Paoline, Milan 2011).

III.1. Un nouveau contexte socioculturel

L’immersion dans le monde de communication numérique tout en apportant un nouveau contexte socioculturel apporte aussi la confusion et la désorientation dans la recherche de nouveaux horizons du sens.  Aussi l’être et le travail de la personne consacrée se réalisent-ils dans un nouveau contexte socioculturel qui a ses propres langages liés à l’électronique et à Internet. Ces langages constituent un apsect essentiel du changement et ils ont une valeur fortement anthropologique.

La formation à la vie consacrée ne peut pas se réaliser sans prendre en considération la prolifération du phénomène Internet avec ses multiples formes de communication (ex. Université virtuelle africaine). Le grand défi consiste à ce que les médias soient utilisés de façon critique et responsable. Parlant de nouveaux aréopages dans Vita Consecrata, Jean-Paul II invite les religieux et les religieuses à s’engager dans la communication(VC 99). Il s’agit de témoigner de l’Evangile à travers les moyens de communication sociale.

Par conséquent, le processus de formation ne demande pas seulement d’apprendre à utiliser les moyens modernes de communication, mais surtout d’acquérir une nouvelle mentalité culturelle des médias avec engagement profond de porter l’Evangile dans la main et dans le cœur. Le monde de cyberspace doit être considéré comme un nouvel aréopage moderne (Assemblée de juges, de savants, d'hommes de lettres très compétents dont Internet constitue l’outil le plus puissant, avec d’énormes ressources de croissance personnelle et d’évangélisation ainsi que des risques de marginalisation. Voilà pourquoi l’Eglise aspire à vivre le continent digital avec le regard de la foi pour y introduire la fascination de l’Evangile, pour rencontrer les nombreux assoiffés de vérité et d’amour d’aujourd’hui. Pour offir à tous, à un plus grand nombre du peuple de Dieu, l’espérance qui sauve, les personnes consacrées doivent témoigner de leur foi, don de Dieu, sur le réseau. Telle est leur mission. « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! » (1 Corinthiens 9:16).

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III.2. La formation : regard d’ensemble

L’évolution rapide des NTIC exerce une grande influence non seulement sur le monde civil mais aussi sur la vie religieuse. Dans ce contexte, la formation devient un impératif pour améliorer la fonctionnalité, la gestion des initiatives qui réclament toujours de grandes compétences et pour répondre avec efficacité et efficience aux sollicitations externes. La formation ne doit pas être considérée seulement comme un concept mais aussi et surtout comme un CONTEXTE.

En effet, à la lumière des nouveautés apportées par les NTIC qui ont marqué l’ambiance de vie et ont modifié les rapports entre formateurs et formés, la formation est devenue aussi contexte, càd « lieu de construction et de co-construction des relations, de réciprocité éducative intense comme échange et approfondissement réciproque ». Dans ce contexte, le cadre de la formation s’élargit non seulement à la construction et au développement du savoir, mais aussi au savoir être et savoir faire, dimensions constitutives du concept compétence.

Et la vie consacrée ?

Face à tous ces changements, il convient de repenser à fond la situation et les devoirs de la vie religieuse, avec ouverture et attention aux exigences du monde qui change (la nouveauté), sans négliger les exigences de l’Evangile.  Ce que la société consomme aujourd’hui, c’est surtout le DESIR et le REVE, voilà qui fait naître le sens de l’insatisfaction et de frustration  de l’individu.

L’évolution rapide des technologies de communication et du réseau Internet interpelle profondément la vie consacrée pour sa MISSION dans le monde. La communication a produit de profonds changements dans le mode de penser, de sentir, d’agir et d’entrer en relation avec d’autres. La communication continue à déverser dans l’individu une quantité toujours plus grande de données ou  d’informations rapides avec l’objectif de susciter dans l’individu d’autres besoins. La perception de Dieu a également changé. La nouvelle religiosité (new age) suscite plusieurs interrogations ! Dieu serait-il une réponse aux désirs personnels, une solution aux souffrances ???

Le congrès international de la vie consacrée sur le thème « Passion pour Christ, passion pour l’humanité » (Rome novembre 2004), a relevé avec force plusieurs limites dans l’engagement missionnaire, notamment le scandale des abus sexuels, le blocage, la peur du futur. Il y a cependant un profond désir de renouvellement dans l’engagement sincère en faveur du Christ pour le rayonnement de sa mission dans le monde.

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III.3. L’incidence des médias dans la formation

Entendons par « incidence » : conséquence, effet, influence, impact, retombée. Chose évidente, formation et médias numériques ne sont pas en relation conflictuelle, au contraire, leur rencontre offre de nouvelles opportunités pour la croissance humaine et personnelle. Cela constitue aussi un vrai défi de formation qui éveille le sens de responsabilité. Cela ne veut pas dire ignorer le danger que peut constituer la communication médiatique pour la vie religieuse. Il serait intéressant d’examiner l’impact des médias sur ces 4 dimensions de la vie consacrée : spirituelle, formative, communautaire, apostolique.

Au plan spirituel

Les médias peuvent offrir un espace pour prier, pour se rencontrer et parler de Dieu. Et si cela est bien géré, ce genre de contact peut réellement donner vie, exemple créer des  groupes de prière online, qui peuvent se rencontrer de plusieurs moyens à travers le monde entier (vidéo, clip religieux, méditation enregistrée sur MP3, etc.). Un exemple éloquent : « Retraite en ville » pour carême par les frères dOMInicains et des moniales de Lille en France.

Cependant, cette pratique ou l’usage de ces langages peut rendre difficile la capacité de concentration, l’intériorisation, le silence nécessaire pour l’écoute, la méditation sur la parole de Dieu, le recueillement, voire l’intimité avec le Seigneur. L’usage excessif des NTIC pendant la prière ne doit pas faire oublier la nécessité d’alimenter la relation directe avec l’Absolu, sans médiation digitale. Comme l’affirme Benoît XVI, « au début de l’être chrétien il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne » (Lettre Encyclique Deus caritas est », Vatican 2005, n. 1.) importance donc de l’expérience individuelle.

Pour un correct usage des médias, il faut un dosage équilibré des temps, une évaluation des lieux où se connecter et surtout l’activation d’une conscience critique. La portabilité des dispositifs de communication implique une bonne surveillance.

Du point de vue formatif

Les technologies numériques peuvent favoriser une nouvelle modalité de formation à distance. Dans un groupe restreint, bien que les membres soient de communautés différentes, on peut dialoguer et discuter sur la parole de Dieu, ex. « Newsgrup ». il est possible aussi d’activer un cours, par exemple sur le charisme pour tous les membres de l’institut. Il en va de même avec les rencontres importantes de la congrégation, ex. les chapitres généraux, des opportunités qui favorisent le sens d’appartenance et aident à la croissance des membres. Nombreux sont ceux qui organisent des rencontres online pour éconOMIer de l’argent, gagner du temps et éviter de se déplacer d’un lieu à l’autre.

Il y a bien sûr la différence entre la formation online et celle traditionnelle, avec avantages et inconvenients à considérer, mais l’intégration des NTIC n’est pas incompatible. Il y a cependant à côté des aspects positifs une certaine perplexité et un tas d’interrogations. Comment approfondir et assimiler les valeurs online dans la vie offline ? comment faire pour ne pas gaspiller les énergies humaines, spirituelles et économiques ? comment aller en profondeur dans le concret avec ce qu’on a appris superficiellement sur le réseau ? ces interrogations exigent des réponses qui permettent de repenser la formation selon la nouvelle mentalité.

Sphère communautaire

Le phénomène internet a modifié et surtout facilité le contact entre les personnes situées aux quatre coins du globe, de la planète terre. Il favorise un considérable gain du temps et des moyens éconOMIques. La poste électronique est plus avantageuse que la poste traditionnelle. Social Network et Skype (messagerie instantanée) ou Voip permettent d’établir des relations à coût 0 quand bien même on vit une certaine dépendance affective online qui pousse l’individu à vivre une proximité distante avec les membres de sa propre communauté.

La communauté est le lieu par excellence où se vit la vérité, la maturité de sa propre capacité d’entretenir de relations ou de communiquer. Ainsi la dimension communautaire met en lumière la qualité des relations fraternelles qui se mesure aussi dans l’usage des médias. Avantage et inconvenient ? Internet peut éloigner la personne de la fatigue quotidienne de la vie commune, espace dans lequel on pense superficiellement pour soigner ses propres blessures ou où l’on comble son désir naturel d’être en compagnie d’autres personnes sans trop se demander si cela aide à la croissance.

Internet permet à l’individu, bien qu’il soit dans sa communauté, d’aller au-delà, en dehors, pour chercher de nouvelles relations, nouvelles expériences avec d’autres dépassant les barrières linguistiques et culturelles, l’espace où l’on a la sensation d’être plus intimement unis les uns les autres.
Aujourd’hui toutes les communautés et tous les membres d’une congrégation peuvent être en communion et en dialogue entre eux au même moment. Les mêmes communautés en mission ad gentes ne sont plus éloignées et isolées du reste de la congrégation. Les mêmes missions ont changé de visage, partir en mission n’est plus se couper du reste de la congrégation, de la famille, des amis, les NTIC permettent de rester unis et de recevoir appui et soutien fréquent, ils peuvent même intensifier l’esprit missionnaire des autres membres de la congrégation.

Divers sont risques des médias sur la communauté. Le plus commun est l’ISOLEMENT.  Souvent les religieux se refugient dans ces moyens de communication pour fuir l’inadaptation dans la vie commune. La rapidité des nouvelles peut créer le désordre et la désillusion à l’intérieur de la congrégation ; les nouvelles ne suivent le canal de communication légitime habituel. En outre, les communautés religieuses online peuvent se constituer, qui voyagent parallèlement avec celles offline provoquant des dommages personnels et institutionnels.

En somme, d’un côté Internet et les réseaux sociaux des opportunités inattendues pour l’annonce de la foi, peuvent être utilisés comme lieu d’évangélisation, de partage de la parole de Dieu, d’animation juvénile et vocationnelle, de catéchèse, pour une action pastorale rénovée, créative. De l’autre côté, on peut risquer de réduire le contact humain à celui virtuel arrivant ainsi aux vraies formes d’isolement communautaire, symptôme des problématiques plus profondes. 

Le facteur TEMPS mérite une attention particulière. Nombreux sont ceux qui disent que ici et là, les personnes consacrées perdent beaucoup de temps dans la navigation ou l’usage exagéré du web gaspillant les énergies propres à la mission. L’overdose électronique produit la perte du social à l’intérieur de la communité de vie, rend les rapports toujours plus formels et moins fraternels.

 Parmi les problèmes suscités, une problématique émerge : comment surmonter la DIVISION numérique au sein de la même institution ou de la même communauté ? Les uns ont la compétence et peuvent utiliser le réseau librement, d’autres n’en connaissent absolument rien. Ainsi la communauté se divise en deux classes. Il faudrait une vigilance de la part des autorités pour offrir à tous l’opportunité de la formation aux médias et d’accès libre à tous les membres de la communauté.

Au niveau apostolique

Le cyberspace est le lieu privilégié pour la promotion du charisme, la carte mondiale de ses propres présences ou son rayonnement ; c’est la vitrine pour communiquer sa propre mission, ses propres valeurs, la spiritualité. Le réseau offre la VISIBILITE sociale au charisme institutionnel et se propose à l’opinion publique avec un marketing aux coûts réduits.

En outre, Internet peut être considéré comme une vitrine vocationnelle pour susciter chez les jeunes générations le désir de rencontrer le Maître et de découvrir son projet d’amour sur eux. Dans une humanité en quête de sens, le réseau est un outil puissant pour lancer un message de foi et d’espérance aux utilisateurs sans frontières.

Le point névralgique (sensible) pour les institutions ne consiste pas seulement dans l’être en ces NTIC mais dans COMMENT habiter le nouveau continent, quels langages adopter – à l’intérieur de la même mission ou de la même congrégation – pour répandre la lumière de la VERITE à travers Internet ?

Sur le réseau il faut présenter une IDENTITE institutionnelle claire, se présenter aussi sur les réseaux sociaux avec dignité correspondant aux valeurs de l’Evangile. Il est impérieux de dépasser la tentation de l’exhibitionnisme, d’exposer sur le réseau les contenus prétentieux.  Pour être plus significatif aujourd’hui la seule PRESENCE sur le net ne suffit pas, elle seule ne peut pas communiquer la passion apostolique, l’enthousiasme d’une vie toute donnée par amour et pour toujours au Seigneur et aux gens de son temps.

Cependant, en ligne, la dimension de la personnalisation des rapports manque, il n’y a pas de contact humain avec le témoignage de la foi sur le terrain, l’action la plus convaincante, la plus attrayante en apostolat. Internet peut favoriser et constituer le premier moment de rencontre, la première connaissance digitale des apôtres du troisième millénaire, mais la FOI est avant tout ouverture à la transcendance, adhésion personnelle à la Vérité. Tout cela ne peut pas découler seulement du rapport online. C’est une dimension complexe mais surtout un don du Seigneur.

Les différents risques entre opportunités et menaces ne doivent pas faire reculer la personne consacrée face au monde digital qui avance ; au contraire, ils la poussent à un engagement quotidien d’AUTOFORMATION, vécu personnellement et communautairement qui, grâce à l’inspiration évangélique, permet de discerner les énergies providentielles qui découlent des médias, lesquelles si bien utilisées constituent un don pour la vie et la mission de chaque personne consacrée de l’époque actuelle. Dans la mesure où les sujets seront formés à filtrer, à sélectionner, partager et gérer avec intelligence et bon sens ce qui est produit dans le réseau, fleuriront les multiples opportunités créées par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

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III.4. L’éducation aux médias dans la formation

Clarification

  1. Eduquer dans les médias : au centre du focus se trouve le sujet. Dans ce cas, les médias sont le contexte, le cadre communautaire, formatif, apostolique. L’attention est sur la sauvegarde de la croissance de l’individu (liberté, autonomie, créativité, sens critique). Ici il est important de comprendre les modalités de l’interaction des médias numériques.
  2. Eduquer aux médias : l’attention aux médias est l’objectif du parcours éducatif lui-même avec référence à la comprhénsion critique des médias, entendus nons seulement comme instruments mais aussi comme langage, ressource, environnement, culture. Les médias sont donc l’objet de l’apprentissage. Emergent alors le concept d’alphabétisation ou autre : éducation technologique, compétence médiatique
  3. Eduquer avec les médias : les médias sont considérés comme des instruments qui aident à l’apprentissage ou qui favorisent puissamment le processus de formation du sujet.

Ainsi, former à travers les médias devient un engagement, une tâche pour les formateurs, les formatrices du troisième millénaire.

Bref, trois grands types d’intervention d’Education aux médias : le type qui privilégie l’aspect de la compréhension des messages numériques et du système des communications de masse (orientation sur la formation de connaissances) ;  compétence dans l’utilisation des instruments de communication (orientation des habitudes) ; enfin le type qui se préoccupe surtout d’enseigner les modalités de production de messages originaux en divers langages (orientation à affiner les capacités expressives et la formation des habilités).

Le monde actuel vit une mutation socioculturelle impressionnante. La vitesse du changement social est amplifiée par la technologie numérique. La société et la culture changent. Et cela change notre façon de comprendre l’espace, le temps, l’identité, l’appartenance, les relations sociales, l’apprentissage, la formation et la vie consacrée elle-même. D’après une sociologue américaine, Sherry Turkle, « le computer a changé, les temps ont changé, et nous avons (les hommes) changé ».

Les technologies numériques ont modifié notre vie quotienne, et grâce à l’interactivité, elles exercent une puissance nouvelle sur notre existence. Et puisqu’il y a consommation, la technologie elle-même change de jour en jour. Vers quelle direction s’oriente la technologie numérique ? vers la réalisation d’un système de communication ouvert à tous sur l’échelle globale.

La clé d’interprétation permettant de gérer la mutation peut être trouvée dans l’alphabétisation numérique, dans la diffusion des connaissances nécessaires pour l’utilisation des appareils numériques. Sans cette connaissance la société risque de se diviser entre les marginaux de la société ou analphabètes, les exclus et la génération numérique. Mais cette connaissance nécessaire n’est pas à portée du click pour tous, surtout dans le tiers-monde… il faut penser aussi aux analphabètes et aux anciens.

Il faut cependant faire attention au phénomène OVERDOSE cognitive, la surabondance d’informations qui circulent sur le web (world wide web). Cela peut à la fois offrir l’opportunité d’acquérir des connaissances et de se perdre dans un vaste monde inconnu, le labyrinthe. On se demande toujours quoi sauver, quoi mettre à la poubelle, comment naviguer… il faut donc avoir des instruments pour apprendre à naviguer et à filtrer les informations dans cyberspace, cybermonde, visite virtuelle sur Internet. L’overdose cognitive se combat avec la formation à l’usage critique et créatif des informations ; elle éduque à la capacité individuelle de filtrer et d’assimiler l’information pour la transformer en connaissance.

Dans ce nouveau contexte culturel, il devient urgent, surtout pour les nouvelles générations, en plus de l’acquisition de compétence numérique, encourager et soutenir les interventions formatives qui consolident la dimension émotive-relationnelle  qui doit être un espace de croissance et de maturation humaine.

Le réseau (Network), réponse au besoin humain de créer des relations interpersonnelles sans frontières,  est devenue une énorme potentialité des pratiques communicatives. Mais si d’un côté chat, twitter, facebook, outils de contact facile sur le web, ouvrent les frontières avec une rapidité extraordinaire de communication, de l’autre côté, les relations interpersonnelles deviennent superficielles. Voilà qui révèle l’ambivalence du monde online.

Il se pose en même temps un problème d’identité. Chose certaine, le boum des réseaux sociaux met en danger notre identité personnelle. Sur beaucoup de site, avec un seul click, on peut avoir une seconde vie (second life), une identité nouvelle et irréelle. Si l’on pouvait se cacher derrière les vieux chats et forums, les nouveaux réseaux sociaux ont tendance à faire immerger les vrais noms, les visages des hommes et des femmes réels, les histoires, les passions, les relations humaines. C’est peut-être cela la cause du succès des sites de rencontres. Mais notre propre identité personnelle est mise aussi en danger parce qu’on cours le risque de s’identifier à son image virtuelle, et donc de vivre l’isolement, sans contact relationnel avec le monde réel.

Le paradoxe c’est qu’il y a à la fois socialisation et asocial. En outre, avec le changement des données personnelles sur le réseau il y a toujours le risque de perdre le droit à la vie privée (privacy). Il s’ensuit que la technologie en soi n’est pas ennemi des relations authentiques, mais il faut avoir la capacité de décider  ce qu’il faut faire et comment rester sur les réseaux sociaux. Chaque communication authentique grandit et murit dans la rencontre la personnelle. Il faut éduquer les natifs digitaux à avoir le courage de se déconnecter pour contacter la réalité concrète.

TROISIEME CARREFOUR

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SOURCES

  • Page web: www.ayaas.net (Site personnel jb musumbi).
  • Page web: www.thesisternet.it (Site perso Soeur Caterina Cangià, fma)
  • Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, La vie fraternelle en communauté, «Congregavit nos in unum Christi amor», 1994.
  • JEAN-PAUL II, Exhortation Apostolique post-synodale «Vita Consecrata», 1996.
  • BENOIT XVI, Exhortation Apostolique post-synodale «Africae Munus», 2011.
  • Pina RICCIERI, Formazione a portata di click. Comunicazione digitale e santificazione della mente, Paoline, Milano 2011.
  • Antoine MANGA BIHINA, «La mondialisation: l’ouverture des techno-sciences et les perspectives pour une humanité de l’avenir», dans La philosophie et les interprétations de la mondialisation en Afrique, dir. Ebénezer NJOH MOUELLE, L’Harmattan, Paris 2009, p. 245-256.

Notes:


[1] Voir de COUESNONGLE V., "Communauté de vie", in DVS, 152-161.

[2] Cf. SECONDIN B, "Comunità religiosa e comunità ecclesiale", 49-51.

[3] BOIVERT Laurent, Le célibat religieux, Paris, Cerf, 1990, 79s.

[4]AGAESSE Paul, "Gratuité", dans Dictionaire de spiritualité, VI, 787.

[5] VANIER Jean, Op. cit., p. 13-14.

[6] Cf. P. Zago, "La charité fraternelle", in Documentation OMI, n° 197, avril 1994, 16.

[7] Cf. CIARDI F. (ed), Il coraggio della comunione. Vie nouve per la vita religiosa, Roma, Città nuova, 1993, pp. 32-45.

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