Nous sommes le 24/05/2019 et il est 07h33 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Notre mission de Consacrés dans la Nouvelle Evangélisation en cette Année de la Foi

(Retraite annuelle – Maroua 22-30 juillet 2013 – jean bosco musumbi, omi)


Contenu | Dynamique | Quelques sources

Réception Maison Oblate Accueil Retraites Maroua


Contenu

  1. JOUR 0 (Lundi 22.07.13)
  2. JOUR I (Mardi 23.07.13)
  3. JOUR II (Mercredi 24.07.13)
  4. JOUR III (Jeudi 25.07.13)
  5. JOUR IV (Vendredi 26.07.13)
  6. JOUR V (Samedi 27.07.13)
  7. JOUR VI (Dimanche 28.07.13)
  8. JOUR VII (Lundi 29.07.13)
  9. JOUR 8 (Mardi 30.07.13)

Resto omi Maroua fin retraite 2013

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Jour IV (Vendredi 26.07.13)

Le temps d’une « Nouvelle Evangélisation »

(Source : www.vatican.va/ - Synode des Evêques, XIIIème Assemblée générale ordinaire, La Nouvelle Evangélisation pour la transmission de la foi chrétienneLINEAMENTA, Cité du Vatican 2011)

Parole de Dieu : Actes 8, 26-40

26  L'Ange du Seigneur s'adressa à Philippe et lui dit : "Pars et va-t'en, à l'heure de midi, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte."27  Il partit donc et s'y rendit. Justement un Ethiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d'Ethiopie, et surintendant de tous ses trésors, qui était venu en pèlerinage à Jérusalem,28  s'en retournait, assis sur son char, en lisant le prophète Isaïe.29  L'Esprit dit à Philippe : "Avance et rattrape ce char."30  Philippe y courut, et il entendit que l'eunuque lisait le prophète Isaïe. Il lui demanda : "Comprends-tu donc ce que tu lis" --31  "Et comment le pourrais-je, dit-il, si personne ne me guide ? " Et il invita Philippe à monter et à s'asseoir près de lui.32  Le passage de l'Ecriture qu'il lisait était le suivant : Comme une brebis il a été conduit à la boucherie ; comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n'ouvre pas la bouche.33  Dans son abaissement la justice lui a été déniée. Sa postérité, qui la racontera ? Car sa vie est retranchée de la terre.34  S'adressant à Philippe, l'eunuque lui dit : "Je t'en prie, de qui le prophète dit-il cela ? De lui-même ou de quelqu'un d'autre ? "35  Philippe prit alors la parole et, partant de ce texte de l'Ecriture, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus.36  Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d'eau, et l'eunuque dit : "Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ? "38  Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans l'eau, Philippe avec l'eunuque, et il le baptisa.39  Mais, quand ils furent remontés de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l'eunuque ne le vit plus. Et il poursuivit son chemin tout joyeux.40  Quant à Philippe, il se trouva à Azot ; continuant sa route, il annonçait la Bonne Nouvelle dans toutes les villes qu'il traversait, jusqu'à ce qu'il arrivât à Césarée.

(5). « Nouvelle évangélisation ». Signification d'une définition

La commémoration du nouveau millénaire d'évangélisation aura tout son sens si elle signifiera votre engagement en tant qu'évêque, avec vos prêtres et vos fidèles ; un engagement non pas à ré-évangéliser, certes, mais pour une nouvelle évangélisation. Nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans ses expressions (1983).[12]  

Le Pape Jean-Paul II précisera encore par la suite :

L'Église doit faire aujourd'hui un grand pas en avant dans l'évangélisation, elle doit entrer dans une nouvelle étape historique de son dynamisme missionnaire. En un monde où ont été éliminées les distances et qui se fait plus petit, les communautés ecclésiales doivent s'unir entre elles, échanger leurs énergies et leurs moyens, s'engager ensemble dans l'unique et commune mission d'annoncer et de vivre l'Évangile...[14]

(6). Les scénarios de la nouvelle évangélisation

1° Le tout premier est le scénario culturel de base.

 2° un second, de caractère plus social : l'important phénomène migratoire qui pousse toujours plus de personnes à quitter leur pays d'origine et à vivre dans des contextes urbanisés, en modifiant la géographie ethnique de nos villes, de nos pays et de nos continents.

un troisième scénario qui marque de façon toujours plus déterminante la vie des personnes et la conscience collective :  défi des moyens de communication sociale, qui offrent aujourd'hui d'immenses possibilités et constituent l'un des grands défis que l'Église doit affronter.

Un quatrième scénario dont les changements marquent l'action évangélisatrice de l'Église est la scène économique.

Un cinquième scénario est celui de la recherche scientifique et technologique.

Enfin, le sixième scénario est celui de la politique.

(7). En chrétiens face à ces nouveaux scénarios

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Jour V (Samedi 27.07.2013

Mission d’évangélisation dans le monde d’aujourd’hui
Mission avant tout spirituelle

Parole de Dieu: Romains 12, 1-21

1  Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c'est là le culte spirituel que vous avez à rendre.2  Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.3  Au nom de la grâce qui m'a été donnée, je le dis à tous et à chacun : ne vous surestimez pas plus qu'il ne faut vous estimer, mais gardez de vous une sage estime, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départi.4  Car, de même que notre corps en son unité possède plus d'un membre et que ces membres n'ont pas tous la même fonction,5  ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres.6  Mais, pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée, si c'est le don de prophétie, exerçons-le en proportion de notre foi ;7  si c'est le service, en servant ; l'enseignement, en enseignant ;8  l'exhortation, en exhortant. Que celui qui donne le fasse sans calcul ; celui qui préside, avec diligence ; celui qui exerce la miséricorde, en rayonnant de joie.9  Que votre charité soit sans feinte, détestant le mal, solidement attachés au bien ;10  que l'amour fraternel vous lie d'affection entre vous, chacun regardant les autres comme plus méritants,11  d'un zèle sans nonchalance, dans la ferveur de l'esprit, au service du Seigneur,12  avec la joie de l'espérance, constants dans la tribulation, assidus à la prière,13  prenant part aux besoins des saints, avides de donner l'hospitalité.14  Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez, ne maudissez pas.15  Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure.16  Pleins d'une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l'orgueil, attirés plutôt par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse.17  Sans rendre à personne le mal pour le mal, ayant à coeur ce qui est bien devant tous les hommes,18  en paix avec tous si possible, autant qu'il dépend de vous,19  sans vous faire justice à vous-mêmes, mes bien-aimés, laissez agir la colère ; car il est écrit : C'est moi qui ferai justice, moi qui rétribuerai, dit le Seigneur.20  Bien plutôt, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête.21  Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien.

Introduction

Il convient, dans le cadre de cette retraite, de nous pencher sur la «Mission d’évangélisation dans le monde d’aujourd’hui». «Mission avant tout spirituelle» (voir cette page). Or, il y a trois façons d’être missionnaire :

La première et la troisième façons d’être missionnaire nous intéressent davantage dans ce partage qui, loin d’être un exposé systématique, se contentera de proposer quelques pistes de réflexion susceptibles d’aider à mieux faire connaître le Christ dans l’aujourd’hui du monde.

1/ Dans quel monde vivons-nous?

Ce monde créé par Dieu et aimé de Dieu est celui dans lequel nous sommes envoyés pour être témoins du Christ. «Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde» (Jean 17, 18). Mais ce monde est aussi à éviter. «N'aimez ni monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la richesse – vient non pas du Père, mais du monde» (1 Jean 2, 15-16).

« comment vivre notre vocation de consacrés dans ce monde qui recherche si souvent le profit et les plaisirs ? Comment vivre « dans le monde » sans être « du monde » ? » (Mgr Philippe Stevens)
Inspirons-nous de la description qu’en fait Mgr Henri Goudreault, OMI canadien, dans OMN1S TERRA (N° 350 février-mars 1999)[2] . Son image n’est pas si différente de la réalité africaine.

Telle est l’image du monde. Tels sont aussi les grands défis missionnaires qui méritent notre réponse. Parmi les défis qui méritent davantage notre attention missionnaire, mentionnons ceux indiqués par l’Eglise dans les Lineamenta du Synode des évêques, XIIIe Assemblée générale Ordinaire «La Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne», en l’occurrence les moyens de communication sociale (le boum de la téléphonie mobile, Internet, les réseaux sociaux).

2/ Mission, évangélisation, nouvelle évangélisation

Terminologie

Mission

Parmi toutes les définitions du mot «mission», celle fournie dans l’Exhortation apostolique post-synodale «Vita Consecrata» retient le plus mon attention : "La mission, en effet, avant de se caractériser par les œuvres extérieures, consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel" (Vita Consecrata 72). La mission est donc une façon d'être que d'agir. Mais comment rendre présent au monde le Christ, et en quoi consiste le vrai témoignage de la vie sacerdotale?

Dans le christianisme le témoin atteste par sa vie que le Christ est venu et il est ressuscité. Dans la Bible, le témoin est :

Dans le contexte où l'homme d'aujourd'hui est le plus grand mendiant de Dieu et qu’il a besoin de témoins (RM – «le monde a plus besoin de témoins que des maîtres»), le prêtre est appelé à être à la fois :

Evangélisation

Or aujourd’hui la foi chrétienne n’apparaît plus vraiment comme une bonne nouvelle (cf. hédonisme, matérialisme, sociétés de consommation). Ce n’est plus vers l’Eglise, que spontanément on regarde

Somme toute, "L'évangélisation peut être comprise sous trois aspects :

«La nouvelle évangélisation est donc une attitude, un style audacieux. Elle est la capacité, de la part du christianisme, de savoir lire et déchiffrer les nouveaux scénarios qui, au cours des dernières décennies, se sont créées dans l'histoire des hommes, pour les habiter et les transformer en des lieux de témoignage et d'annonce de l'Évangile» (Lineamenta).

3/ Quel modèle d’évangélisateur pour notre temps ?

Le Père Marcel Dumais, OMI canadien, exégète, ancien Professeur à l’Université Saint Paul d’Ottawa, nous propose le modèle d’Emmaüs (Luc 24,13-35)

Quel récit magnifique ! Luc met ce récit à la charnière de l’Évangile et des Actes des Apôtres. Jésus ressuscité lui-même est le modèle de l’évangélisateur[5] . Sous forme narrative, Luc nous offre un petit traité sur la mission… si adapté à notre monde d’aujourd’hui. Comment procède Jésus ? Quelques notes pour introduire chaque lecteur à une lecture et une actualisation personnelles de ce récit si riche.

1/ Jésus prend l’initiative d’aller rejoindre, sur leur route, ces voyageurs qui avaient perdu toute espérance (v. 13-16). Il s’approche (v.15), ne s’identifie pas (v. 18), chemine à leur pas, sans rien dire (v. 15). Donc, il écoute leur conversation. - Invitation pour le missionnaire : aller rejoindre les gens où ils sont et les écouter exprimer leurs préoccupations.

2/ Jésus pose des questionset écoute les réponses (v. 17-24). À un moment donné, Jésus s’insère dans leur conversation en posant une question. En fait, il pose deux questions : «Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ?» (v. 17) ; «Quoi donc ?» (v. 24). Ce sont des questions très sobres, qui invitent l’autre à exprimer et articuler ce qu’il vit[6] . En les questionnant, Jésus invite les voyageurs 1) à raconter les événements qu’ils vivent, mais surtout 2) à exprimer leurs sentiments profonds : leur désespérance (v.21), leur bouleversement (v. 22).

Jésus les invite à s’exprimer… et les écoute jusqu’au bout. Il accueille avec respect leur vécu. Son écoute permet aux deux voyageurs de se libérer progressivement d’un poids, d’une tristesse qui les accable et les aveugle. Ainsi libérés, ils pourront être ouverts à la parole de Jésus. Car l’écoute prépare la parole ! La personne qui a été écoutée, qui a pu se dire, est maintenant prête à accueillir la parole de l’autre.

Après les avoir rejoints, interrogés et écoutés, Jésus peut maintenant s’adresser à eux en ayant leur confiance. Les deux voyageurs attendent maintenant quelque chose de leur compagnon de route. L’invitation est claire pour les évangélisateurs que nous sommes, formés à être des «hommes de la parole»… non de l’écoute !

3/ Jésus parle (v. 25-27). On peut diviser l’intervention de parole de Jésus en deux moments.

4/ Jésus se laisse inviter (v. 28-29). C’est la première fois où Jésus ne prend pas l’initiative. Il avait pris l’initiative de rejoindre les voyageurs sur leurs routes, de les inviter à se dire, puis de les éclairer. Jésus ouvre l’horizon du désir. Il donne un sens au vécu des gens, mais il laisse toujours l’autre libre d’accepter sa parole et sa personne. Il propose, mais ne s’impose pas. C’est le sens du v. 28 : «Il fit mine d’aller plus loin.»

Ce sont les deux voyageurs maintenant qui interviennent. Ils insistent pour qu’il «reste avec eux» (v. 29). Ils ont été rejoints, touchés. Ils ont le désir d’en entendre plus. Ils invitent. Ils optent pour l’hospitalité. C’est le premier pas de l’acceptation du message de Jésus, et donc aussi de sa personne. Jésus consent à rester avec eux (v. 29b). Jésus (et donc le missionnaire) ne force jamais la demeure des personnes. Mais aussi il ne refuse jamais une invitation !

5/ Jésus prend à nouveau l’initiative (v. 30-32). «Il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna» (v. 30). À ce signe, les ex-disciples le reconnaissent : «leurs yeux s’ouvrirent» (v. 31). Ce signe devient « parlant » parce qu’il se situe au bout d’un long cheminement. Jésus les a préparés à ce sommet qu’est sa reconnaissance dans la fraction du pain. Actualisation : la rencontre dans l’Eucharistie devient signifiante quand Jésus a été rencontré d’abord dans sa propre vie, puis dans la Parole de l’Évangile.

Conclusion : L’approche de la mission dont Jésus nous offre le modèle conjugue deux dimensions :

  1. La solidarité : la présence aux gens, à leur vécu, à leurs souffrances.
  2. L’éveil et l’éclairage : le secouement des repliements, l’éveil à un plus, à un mieux, suivi d’un éclairage par la Parole.

Être solidaire et être éveilleur. Est-il besoin d’ajouter autre chose pour montrer l’actualité de ce modèle d’Emmaüs pour la mission, en particulier dans le monde sécularisé ?

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