Nous sommes le 19/09/2018 et il est 13h28 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Lien entre le symbole de foi professée et vie concrète de Prêtre

Réco Presbyterium archidiocèse de Garoua – Jeudi 21.03.2013 – jbmusumbi, omi
Jounrée de Réflexion | Carrefour | Journée de Récollection

Prêtres concélébration église saint Pierre Garoua


Témoignage d’un prête[1]

Le 16 mai 1966, j’ai atteint un but principal de ma vie : j’ai été ordonné prêtre, et cela « pour toujours ». J’étais convaincu que le monde m’attendrait. Il semblait n’y avoir aucun problème qui ne dût céder devant mon enthousiasme pour l’Evangile. J’étais convaincu qu’avec mes études théologiques, ma vie de prière et mes connaissances psychologiques modernes j’étais à la hauteur de chaque situation. Je croyais être la réponse à pratiquement tous les problèmes, et je dois maintenant dire après coup : j’avais plus de confiance en moi-même, en la psychologie et mes plans pastoraux qu’en la prière et la conduite du Saint Esprit.

Après deux ans – c’était l’époque d’après le Concile – une tension croissante s’est installée dans ma vie, une insatisfaction de moi-même. Je sentais que je ne passais plus bien la rampe. Continuellement, on recommandait de nouvelles méthodes pastorales, des modes théologiques faisaient leur apparition, je devenais incertain et je sentais très clairement que mes médiocres connaissances psychologiques ne suffisaient aucunement pour donner des conseils valables aux hommes. Ma vie de prière s’est peu à peu relâchée, et finalement elle a complètement disparu. Je me rendais compte que je commençais à boire. Le soir, je m’accordais un verre, ou deux, ou trois. Cela m’a aidé à me détendre. La reconnaissance et l’approbation de ma personne que j’avais espérées de mon activité sacerdotale ne sont pas venues. C’est pourquoi je me suis précipité dans un activisme agité et je l’ai pris très au sérieux. Je croyais être le seul prêtre qui travaille.

En outre, j’avais plus d’argent qu’il n’était nécessaire et j’ai commencé à me choyer. J’étais incapable de voir ma pauvreté spirituelle et j’ai fait remonter mon mécontentement à la situation dans ma paroisse. La seule chose dont j’avais besoin – c’est ainsi que je pensais – était un changement de mon lieu de travail. Mon évêque m’a rendu ce service et m’a envoyé dans une autre paroisse. Je me suis de nouveau précipité dans une activité effrénée, je n’avais plus un moment libre. Je prêchais ce que d’autres avaient écrit. Il m’était évident que je ne parlais pas d’expérience quand je prononçais les mots Dieu, Jésus, Saint Esprit. J’avais sans doute appris et étudié beaucoup de choses, mais maintenant j’étais à bout. J’ai maintenu la façade debout, celle d’être un prêtre débordé, et je me prélassais dans la compassion de mon entourage.

A cette époque, j’ai entendu parler d’un groupe de prière dans une ville voisine et je me suis dit : faisons encore un essai. Je suis venu dans une salle paroissiale où se trouvaient réunies à peu près 140 personnes, tous des gens simples. On m’a salué amicalement, mais par prudence je me suis assis au dernier rang. Je ne voulais être qu’un observateur. Après un cantique au début, un monsieur assez âgé, aux cheveux gris, s’est levé. Il s’est présenté comme un chauffeur de taxi. J’étais curieux de savoir ce qu’il avait à dire et je me suis dit en moi-même : que pourra-t-il bien me dire ? Il a dit une prière brève, très personnelle : que Dieu lui donne la force de témoigner. Quand alors il a parlé de Jésus d’une manière toute spontanée, je remarquai aussitôt qu’il savait de qui il parlait. Je n’avais jamais entendu quelqu’un parler de Jésus d’une manière si personnelle, ni pendant mes études, ni plus tard. Les paroles de cet homme simple m’ont touché très profondément.

Dans les semaines suivantes, j’ai ressenti du trouble en moi, mais il était différent de celui d’autrefois. Ce n’était pas l’inquiétude d’une activité sans trêve, mais celle de la crainte que je pourrais avoir moi-même obstrué le chemin vers Dieu. Je suis retourné souvent dans ce groupe de prière et j’en suis toujours revenu honteux de moi-même. Un soir enfin, après bien longtemps, je me suis remis à prier : viens Esprit Saint. Je me suis mis à genoux et j’ai senti les larmes couler sur mon visage. Je ne sais plus combien de temps j’ai prié, mais j’ai reconnu l’énorme orgueil qui a été la racine de mes erreurs d’attitude. J’ai su que Dieu seul pouvait me délivrer de cet orgueil.

Dans une des rencontres suivantes de prière, j’ai demandé l’imposition des mains des autres. Je me suis souvenu de la deuxième épître à Timothée : « Ravive le don de Dieu qui est en toi par l’imposition de mes mains. Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de puissance d’amour et de modération. N’aie donc pas honte du témoignage à rendre à notre Seigneur » (2 Tim. 1, 6s). C’est avec une grande reconnaissance que j’ai prononcé la prière de l’abandon. Les autres m’ont imposé les mains, ont prié pour moi et rendu grâce à Dieu. Jamais encore dans ma vie je n’ai embrassé si cordialement après cette heure ceux qui étaient là. Avec leur aide j’ai retrouvé Dieu et par suite aussi ma vocation.

Trois notions à clarifier pour mieux comprendre ce témoignage, notions largement développées dans ce site Internet :

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Quel Jésus et quelle foi aujourd’hui?
(Jean 15, 1-17)

Le pape François veut que l'Eglise soit plus qu'une "ONG charitable". Il me semble que le pape François nous inspire essentiellement deux choses : l’audace de la foi et la cohérence de la foi[2]. Bref, une invitation à évangéliser et à s’évangéliser.

1/ L’Audace de la foi

2/ La Cohérence de la foi

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Notes:

[1] Cf. MULHEN Heribert, «Vous recevrez le don du Saint Esprit». Le renouveau spirituel, Paris, Centurion, 1982, p. 46-48.

[2] TALEC Pierre, Les choses de la foi. Croire à l’essentiel, Centurion, Paris 1973.

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