Nous sommes le 17/07/2018 et il est 04h10 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Regard d’un religieux africain sur usage NTIC en vue de l’évangélisation

(Session Sœurs Divine Volonté – Yaoundé 28-29 décembre 2013 – jbmusumbi, omi)

Autel chapelle Soeurs de la Divine Volonté Yaoundé

Présentation | Quelques sources | Textes d’approfondissement

PRÉSENTATION

Diapo 01

MANDAT : Luc 10, 3-9

Diapo 02

INTRODUCTION

1/ Motivation

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Diapo 03

2/ TIC ou NTIC

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Soeurs Divine Volonté Cameroun

Diapo 04

I/ PREALABLES

1/ L’identité profonde de l’être religieux

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Diapo 05

2/ Préoccupation

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Diapo 06

3/ Pour un discernement paisible

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Danse action de grâce Divine Volonté

Diapo 07

II/ NTIC AU SERVICE DE L’EVANGELISATION

1/ Evangéliser/ Evangélisation

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Diapo 08

2/ « Nouvelle évangélisation ». Signification d'une définition (Lineamenta, n. 5)

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Diapo 09

3/ Défi des moyens de communication sociale

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Diapo 10

4/ Bénéfices et risques

La diffusion de cette culture médiatique porte en soi des bénéfices certains :

Les risques de la diffusion excessive d'une telle culture

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Danse liturgique chapelle Divine Volonté Yaoundé

Diapo 11

III/ NTIC ET VIE RELIGIEUSE

(Source : fr.slideshare.net)

1/ Impacts négatifs des NTIC

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Diapo 12

2/ Impacts positifs des NTIC

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Diapo 13

3/ Dimension apostolique

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Diapo 14

4/ Dimension spirituelle

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Tam-tam africain sourire Sr Odile

Diapo 15

IV/ QUELQUES OPINIONS SUR LE TELEPHONE PORTABLE

1° Père Raoul MARTIN, OMI (né en 1928)

Réfléchissant en mars 2005 sur l’invasion du Portable à Léré sa terre de mission au Tchad.

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Diapo 16

2° Père Wilhelm STECKLING, OMI (Paraguay)

(Source : son propre blog : OMI en mission)

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Diapo 17

3° ASUMA-USUMA RDCONGO

(Source : Blog Ayaas Débat africain)

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Diapo 18

CONCLUSION

Constat: Fragilité des vocations à la vie religieuse

(Source : aleteia.org)

Dans un article récent, Mgr JOSE RODRIGUEZ CARBALLO, secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, dresse ce constat: «Selon un calcul approximatif mais assez sûr»:

Dans le cadre de la formation par conséquent :

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QUELQUES SOURCES

Jardin S. Divine Volonté Yaoundé

  • Page web : www.ayaas.net (Site perso jbmusumbi, omi).
  • Page web : www.omicameroun.com (Site official Province OMI Cameroun)
  • Page web : http://pretredanslarue.blogspot.com/2013/06/les-nouvelles-technologies-de.html(Blog de Jean-Baptiste Malenge Kalunzu, omi)
  • Page web : www.thesisternet.it (Site perso Soeur Caterina Cangià, fma)
  • Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, La vie fraternelle en communauté, « Congregavit nos in unum Christi amor », (1994).
  • Conseil pontifical pour les communications sociales, « L’Eglise et Internet », Vatican 2002.
  • JEAN-PAUL  II, Exhortation Apostolique post-synodale « Vita Consecrata »,  (1996).
  • BENOIT XVI, Exhortation Apostolique post-synodale « Africae Munus »,  (2011).
  • Pina RICCIERI, Formazione a portata di click. Comunicazione digitale e santificazione della mente, Paoline, Milano 2011.
  • Antoine MANGA BIHINA, « La mondialisation : l’ouverture des techno-sciences et les perspectives pour une humanité de l’avenir », dans La philosophie et les interprétations de la mondialisation en Afrique, dir. Ebénezer NJOH MOUELLE, L’Harmattan, Paris 2009, p. 245-256.
  • Simon-Pierre ARNOLD, Au risque de Jésus-Christ. Une relecture des vœux, Lessius, Bruxelles 2007.

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TEXTES D'APPROFONDISSEMENT

Textes 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7

Chapelle Soeurs Divine Volonté Yaoundé

Texte n° 1

LE DEVELOPPEMENT DE L’HOMME INTEGRAL

(Source: Article publié le 9 mars 2012 par Yves PONROY dans Chronique Libre (Liberté de ton, Liberté d'opinion).

Trois changements majeurs sont intervenus en ce début de millénaire qui nous obligent à repenser la place de l’homme et son rôle au sein d’une société contemporaine bouleversée… Ces trois changements simultanés ont considérablement modifié notre perception de la société et ont créé un énorme sentiment d’insécurité et de vulnérabilité:

- Il s’agit tout d’abord de la Mondialisation, c’est-à-dire l’ouverture des portes, dans tous les sens du terme. Non seulement nous nous retrouvons en concurrence avec l’ensemble du monde, mais le réseau internet nous met au centre d’une toile planétaire à travers laquelle nous arrive un flot d’informations et de sollicitations. Nous sommes soudain dans un courant d’air qui, à la fois, nous ouvre des perspectives immenses et nous fait peur, tant il bouscule nos idées et notre façon de vivre.

- Dans le même temps, et grâce aussi à la mondialisation, nous prenons conscience des dégâts considérables que nous avons causés à l’Environnement et dont nous commençons à mesurer notre part de responsabilité, individuelle et collective. Notre planète nous apparaît soudain plus petite et plus vulnérable avec 7 milliards d’humains qui consomment, qui épuisent les ressources et qui polluent.

- C’est dans ce contexte que s’est fait jour une crise sans précédent de la société occidentale, Crise globale et complexe qui couvait depuis longtemps et qui n’attendait qu’un événement déclencheur pour apparaître au grand jour. Il s’agit d’une crise aux multiples aspects, à la fois financière, économique et sociale dont nous n’osons pas encore mesurer toutes les conséquences.

Ces trois bouleversements ne sont pas arrivés par hasard et l’homme se trouve en être l’acteur principal et aussi la victime. Nous ne reviendrons pas en arrière, mais il convient sans doute de corriger nos façons de faire et de penser. Nous avons commis sans doute une grande quantité d’erreurs qui se sont accumulées, mais je crois surtout que nous avons commis une grande erreur fondamentale dont tout le reste découle. Cette grande erreur, je la nommerais «matérialisme», et qui a consisté a croire que le bonheur de l’homme allait naturellement s’accroitre en même temps que l’accumulation des biens matériels. Les progrès techniques nous ont donné un sentiment de toute puissance. La finalité de nos sociétés a été presque exclusivement tournée vers le bien être matériel, le progrès et l’hédonisme. L’homme, dans toutes ses dimensions, a été oublié. Le développement économique est devenu une fin en soi, sans tenir compte des aspirations fondamentales de l’humanité.

Il convient donc de remettre l’homme au centre. Pour être authentique, le développement doit être intégral, c’est à dire promouvoir «TOUT HOMME ET TOUT L’HOMME», comme le précise l’encyclique «Caritas in Veritate» (l’Amour dans la Vérité), un texte fondateur de grande portée qui a fait l’objet d’une analyse approfondie dans «The Journal of business ethics» au début de cette année. «L’amour dans la vérité» a plus à faire que l’on ne pense avec l’économie, car il introduit une dimension spécifiquement humaine de justice, de morale ou d’éthique.

L’économie devrait être au service de l’homme, et non pas l’inverse; au service de chaque homme et non pas de quelques-uns; au service de la totalité de l’homme et non pas seulement d’une partie de nous-même. C’est ce que nous appelons le «développement de l’homme intégral». Si nous agissons en toute occasion avec cette éthique de justice au service de l’homme, la face du monde est changée. C’est un nouvel état d’esprit qui nous accompagne, en tant que parents, en tant que consommateurs, en tant qu’acteurs économiques, où que nous soyons.

Œuvrer à cette prise de conscience globale, c’est d’abord la faire sienne, pour soi-même, dans la vie de tous les jours. La justice et «l’amour dans la vérité» n’ont besoin ni de lois, ni de règlements, mais seulement d’humanité. Nous avons tous un sens inné de l’amour et de la justice, c’est cette notion là qu’il nous faut recontacter pour rendre sa dignité à l’homme…

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Texte n° 2

IMPACT DES MASS MEDIA

(Source: LA VIE FRATERNELLE EN COMMUNAUTÉ - CONGRÉGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE – Rome 2 février 1994)

(34). L'impact considérable des mass media sur la vie et la mentalité de nos contemporains affecte également les communautés religieuses et conditionne souvent leur communication interne.

La communauté consciente de leur influence s'éduque à les utiliser pour la croissance personnelle et communautaire avec la clarté évangélique et la liberté intérieure de quiconque a appris à connaître le Christ (cf. Ga 4, 17-23). Ces media, en effet, proposent et souvent imposent une mentalité et un modèle de vie qui doivent être continuellement confrontés avec l'Evangile. Aussi réclame-t-on de bien des côtes une formation approfondie à la réception et à l'usage critique et fécond des media. Pourquoi ne pas en faire un objet d'évaluation, de vérification, de programmation lors des rencontres communautaires périodiques?

En particulier, quand la télévision devient l'unique forme de récréation, elle entrave ou parfois empêche la relation entre les personnes, elle limite la communication fraternelle et peut même nuire à la vie consacrée.

Un juste équilibre s'impose: l'usage modéré et prudent des moyens de communication, accompagné du discernement communautaire, peut aider la communauté à mieux connaître la complexité du monde de la culture; il peut permettre une réception confrontée et critique; il peut enfin aider à mettre en valeur l'impact de ces moyens de communication en vue des divers ministères de l'Evangile.

En accord avec le choix de leur état de vie spécifique, caractérisé par une séparation du monde plus marquée, les communautés contemplatives doivent se sentir davantage engagées à préserver une ambiance de recueillement, en s'en tenant aux normes établies dans leurs constitutions sur l'usage des moyens de communication sociale.

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Texte n° 3

PRESENCE DANS LE MONDE DES COMMUNICATIONS SOCIALES

(Source: EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE VITA CONSECRATA DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II – Rome 25.03.1996)

(99). De même que, par le passé, les personnes consacrées ont su se mettre au service de l'évangélisation avec tous les moyens disponibles, en faisant face avec talent aux difficultés, aujourd'hui, le devoir de rendre témoignage à l'Évangile par les moyens de communication sociale s'impose à elles d'une manière nouvelle. Ces moyens ont acquis une capacité de rayonnement mondial et, grâce à des technologies très puissantes, ils sont en mesure d'atteindre les lieux les plus reculés de la terre. Les personnes consacrées, surtout quand leur charisme institutionnel les amène à travailler dans ce domaine, sont tenues d'acquérir une connaissance sérieuse du langage propre à ces moyens de communication, pour parler du Christ de manière convaincante à l'homme contemporain, en exprimant «ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses»,et pour contribuer ainsi à l'édification d'une société où tous se sentent frères et sœurs sur la route qui mène à Dieu.

Il convient toutefois d'être vigilant devant des usages détournés de ces moyens qui disposent d'un pouvoir de persuasion extraordinaire. Il est bon de ne pas se dissimuler les problèmes qui peuvent en résulter pour la vie consacrée elle-même; il vaut mieux les aborder avec un discernement éclairé. La réponse de l'Église est surtout de nature éducative: elle tend à faire bien comprendre les logiques implicites et à permettre une évaluation éthique réfléchie des programmes, de même qu'à favoriser l'adoption d'habitudes saines dans leur utilisation. Dans ce processus éducatif, destiné à former des auditeurs avisés et des experts en communication, les personnes consacrées sont appelées à donner leur témoignage particulier sur la relativité de toutes les réalités visibles, en aidant leurs frères à les évaluer selon le dessein de Dieu, mais aussi à se libérer de l'emprise obsessionnelle de la figure de ce monde qui passe (cf. 1 Co 7, 31).

Il faut encourager tous les efforts menés dans ce domaine important et nouveau de l'apostolat, afin que l'Évangile du Christ soit aussi annoncé par ces moyens modernes. Les divers Instituts seront prêts à collaborer, en y consacrant des forces, des moyens et des personnes, à la réalisation de projets communs dans les différents secteurs de la communication sociale. En outre, les personnes consacrées, en particulier les membres des Instituts séculiers, auront à cœur de prendre part, en fonction des besoins de la pastorale, à la formation religieuse des responsables et des agents des communications sociales publiques ou privées, tant pour limiter les dommages provoqués par l'usage dévoyé des médias que pour promouvoir une meilleure qualité des émissions, dont le contenu sera respectueux de la loi morale et riche des valeurs humaines et chrétiennes.

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Texte n° 4

LE MONDE DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

(Source: EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE AFRICAE MUNUS du pape Benoît XVI, Deuxième synode pour l’Afrique – Ouidah, le 19.11.2011)

(142). L’Exhortation apostolique Ecclesia in Africa considérait que les médias modernes ne sont pas seulement des instruments de communication, mais aussi un monde à évangéliser.[194] Ils doivent servir une communication authentique qui est une priorité en Afrique, car ils sont un levier important pour le développement du continent[195] et pour l’évangélisation. Les «médias peuvent constituer une aide puissante pour faire grandir la communion de la famille humaine et l’ethos des sociétés, quand ils deviennent des instruments de promotion de la participation de tous à la recherche commune de ce qui est juste».[196]

(143). Nous savons tous que les nouvelles technologies de l’information peuvent devenir de puissants instruments de cohésion et de paix ou bien des promoteurs efficaces de destruction et de division. Ils peuvent servir ou desservir sur le plan moral, propager le vrai comme le faux, proposer le laid comme le beau. La masse de nouvelles ou de contre-nouvelles, ainsi que celle d’images, peut être intéressante tout comme elle peut conduire à une forte manipulation. L’information peut très facilement devenir de la désinformation, et la formation de la déformation. Les médias peuvent promouvoir une humanisation authentique, mais ils peuvent tout autant entraîner une déshumanisation.

(144). Les médias éviteront cet écueil s’ils «sont structurés et orientés à la lumière d’une image de la personne et du bien commun qui en respecte les valeurs universelles. Les moyens de communication sociale ne favorisent pas la liberté de tous et n’universalisent pas le développement et la démocratie pour tous simplement parce qu’ils multiplient les possibilités d’interconnexion et de circulation des idées. Pour atteindre de tels objectifs, il faut qu’ils aient pour visée principale la promotion de la dignité des personnes et des peuples, qu’ils soient expressément animés par la charité et mis au service de la vérité, du bien et d’une fraternité naturelle et surnaturelle».[197]

(145). L’Église doit être davantage présente dans les médias afin d’en faire non seulement un instrument de diffusion de l’Évangile mais aussi un outil pour la formation des peuples africains à la réconciliation dans la vérité, à la promotion de la justice et à la paix. Pour cela, une solide formation des journalistes à l’éthique et au respect de la vérité, les aidera à éviter l’attrait du sensationnel, ainsi que la tentation de la manipulation de l’information et de l’argent vite gagné. Que les journalistes chrétiens n’aient pas peur de manifester leur foi! Qu’ils en soient fiers! Il est bon également d’encourager la présence et l’activité de fidèles laïcs compétents dans le monde des communications publiques et privées. Tel le levain dans la pâte, ils continueront à témoigner de l’apport positif et constructif que l’enseignement du Christ et de son Église apporte au monde.

(146). Aussi, l’option prise par la première Assemblée Spéciale pour l’Afrique de considérer la communication comme un axe majeur de l’évangélisation s’est-elle avérée fructueuse pour le développement des médias catholiques. Il conviendrait, peut-être aussi, de coordonner les structures existantes comme cela se fait déjà dans certains endroits. Améliorer de cette façon l’utilisation des médias contribuera à une plus grande promotion des valeurs défendues par le Synode: la paix, la justice et la réconciliation en Afrique,[198] et permettra à ce continent de participer au développement actuel du monde.

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Texte n° 5

L'EGLISE ET INTERNET - OPPORTUNITÉS ET DÉFIS

(Source : L'EGLISE ET INTERNET, CONSEIL PONTIFICAL POUR LES COMMUNICATIONS SOCIALES, Cité du Vatican, le 22 2002)

(5) […] Etant donné que l'annonce de la Bonne Nouvelle à des personnes formées par une culture des médias exige de prendre en compte attentivement les caractéristiques particulières des médias eux-mêmes, l'Eglise a maintenant besoin de comprendre Internet. Cela est nécessaire afin de communiquer de façon efficace avec les personnes — en particulier les jeunes — que l'expérience de cette nouvelle technologie a modelés et également afin de bien l'utiliser.

Les médias offrent d'importants bénéfices et avantages d'un point de vue religieux: « Ils transmettent des informations sur les événements, les idées et les personnalités religieuses. Ils sont des vecteurs d'évangélisation et de catéchèse. Tous les jours, ils fournissent une inspiration, un encouragement et des occasions de prière aux personnes contraintes de rester chez elles ou dans des instituts ».[23] Mais il existe d'autres bénéfices, qui, en plus de ceux-ci, sont plus ou moins spécifiques à Internet. Internet offre aux personnes un accès direct et immédiat à d'importantes sources religieuses et spirituelles — des bibliothèques, musées et lieux de culte prestigieux, des documents du Magistère, des écrits des Pères et des Docteurs de l'Eglise et la sagesse religieuse des différentes époques. Internet possède une capacité remarquable à dépasser les distances et l'isolement, en mettant les personnes en contact avec d'autres personnes de bonne volonté, animées des mêmes sentiments, qui adhèrent à des communautés de foi virtuelles afin de s'encourager et de se soutenir mutuellement.

Internet est approprié pour de nombreuses activités et programmes de l'Eglise — l'évangélisation, comprenant la réévangélisation, la nouvelle évangélisation et la traditionnelle tâche missionnaire ad gentes, la catéchèse et d'autres types d'éducation, l'information, l'apologétique, le gouvernement et l'administration et certaines formes de direction pastorale et spirituelle. Bien que la réalité virtuelle de l'espace cybernétique ne peut remplacer la communauté interpersonnelle réelle, la réalité incarnée des sacrements et de la liturgie, ou la proclamation immédiate et directe de l'Evangile, elle peut les compléter, attirer les personnes vers une expérience plus pleine de la vie de foi et enrichir la vie religieuse des usagers. Elle offre également à l'Eglise un moyen de communiquer avec des groupes particuliers, — jeunes, jeunes adultes, personnes âgées ou contraintes de garder la maison, personnes habitant dans des régions éloignées, membres d'autres organismes religieux — qu'il serait autrement difficile d'atteindre.

Un nombre croissant de paroisses, de diocèses, de congrégations religieuses et d'institutions, d'organisations et programmes ecclésiaux de tout genre, font maintenant un usage efficace d'Internet dans ces buts et de nombreux autres. Des projets créatifs promus par l'Eglise ont lieu en certains endroits au niveau national et régional. Le Saint-Siège est actif dans ce domaine depuis de nombreuses années et continue d'étendre et de développer sa présence sur Internet. Les groupes ecclésiaux qui n'ont pas encore pris de mesures pour entrer dans l'espace cybernétique, sont encouragés à étudier l'éventualité de le faire au plus tôt. Nous recommandons fortement un échange d'idées et d'informations sur Internet entre ceux qui ont une expérience dans ce domaine et les néophytes.
(6) L'Eglise a également besoin de comprendre et d'utiliser Internet comme outil de communication interne. Cela exige de tenir clairement compte de son caractère particulier de moyen direct, immédiat, interactif et de participation.

L'interactivité à double sens d'Internet est déjà en train d'estomper la traditionnelle distinction entre ceux qui offrent et ceux qui sont destinataires de la communication [24] et de créer une situation dans laquelle, du moins potentiellement, chacun peut faire les deux. Il ne s'agit plus de communication à sens unique, du haut vers le bas, du passé. Alors que de plus en plus de personnes se familiarisent avec cette caractéristique d'Internet dans d'autres domaines de leur vie, on peut s'attendre à ce qu'elles la recherchent également en ce qui concerne la religion et l'Eglise.

(7) L'éducation et la formation représentent un autre domaine d'opportunité et de besoin.[…] L'éducation et la formation à Internet devrait faire partie de programmes complets d'éducation aux médias accessibles aux membres de l'Eglise. Dans la mesure du possible, le plan pastoral des communications sociales devrait prendre en compte cette préparation dans la formation des séminaristes, des prêtres, des religieux et du personnel pastoral laïc, ainsi que des enseignants, des parents et des étudiants.[33] […]

En un sens très profond, « le monde des médias peut parfois paraître indifférent, et même hostile, à la foi et à la morale chrétienne. […]Parmi les problèmes spécifiques soulevés par Internet, figure la présence de sites incitant à la haine, attachés à diffamer et à attaquer des groupes religieux et ethniques. Certains de ceux-ci visent l'Eglise catholique. Comme la pornographie et la violence dans les médias, les sites incitant à la haine sur Internet « expriment la dimension la plus sombre de la nature humaine blessée par le péché ».[38

(11) En conclusion de ces réflexions, nous offrons donc des paroles d'encouragement aux nombreux groupes, en particulier aux dirigeants de l'Eglise, aux équipes pastorales, aux éducateurs, aux parents, et en particulier aux jeunes.

Aux responsables ecclésiauxles animateurs pastoraux dans tous les secteurs de l'Eglise doivent apprendre à connaître les médias et appliquer cette connaissance à l'élaboration de plans pastoraux pour les communications sociales,[43] ainsi que de politiques et programmes concrets dans ce domaine, et faire un usage approprié des médias. Si nécessaire, ils devraient eux-mêmes recevoir une formation en matière de médias; en effet, « l'Eglise serait mieux servie si les personnes accomplissant des fonctions et des rôles en son nom recevaient une formation en communication ».[44] […]

Aux équipes pastoralesles prêtres, les diacres, les religieux, et les agents laïcs de la pastorale devraient rechercher une formation en matière de médias, afin d'approfondir leur compréhension de l'impact des communications sociales sur les personnes et la société, et de les aider à acquérir un mode de communication qui réponde aux sensibilités et aux intérêts des personnes dans une culture médiatisée. Aujourd'hui, cela inclut bien évidemment une formation en matière d'Internet, y compris comment l'utiliser dans leur travail. Ils peuvent également profiter des sites offrant des mises à jour théologiques et des suggestions pastorales.

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Texte n° 6

IMPORTANCE MISSIONNAIRE DES NOUVEAUX MOYENS DE COMMUNICATIONS SOCIALES

(SOURCE : Intervention à la CORREF - Chevilly-Larue - 16 février 2013 - Nouveaux médias et évangélisation : panorama, initiatives et enjeux)

Dans l’Église catholique en France, comme partout dans le monde, nous sommes en train de vivre un moment de changement profond dans la communication. C’est évident au niveau technique mais c’est encore plus vrai culturellement. Les nouvelles technologies (smartphones, tablettes, ordinateurs ultraportables) n’ont pas simplement changé notre manière de communiquer (emails, vidéos, blogs, informations, applications, réseaux sociaux), mais ils ont transformé la communication même (plus rapide, plus décentralisée, moins hiérarchisée, plus démocratisée, moins régulée…). Cette nouvelle culture est aussi en train de changer la vie en Église, le sens ecclésial (rapport à l’autorité, autre proximité et accessibilité institutionnelle) et donc peut-être aussi des pratiques ecclésiales (accès direct aux discours du pape…). Ce changement a aussi des implications pour l’évangélisation. L’une des préoccupations des évêques est de placer les moyens de communication dont ils disposent au service de « la nouvelle évangélisation » ou d’une évangélisation renouvelée. Nous ne pouvons pas faire seulement ce que nous avons toujours fait. Cela ne suffit pas.

L’Eglise catholique en France commence donc à prendre la mesure de ce changement. Avec son très grand réseau de paroisses, d’associations, de communautés religieuses et de mouvements, elle n’ignore pas cette « nouvelle culture » (Jean-Paul II) née avec internet. Elle prend en compte ce que Benoît XVI appelle désormais la « culture numérique ». Cette culture est une « porta fidei ».

La communication est évidemment importante dans la vie des congrégations, des communautés, notamment des diocèses : services de communication, service national, multiples relais personnels ou institutionnels. Si l’Église veut se faire « conversation », elle doit écouter, dialoguer, partager, recevoir, communiquer. Devant la surabondance d’informations le message de la foi doit se frayer un passage en tout lieu et en tout milieu. Comme vient de l’écrire Benoît XVI : « Si la Bonne Nouvelle n’est pas connue aussi dans l’environnement numérique, elle pourrait être absente de l'expérience d'un grand nombre pour qui cet espace existentiel est important. » D’où l’importance missionnaire des nouveaux moyens de communications sociales.

Pour autant, parler des nouveaux moyens de communication ne dispense pas de dire un mot sur la presse écrite, les radios, la télévision car ils sont eux-mêmes désormais touchés et habités, notamment par cette arrivée d’internet. (…)

Internet : une découverte, un monde, une culture. Avec l’arrivée d’internet, nous sommes devant de merveilleuses découvertes techniques. Internet est un média interactif, en réseau et à mémoire. Ces découvertes offrent des possibilités élargies de communiquer très facilement des nouvelles, des idées, des enseignements. Ces moyens sont aptes à influencer non seulement les personnes, mais encore l’humanité tout entière. Le développement de la technique est synonyme du désir de connaître, de chercher, de trouver, de communiquer et revêt donc un sens spirituel.

Internet change peu à peu la perception que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde. Avec Facebook, des jeunes peuvent apprendre l’échange ; mais ils peuvent aussi se quitter amis la veille, et revenir haineux le lendemain parce qu’entre temps un débat houleux a eu lieu entre eux sur ce réseau.

Nous voyons donc émerger une culture numérique qui découle des nouvelles technologies de la communication. Cette culture contribue au délassement, à la culture de l’esprit… et à beaucoup d’autres choses !

On dit souvent qu’Internet est virtuel. Or Internet n’est ni un lieu ni virtuel. C’est d’abord un ensemble de tubes, de fibres optiques, une réalité physique et une géographie précise. Si un rat ronge un câble, vous serez off line ! Il ne faut donc pas perdre l’aspect physique de l’internet. Le web n’est pas de l’immatériel. Internet crée un milieu numérique qui est accroché à une infrastructure technologique, matérielle. Le réseau internet ressemble au réseau d’eau, ou au réseau du gaz. Il est difficile de vivre sans eau, sans électricité et aussi sans… internet. Pour autant, le réseau numérique ne se réduit pas seulement à une technologie. Un foyer domestique ne se réduit pas à la maison d’une famille ! Internet n’est pas immatériel ou inhumain, il n’est pas un monde physique ou virtuel, mais un monde humain et, par conséquent, rendant possible aussi bien la fraternité que la haine. (…)

Internet, Eglise et Evangélisation. Depuis 1991, l’arrivée d’Internet a considérablement changé la communication dans l’Église en France. C’est un vecteur de communication sociale qui peut surpasser à terme toutes les expressions médiatiques. Internet rend possible le courrier électronique, des vidéos en ligne, les newsletters, les web radios, les télévisions connectées, mais aussi des blogs, des applications. L’Église doit donc continuer de s’impliquer mais aussi de réfléchir sur ces médias qui permettent une présence, des initiatives, pour un moindre coût.

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Texte n° 7

LES SCENERIOS DE LA NOUVELLE EVANGELISATION

(Source : LINEAMENTA du Syonde sur La Nouvelle Evangélisation pour la transmission de la Foi, Vatican 2011)

(6). La nouvelle évangélisation est donc une attitude, un style audacieux. Elle est la capacité, de la part du christianisme, de savoir lire et déchiffrer les nouveaux scénarios qui, au cours des dernières décennies, se sont créées dans l'histoire des hommes, pour les habiter et les transformer en des lieux de témoignage et d'annonce de l'Évangile. Ces scénarios ont été identifiés et décrits à maintes reprises;[20] ce sont des scénarios sociaux, culturels, économiques, politiques et religieux. […]

Ce mélange profond des cultures constitue le fond sur lequel intervient un troisième scénario qui marque de façon toujours plus déterminante la vie des personnes et la conscience collective. Il s'agit du défi des moyens de communication sociale, qui offrent aujourd'hui d'immenses possibilités et constituent l'un des grands défis que l'Église doit affronter. Le scénario que nous présentons ici – qui, au début, caractérisait uniquement le monde industrialisé – est capable, aujourd'hui, d'influencer aussi de larges parties des pays en voie de développement. De nos jours, il n'existe aucun lieu au monde qui ne puisse être atteint et, donc, être influencé par la culture médiatique et numérique qui se structure toujours plus comme étant le « lieu » de la vie publique et de l'expérience sociale.

La diffusion de cette culture porte en soi des bénéfices certains : un plus grand accès aux informations, davantage de possibilités de connaissance et d'échanges, de nouvelles formes de solidarité, de capacité de construire une culture toujours plus de dimension mondiale, faisant des valeurs et des meilleures expressions de la pensée et de l'expression humaine le patrimoine de tous.

Toutefois, ces potentialités ne peuvent cacher les risques qu'engendre déjà la diffusion excessive d'une telle culture. On constate une concentration égocentrique profonde sur soi et sur les besoins individuels uniquement ; l'affirmation d'une exaltation de la dimension émotive dans la structuration des rapports et des liens sociaux. On assiste à la perte de valeur objective de l'expérience de la réflexion et de la pensée qui, dans de nombreux cas, se trouve réduite à un simple lieu de confirmation du sentiment de chacun ; ainsi qu'à la diffusion d'une aliénation progressive de la dimension éthique et politique de la vie qui réduit l'altérité au rôle fonctionnel de miroir et de spectateur des actions de la personne. L'aboutissement auquel ces risques peuvent conduire est ce qui est appelé la culture de l'éphémère, de l'immédiat, de l'apparence, c'est-à-dire une société incapable d'avoir une mémoire et un futur.

Dans un tel contexte, la nouvelle évangélisation demande aux chrétiens qu'ils aient l'audace d'habiter ces « nouveaux aréopages », en trouvant les instruments et les itinéraires permettant de pouvoir faire entendre aussi dans ces lieux ultramodernes le patrimoine éducatif et de sagesse conservé par la tradition chrétienne.[24]

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