Nous sommes le 24/05/2019 et il est 07h46 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Carrefour Presbyterium Garoua 2013

Carrefour Presbyterium archidiocèse de Garoua – Mercredi 20.03.2013 – jbmusumbi, omi
Jounrée de Réflexion | Carrefour | Journée de Récollection

Chrétiens de Garoua Aire sacrée saint Pierre

Texte 1: La nouvelle évangélisation
Texte 2: Le développement de l’homme intégral
Texte 3: Le monde de l’information et de la communication
Texte 4: Condition des prêtres dans le monde


TEXTE N° 1
La Nouvelle Évangélisation

(Source : Mgr Pierre-Marie CARRÉ, archevêque de Montpellier, Secrétaire spécial du synode sur la nouvelle évangélisation[1])

Il convient tout d’abord de préciser ce que recouvre l’expression Nouvelle Évangélisation. Les textes préparatoires au prochain synode des évêques d’octobre 2012 en proposent plusieurs définitions. En voici une : « elle est la capacité, de la part de l’Église, de vivre d’une manière renouvelée sa propre expérience communautaire de foi et d’annonce dans les nouveaux contextes culturels qui se sont constitués récemment ». Une telle définition manifeste bien qu’il n’est pas question d’imaginer quelque moyen, presque magique, susceptible de toucher à coup sûr les personnes auxquelles l’Évangile est proposé ! Le chemin à entreprendre est laborieux car il passe par une profonde conversion de tous les membres de l’Église.

Les manières d’aborder l’Écriture peuvent être multiples. Cependant, il est impératif d’en faire une lecture croyante afin qu’elle produise des fruits qui nourrissent non seulement le savoir et l’intelligence, mais aussi la vie spirituelle, c’est-à-dire la manière de vivre en croyants devant Dieu et devant les hommes.

Une telle lecture se situe dans la ligne de Dei Verbum n°12 : « Puisque la Sainte Écriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit qui la fit rédiger, il ne faut pas, pour découvrir exactement le sens des textes sacrés, porter une moindre attention au contenu et à l’unité de toute l’Écriture, eu égard à la Tradition vivante de toute l’Eglise et à l’analogie de la foi ». Selon ce développement et celui de Verbum Domini n°34, elle demande de bien percevoir que la Bible est simultanément oeuvre divine et oeuvre humaine. Il convient d’y chercher ce qui est utile à notre salut et d’employer les méthodes d’étude du texte adaptées, sans oublier la totalité de l’Écriture (lecture canonique).

Dans la lecture de la Bible, on trouve des indications particulièrement importantes pour percevoir la Nouvelle Évangélisation dans son enracinement le plus profond. Des études missiologiques sérieuses ont porté sur les figures de la mission et les différentes présentations de la mission, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Elles sont à relire, bien entendu, mais sans doute aussi à reprendre en tenant compte des facteurs nouveaux qui apparaissent aujourd’hui. Si Jésus-Christ est toujours le même, si les textes inspirés n’ont pas changé, nous leur demandons de nous aider à percevoir ce que peut signifier, selon les mots de Jean-Paul II, une évangélisation « nouvelle en son ardeur, dans ses méthodes et dans son expression ».

Les Écritures nous montrent qu’il s’agit d’abord d’une oeuvre divine avant d’être une oeuvre humaine. Il est indispensable de le faire ressortir pour que la coopération humaine à l’oeuvre de Dieu apparaisse clairement depuis les origines. L’analyse détaillée d’un texte comme celui de la fondation de l’Église à Antioche (Ac 11,19-26) en est un exemple parmi beaucoup d’autres. Un travail identique réalisé pour Thessalonique ou Corinthe serait très utile. Bien entendu, l’Écriture ne nous présentera pas de manière immédiate les tâches à réaliser au 21e siècle dans notre pays ! Mais elle permettra de fonder en Dieu ce qui nous paraît devoir être entrepris. Elle nous mettra en garde contre des tentations toujours renaissantes : celle de croire qu’il n’existe qu’un seul modèle d’évangélisation à appliquer selon des recettes infaillibles, celle aussi de se décourager devant les échecs rencontrés, celle encore de s’attribuer les succès. Jésus lui-même n’a pas caché aux disciples qu’ils rencontreraient des oppositions allant jusqu’à la persécution.

Sans doute faut-il souligner qu’il est important de chercher à avoir une lecture large des textes bibliques qui parlent de l’annonce de l’Évangile. Il est très facile d’en réaliser une sélection qui aboutirait à renforcer les idées préconçues du lecteur.

L’Esprit de Dieu est capable de toucher les coeurs de manière très diverse. Cependant, lors du parcours qui mène à la confession de foi dans l’Église et aux sacrements de l’initiation chrétienne, la lecture de la Parole de Dieu tient une place essentielle.

Il arrive que des personnes soient touchées par un récit évangélique qui éclaire leur recherche et leur parcours et leur révèle le sens profond de ce qui les anime. A d’autres, l’Écriture sera un appui pour leur connaissance de Jésus, à la fois intellectuelle et spirituelle. Nul ne maîtrise ces découvertes, fruits de l’action de Dieu dans les circonstances d’une vie. Mais il importe qu’il puisse y avoir auprès de ces personnes des gens capables de redire la question de Philippe à l’eunuque : « comprends-tu ce que tu lis ? » (Ac 8, 30) et d’écouter les réponses données tout en pouvant exprimer leur propre expérience de croyants. Chacun peut mesurer ici ce que cela demande comme travail de formation, tant intellectuel que spirituel.

Dans la lettre écrite en janvier 2001 pour marquer l’entrée dans le nouveau millénaire, Jean-Paul II redisait le programme proposé à l’Église pour cette nouvelle étape de sa vie. Il le caractérisait en utilisant plusieurs verbes qui renvoient à une lecture attentive de l’Écriture : « Ce programme existe déjà : c’est celui de toujours, tiré de l’Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ Lui-même, qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste » (Novo Millenio Ineunte n° 29). Nous avons dans ces quelques lignes un véritable programme présenté d’une manière logique. Le plus difficile reste à faire ! Car un tel contenu doit pouvoir animer profondément les parcours d’initiation à la foi, tant pour les enfants et les jeunes que les adultes.

La Nouvelle Évangélisation repose sur les personnes convaincues qui en perçoivent l’importance et sont prêtes à y engager leurs capacités. Mais je suis convaincu qu’elle n’atteindra sa pleine dimension que si elle est au centre des perspectives pastorales des diocèses, des paroisses, des mouvements et des services, chacun avec ses caractéristiques propres.

Question
Dans le contexte pastoral de l’Archidiocèse de Garoua, que vous inspire ce texte pour la mission d’évangélisation d’aujourd’hui ?

Haut


TEXTE N° 2
Le développement de l’homme intégral

Article publié le 9 mars 2012 par Yves PONROY dans Chronique Libre (Liberté de ton, Liberté d'opinion[2]).

Trois changements majeurs sont intervenus en ce début de millénaire qui nous obligent à repenser la place de l’homme et son rôle au sein d’une société contemporaine bouleversée… Ces trois changements simultanés ont considérablement modifié notre perception de la société et ont créé un énorme sentiment d’insécurité et de vulnérabilité :

- Il s’agit tout d’abord de la Mondialisation, c’est à dire l’ouverture des portes, dans tous les sens du terme. Non seulement nous nous retrouvons en concurrence avec l’ensemble du monde, mais le réseau internet nous met au centre d’une toile planétaire à travers laquelle nous arrive un flot d’informations et de sollicitations. Nous sommes soudain dans un courant d’air qui, à la fois, nous ouvre des perspectives immenses et nous fait peur, tant il bouscule nos idées et notre façon de vivre.

- Dans le même temps, et grâce aussi à la mondialisation, nous prenons conscience des dégâts considérables que nous avons causés à l’Environnement et dont nous commençons à mesurer notre part de responsabilité, individuelle et collective. Notre planète nous apparaît soudain plus petite et plus vulnérable avec 7 milliards d’humains qui consomment, qui épuisent les ressources et qui polluent.

- C’est dans ce contexte que s’est fait jour une crise sans précédent de la société occidentale, Crise globale et complexe qui couvait depuis longtemps et qui n’attendait qu’un événement déclencheur pour apparaître au grand jour. Il s’agit d’une crise aux multiples aspects, à la fois financière, économique et sociale dont nous n’osons pas encore mesurer toutes les conséquences.

Ces trois bouleversements ne sont pas arrivés par hasard et l’homme se trouve en être l’acteur principal et aussi la victime. Nous ne reviendrons pas en arrière, mais il convient sans doute de corriger nos façons de faire et de penser. Nous avons commis sans doute une grande quantité d’erreurs qui se sont accumulées, mais je crois surtout que nous avons commis une grande erreur fondamentale dont tout le reste découle. Cette grande erreur, je la nommerais « matérialisme », et qui a consisté a croire que le bonheur de l’homme allait naturellement s’accroitre en même temps que l’accumulation des biens matériels. Les progrès techniques nous ont donné un sentiment de toute puissance. La finalité de nos sociétés a été presque exclusivement tournée vers le bien être matériel, le progrès et l’hédonisme. L’homme, dans toutes ses dimensions, a été oublié. Le développement économique est devenu une fin en soi, sans tenir compte des aspirations fondamentales de l’humanité.

Il convient donc de remettre l’homme au centre. Pour être authentique, le développement doit être intégral, c’est à dire promouvoir « TOUT HOMME ET TOUT L’HOMME », comme le précise l’encyclique « Caritas in Veritate » (l’Amour dans la Vérité), un texte fondateur de grande portée qui a fait l’objet d’une analyse approfondie dans « The Journal of business ethics » au début de cette année. « L’amour dans la vérité » a plus à faire que l’on ne pense avec l’économie, car il introduit une dimension spécifiquement humaine de justice, de morale ou d’éthique.

L’économie devrait être au service de l’homme, et non pas l’inverse ; au service de chaque homme et non pas de quelques uns ; au service de la totalité de l’homme et non pas seulement d’une partie de nous-même. C’est ce que nous appelons le « développement de l’homme intégral». Si nous agissons en toute occasion avec cette éthique de justice au service de l’homme, la face du monde est changée. C’est un nouvel état d’esprit qui nous accompagne, en tant que parents, en tant que consommateurs, en tant qu’acteurs économiques, où que nous soyons.

Œuvrer à cette prise de conscience globale, c’est d’abord la faire sienne, pour soi-même, dans la vie de tous les jours. La justice et « l’amour dans la vérité » n’ont besoin ni de lois, ni de règlements, mais seulement d’humanité. Nous avons tous un sens inné de l’amour et de la justice, c’est cette notion là qu’il nous faut recontacter pour rendre sa dignité à l’homme…

(Yves PONROY)

Question
Dans le contexte pastoral de l’Archidiocèse de Garoua, que vous inspire ce texte pour la mission d’évangélisation d’aujourd’hui ?

Haut


TEXTE N° 3
Le monde de l’information et de la communication

(Source : EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE AFRICAE MUNUS du pape Benoît XVI, Deuxième synode pour l’Afrique – Ouidah, le 19 novembre 2011)

(142). L’Exhortation apostolique Ecclesia in Africa considérait que les médias modernes ne sont pas seulement des instruments de communication, mais aussi un monde à évangéliser.[194] Ils doivent servir une communication authentique qui est une priorité en Afrique, car ils sont un levier important pour le développement du continent[195] et pour l’évangélisation. Les « médias peuvent constituer une aide puissante pour faire grandir la communion de la famille humaine et l’ethos des sociétés, quand ils deviennent des instruments de promotion de la participation de tous à la recherche commune de ce qui est juste ».[196]

(143). Nous savons tous que les nouvelles technologies de l’information peuvent devenir de puissants instruments de cohésion et de paix ou bien des promoteurs efficaces de destruction et de division. Ils peuvent servir ou desservir sur le plan moral, propager le vrai comme le faux, proposer le laid comme le beau. La masse de nouvelles ou de contre-nouvelles, ainsi que celle d’images, peut être intéressante tout comme elle peut conduire à une forte manipulation. L’information peut très facilement devenir de la désinformation, et la formation de la déformation. Les médias peuvent promouvoir une humanisation authentique, mais ils peuvent tout autant entraîner une déshumanisation.

(144). Les médias éviteront cet écueil s’ils « sont structurés et orientés à la lumière d’une image de la personne et du bien commun qui en respecte les valeurs universelles. Les moyens de communication sociale ne favorisent pas la liberté de tous et n’universalisent pas le développement et la démocratie pour tous simplement parce qu’ils multiplient les possibilités d’interconnexion et de circulation des idées. Pour atteindre de tels objectifs, il faut qu’ils aient pour visée principale la promotion de la dignité des personnes et des peuples, qu’ils soient expressément animés par la charité et mis au service de la vérité, du bien et d’une fraternité naturelle et surnaturelle ».[197]

(145). L’Église doit être davantage présente dans les médias afin d’en faire non seulement un instrument de diffusion de l’Évangile mais aussi un outil pour la formation des peuples africains à la réconciliation dans la vérité, à la promotion de la justice et à la paix. Pour cela, une solide formation des journalistes à l’éthique et au respect de la vérité, les aidera à éviter l’attrait du sensationnel, ainsi que la tentation de la manipulation de l’information et de l’argent vite gagné. Que les journalistes chrétiens n’aient pas peur de manifester leur foi ! Qu’ils en soient fiers ! Il est bon également d’encourager la présence et l’activité de fidèles laïcs compétents dans le monde des communications publiques et privées. Tel le levain dans la pâte, ils continueront à témoigner de l’apport positif et constructif que l’enseignement du Christ et de son Église apporte au monde.

(146). Aussi, l’option prise par la première Assemblée Spéciale pour l’Afrique de considérer la communication comme un axe majeur de l’évangélisation s’est-elle avérée fructueuse pour le développement des médias catholiques. Il conviendrait, peut-être aussi, de coordonner les structures existantes comme cela se fait déjà dans certains endroits. Améliorer de cette façon l’utilisation des médias contribuera à une plus grande promotion des valeurs défendues par le Synode : la paix, la justice et la réconciliation en Afrique,[198] et permettra à ce continent de participer au développement actuel du monde.

Question
Dans le contexte pastoral de l’Archidiocèse de Garoua, que vous inspire ce texte pour la mission d’évangélisation d’aujourd’hui ?

Haut


TEXTE N° 4
Condition des prêtres dans le monde

(Source : DÉCRET SUR LE MINISTÈRE ET LA VIE DES PRÊTRES PRESBYTERORUM ORDINIS, 3)

Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés [16], les prêtres vivent avec les autres hommes comme avec des frères. C’est ce qu’a fait le Seigneur Jésus : Fils de Dieu, homme envoyé aux hommes par le Père, il a demeuré parmi nous et il a voulu devenir en tout semblable à ses frères, à l’exception cependant du péché [17]. Et déjà, il a été imité par les saints Apôtres : saint Paul, docteur des nations, « mis à part pour l’Évangile de Dieu » (Rm 1, 1), atteste qu’il s’est fait tout à tous afin de les sauver tous [18]. Par leur vocation et leur ordination, les prêtres de la Nouvelle Alliance sont, d’une certaine manière, mis à part au sein du Peuple de Dieu ; mais ce n’est pas pour être séparés de ce peuple, ni d’aucun homme quel qu’il soit ; c’est pour être totalement consacrés à l’œuvre à laquelle le Seigneur les appelle [19]. Ils ne pourraient être ministres du Christ s’ils n’étaient témoins et dispensateurs d’une vie autre que la vie terrestre, mais ils ne seraient pas non plus capables de servir les hommes s’ils restaient étrangers à leur existence et à leurs conditions de vie [20]. Leur ministère même exige, à un titre particulier, qu’ils ne prennent pas modèle sur le monde présent [21] et, en même temps, il réclame qu’ils vivent dans ce monde au milieu des hommes, que, tels de bons pasteurs, ils connaissent leurs brebis et cherchent à amener celles qui ne sont pas de ce bercail, pour qu’elles aussi écoutent la voix du Christ, afin qu’il y ait un seul troupeau et un seul pasteur [22].

Pour y parvenir, certaines qualités jouent un grand rôle, celles qu’on apprécie à juste titre dans les relations humaines, comme la bonté, la sincérité, la force morale, la persévérance, la passion pour la justice, la délicatesse, et d’autres vertus encore, celles que l’apôtre Paul recommande quand il dit : « Tout ce qu’il y a de vrai, d’honorable, tout ce qui est juste, pur, digne d’être aimé, tout ce qui est vertueux et digne d’éloges, faites-en l’objet de vos pensées » (cf. Ph 4, 8) [23].

Question
Dans le contexte pastoral de l’Archidiocèse de Garoua, que vous inspire ce texte pour la mission d’évangélisation d’aujourd’hui ?

Haut


Notes:

[1] http://www.bible-service.net/extranet/current/pages/1571.html

Haut

© 2011 Ayaas.net: Religieux africain du troisième millénaire - Page web perso de jb musumbi, o.m.i. - Webmaster