OMI Madagascar

25 ans de présence missionnaire

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Chers Confrères, Amis et Bienfaiteurs

En cette année 2005, un évènement important marque la vie des MISSIONNAIRES OBLATS DE MARIE IMMACULEE (O.M.I.) à Madagascar. C’est la célébration du Vingt-cinquième Anniversaire de leur implantation dans le Diocèse de Tamatave.

Séjour à Tamatave

03 DECEMBRE 1980 – 03 DECEMBRE 2005 :

Vingt-cinq années de présence parmi les pauvres. Une présence qui se traduit par un engagement missionnaire dans tous les divers aspects des réalités de vie où la première chose qui frappe est la pauvreté. Pauvreté matérielle qui n’est pas misère cependant mais qui laisse transparaître une richesse humaine éclatant dans l’esprit de l’accueil, du partage, et de la disponibilité.

 

Autre réalité omniprésente qui domine : le culte des ancêtres. Il s’agit là d’une pratique très formaliste, sociologique et profondément ancrée dans l’âme malgache. La vie de l’individu se trouverait toujours dépendante des diverses cérémonies coutumières ancestrales. Ainsi, comment annoncer la Bonne Nouvelle du Salut de Jésus-Christ au milieu d’un peuple assuré d’avoir un contact permanent avec l’au-delà moyennant l’exécution d’un certain nombre de rites bien particuliers? Quel avenir pour ces « primitifs » confrontés à une mondialisation où la technologie, la productivité, l’efficacité immédiate, règnent en maîtres ? N’est-il pas déjà trop tard pour les préparer à une civilisation mondiale qui les écrase déjà ? Comment leur éviter de passer sous le rouleau compresseur du progrès conçu comme un « plus avoir » au lieu d’un « mieux être » ?

Les réponses à apporter ne sont que des gouttes d’eau qui ne font pas un océan

car, à Madagascar comme en Afrique, elles s’évaporent avant de constituer la masse.

  • Des personnes, hommes, femmes et enfants, luttent en permanence dans une précarité de vie. Une vie qui pourrait être amélioré avec un réel accompagnement bienfaisant, leur permettant de sortir de cette étreinte d’une tradition basée sur des connaissances souvent empiriques.
  • Des nouveaux-nés qui ont droit à la vie, mais au détriment du strict minimum par les carences des conditions sociales meurent en venant au monde entraînant souvent aussi la mort de la mère…
  • Des enfants en âge d’êtres scolarisés afin d’acquérir quelques réponses prioritaires à leurs besoins essentiels se retrouvent dans les champs et les rizières ou en gardiennage des bovidés et portent déjà, à leur âge, le joug d’un adulte et ce, afin d’ajouter un petit plus aux fruits du labeur quotidien familial.
  • Des jeunes, dans l’illusion d’un autre monde développé et voulant s’émanciper de l’étau traditionnel, se ruent dans une société qui n’a presque plus de repères si une présence d’Eglise ne les interpelle pas à sa sollicitude maternelle.

Des réalités de vie assez criantes pour synchroniser un ensemble d’injustices sociales aussi bien dans les campagnes qu’en milieux urbains frappent l’esprit : des familles très nécessiteuses, des vieillards sans aucune ressource, des jeunes qui n’ont pas de repères, des malades qui n’ont pas l’argent nécessaire pour se soigner, etc.… Bref, un peuple de Dieu exsangue !…

La passion du Christ s’exprime à travers bien des visages ici.

Ce n’est pas le monde à l’envers, mais c’est le monde d’aujourd’hui

nous interpellant pour témoigner d’une présence d’Eglise parmi les pauvres.

Lorsque, la Congrégation des MISSIONNAIRES OBLATS DE MARIE IMMACULEE

est arrivée à MADAGASCAR, il y a vingt cinq ans,

la réalité lui a imposé bien des adaptations, des renoncements, des conversions.

 

Jeunes à Tamatave

LA MISSION : « L’évangélisation des pauvres »

C’est ce choix qui a poussé quelques prêtres polonais de la Congrégation des MISSIONNAIRESOBLATS DE MARIE IMMACULEE à débarquer à MADAGASCAR, il y a maintenant ving 2 t-cinq ans.

Avec ses quinze millions d’habitants environ, Madagascar, une des plus grandes Iles du monde, séparée de l’Afrique par le Canal de Mozambique, figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Le niveau de vie en général effleure le seuil de pauvreté. L’économie nationale, pourtant censée être basée sur l’agriculture et l’élevage, se retrouve actuellement affaiblie par une quarantaine d’années d’hésitation et de déroute. Cependant, aujourd’hui, le pays est engagé dans une nouvelle recherche d’identité culturelle qui résulte des crises politiques de l’année 2002. Toutefois, le contexte percutant cité plus haut a bien tracé le choix que se sont donnés les Oblats en arrivant à Madagascar :

1°) –Aller s’implanter dans les endroits les plus difficiles d’accès, des endroits isolés où n’existe aucune infrastructure routière et où la pauvreté accable la pleine valeur de l’être humain. C’est la partie SUD du diocèse de Toamasina qui a emporté ce choix missionnaire :

    • MAROLAMBO, située à environ 400 Kms du Chef Lieu du Diocèse, est l’une des sous-préfectures la plus reculée. Pour l’Administration Territoriale, c’est un poste disciplinaire réservé aux fonctionnaires récalcitrants car elle est une localité où l’on est coupé de tout contact avec le reste du pays. Aujourd’hui, il y a encore dans cette région des adultes qui n’ont jamais vu une voiture… C’est là que les pionniers Missionnaires Oblats de Marie Immaculée ont débarqué un 03 Décembre 1980.
    • AMBINANINDRANO, se trouvant à 60 Kms avant d’arriver à Marolambo, a été choisi à la même date pour servir de coin de repli pour nos « Missionnaires ».
    • MAHANORO  est la préfecture d’éclatement pour les régions environnantes. Les moyens et les possibilités de communication sont beaucoup plus pratiques. Et c’est en 1986 que le premier Oblat s’y est installé pour mieux desservir les autres centres de mission. Cela a permis le démarrage de la Mission de MASOMELOKA.

2°) –Aller s’implanter dans les quartiers abandonnés et les milieux les plus pauvres de la ville.

En 1988, la charge de la Paroisse NOTRE DAME DE LOURDES de Toamasina a été confiée aux Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Par la suite, dans le cadre de la célébration du grand Jubilé de l’An 2000, les Oblats ont construit une nouvelle église paroissiale, SAINT EUGENE DE MAZENOD, à Fianarantsoa. Cette présence en milieu urbain a pu consolider davantage l’engagement missionnaire : diverses Aumôneries sont prises en charge par les Oblats, à savoir : la Prison, l’Hôpital, l’Université, de même que la création et la direction d’un centre audiovisuel OMIFILM à Fianarantsoa et tout récemment la pastorale maritime au sein de l’APOSTOLAT DE LA MER.

UN LENDEMAIN MEILLEUR AVEC VOTRE CONTRIBUTION :

A l’écoute des difficultés accrues de la vie sociale et étant quotidiennement affrontés aux détresses des familles, les Oblats à Madagascar ont opté pour une nouvelle forme de travail pastoral et missionnaire. Les besoins exprimés ont fait état d’une pauvreté à trois facettes : la pauvreté spirituelle, la pauvreté morale et la pauvreté matérielle.

 

Scolastiques de Fianà

Il est difficile de prêcher l’Evangile aux gens qui ont faim ! Et nous sommes là, non pas pour leur donner à manger mais plutôt, pour mettre l’Homme debout afin d’être maître de son devenir. C’est à dire lui donner confiance en lui-même pour exploiter ses propres ressources intérieures et ses potentialités et ce, en puisant toutes ses forces dans l’Amour Infini de Dieu par son Fils Jésus Christ dans l’unité du Saint Esprit. C’est notre travail missionnaire.

Mais, si l’on commence quelque part, il faut aussi savoir durer. Le souhait exprimé en 1988 par le Père Général Marcello ZAGO, OMI, s’est réalisé, une année après, par la création et la mise en route d’un Noviciat à Ambinanindrano. C’est aussi ce qui a encouragé à installer, en 1992, le Scolasticat à Antananarivo (maintenant transféré à Fianarantsoa) et en 1996, le Prénoviciat à Toamasina.

Aujourd’hui, plus d’une dizaine de Malgaches ont été formés et sont devenus, à leur tour, Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.

Nous voilà arrivés en 2005 avec vingt-cinq années de présence à Madagascar ! Cet évènement ne doit pas passer inaperçu notamment pour Madagascar

car beaucoup de gens ont collaboré pour entretenir et aider afin que cette présence soit réellement effective.

    • Les Malgaches eux-mêmes qui ont su donner importance à notre engagement,
    • Les OBLATS DE MARIE IMMACULEE de différents pays,
    • Les Organismes et Bienfaiteurs qui nous ont apporté leurs aides de différentes manières.

Paroisse ND Tamatave

Nous ne saurons oublier ce que vous tous, vous avez apporté pour la propagation de la Foi par le biais de notre Travail Missionnaire à MADAGASCAR. En effet, dans un contexte tel que celui que nous avons dans ce pays, il faut être ensemble pour qu’une action soit un début de solution. Vous avez su contribuer dans ce sens. C’est ce qui nous permet encore d’avancer pour maintenir le cap depuis vingt-cinq ans maintenant.

Par la célébration de ce Vingt-cinquième Anniversaire, la Délégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée à Madagascarse veut affermir encore plus son Travail Missionnaire. Elle compte pour ce faire sur votre fraternelle collaboration que cela soit pour les cérémonies de commémoration ou bien en actions ponctuelles qui perdureraient son engagement parmi les pauvres. Mais plus encore, nous comptons sur les prières des uns et des autres pour mieux asseoir notre marche d’Eglise à la suite du Christ qui nous a dit :

« Ce que vous faîtes aux plus petits, c’est à Moi que vous le faîtes… »

Au nom des Oblats de Madagascar

P. Roman Majewski omi

Sup.de la Délégation

Antananarivo, 17.02.2005