Quelques besoins d'Afrique-Madagascar

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Rencontre avec les Procureurs omi Europe

Introduction

Le 17 septembre 2002, j’ai été nommé Conseiller général pour la Région Afrique-Madagascar en remplacement de Mgr Jabulani Nxumalo, évêque auxiliaire de Durban, Afrique du Sud. Depuis presque deux années que je suis au Conseil général et visitant la Région je ne suis pas encore arrivé à connaître tous les défis de la région même si j’ai déjà visité certaines unités. Cinq petits points feront l’objet de mon partage :

  • Remerciement
  • Personnel
  • Ministères
  • Besoins
  • Initiatives locales

1. Remerciement

En me référant à ma propre expérience d’Oblat congolais et à ce que je connais de nos unités oblates, je sais combien, au prix de beaucoup de sacrifices et d’amour, vous soutenez financièrement nos unités. Pour cela, tout en vous assurant de notre prière, je dis grand MERCI à vous tous et à chacun au nom de tous mes confrères de la Région. Je pense particulièrement

  • Au p. Josef Mathuni pour la réalisation de nombreux projets en Afrique au profit de la mission auprès des pauvres.

  • Au p. Willy Staes de Koorbeek-Lo et au Service missionnaire de Rhode-St-Genèse en Belgique pour l’aide au Congo.

  • A la procure des missions en France pour de nombreux services à la province du Cameroun.

  • A l’Allemagne et l’Autriche pour le soutien à la province de Namibie.

  • A l’Italie pour l’enracinement de la Délégation du Sénégal.

  • A la Pologne pour la croissance rapide de la Délégation de Madagascar.

  • A l’Espagne pour la présence soutenue de la Délégation du Sahara occidental.

  • Aux 4 provinces qui ont dernièrement financé la construction d’une maison pour les Oblats à Luanda, Angola. Les travaux étaient bien avancés quand j’ai visité la mission d’Angola en mars de cette année.

Votre participation à la mission de vos confrères dans la Région d’Afrique-Madagascar fait aussi de vous des missionnaires à temps plein.

2. Personnel

Combien sommes-nous actuellement en Afrique ? Oeuvrant dans 16 pays différents, les Oblats de la région d’Afrique-Madagascar sont au nombre de 855, d’après la dernière mise à jour du secrétariat général, le 25 mai 2004, répartis en

* 7 Provinces :

  • Cameroun: 135 membres
  • Central S. A.: 52 membres
  • Congo: 132 membres
  • Lesotho: 156 membres
  • Namibie: 45 membres
  • Natal: 74 membres
  • Northern S. A.: 61 membres

* 4 Délégations :

  • Madagascar (Pologne): 55 membres
  • Sahara Occidental (Espagne): 3 membres
  • Sénégal (Italie): 33 membres
  • Zambie (Etats-Unis): 52 membres

* 5 Missions :

  • Angola (Congo): 6 membres
  • Botswana (Lesotho): 7 membres
  • Kenya (Canada): 3 membres (à vérifier)
  • Nigeria (Cameroun): 22 membres
  • Qwa-Qwa (Lesotho): 2 membres
  • Zimbabwe (Natal): 17 membres

3. Ministères

Le ministère oblat varie d’un pays à l’autre selon les besoins locaux du peuple de Dieu. C'est ce qui explique aussi l’engagement dans différents ministères. Dans son ensemble, les Oblats en Afrique sont engagés dans :

  • Ministères paroissiaux.
  • Maisons de formation ou d’éducation.
  • Aumôneries de prisons ou universitaires.
  • Œuvres spécifiquement oblates (médias, enfants de rue, missions populaires, etc.)

4. Besoins

Au plan financier, certaines unités de la Région sont assez stables, relativement autonomes. Je pense aux trois provinces d’Afrique du Sud. D’autres vivent essentiellement de l’aide extérieure. La plupart ont réellement besoin d’argent pour

  • Soutenir leur personnel (Lesotho pour la mission de Botswana, Natal pour la mission de Zimbabwe, Congo pour la mission d’Angola, Madagascar, Sénégal pour la nouvelle communauté de Farim en Guinée-Bissau, etc.)

  • Supporter la formation de leurs jeunes et les études spécialisées.

  • Initier des projets d’autofinancement : fermes agricoles, garages, menuiseries, procures.

  • Promouvoir des institutions académiques viables, cas de l’Institut des sciences de la mission à Kinshasa, Congo, cas de Cedara, Afrique du Sud.

  • Construire des bibliothèques adaptées et achat des livres pour nos différents centres de formation.

  • Moyens de communication adéquats pour entrer en contact avec les Oblats: téléphone, Internet.

  • Promouvoir leur pastorale spécifique, ex. encadrer les enfants de rue (Namibie),

  • combattre la pandémie de sida et s’occuper des enfants orphelins (Afrique du Sud, Zambie, Namibie, Congo).

  • Fournir de l’eau potable aux populations (Tchad, nord Cameroun, Angola, etc.) ;
    former des catéchistes (Guinée-Bissau, Angola).

  • Besoins alimentaires pour des populations, (Zambie, Zimbabwe).

  • Soins médicaux dans des pays où les infrastructures sanitaires ont été détruites par la guerre ou des conflits armés, comme en Angola, au Zimbabwe.

  • Moyens de déplacement pour visiter les communautés chrétiennes de longue distance, etc.

5. Quelques initiatives locales

Conscientes de la diminution de l’aide extérieure, certaines unités s’engagent résolument dans la création ou la redynamisation d’entités de production ou de moyens d’autofinancement même si la rentabilité n’est pas encore suffisante, par exemple

  • Fermes agricoles (cas du Lesotho, Congo, Cameroun).
  • Travail manuel surtout pour les jeunes en formation (cas de Zambie).
  • Centres de formation en informatique et Internet (cas du Congo.,
  • Garages et menuiseries (cas du Cameroun).
  • Procures, etc.

Cas d’une nouvelle procure : Kikwit, Congo.
L’on n’initie pas une procure sans qu’il y ait eu besoin préalable. La difficulté d’infrastructures routières reliant les grands centres d’activités commerciales, notamment Kinshasa, la capitale aux communautés rurales cause une pénurie d’approvisionnements et de liquidités (argent) pour la survie des confrères. C’est ainsi que l’administration provinciale a initié cette deuxième procure (la première étant St Eloi à Kinshasa) pour palier à cette difficulté.

Le capital de démarrage a été constitué des dons et aides (je mentionne ici la procure d’Autriche), subsides de l’économat provincial aux communautés, les rentrées de quelques activités productives : vente du carburant, revenus du centre de formation en informatique et Internet, les dépôts de tiers pour envoi ou réception à destination.

Conclusion

La Région Afrique-Madagascar connaît une croissance dans son personnel. Les jeunes en formation deviennent de plus en plus nombreux, les ministères pastoraux deviennent aussi diversifiés avec les nouveaux défis, et cela cause évidemment un problème sérieux de subsistance dans des Unités. Si les Oblats veulent faire face à ces défis, il leur faut former leur personnel, et pour le former, il faudra un investissement en terme financier.

Tout en reconnaissant leurs limites financières et l’interdépendance, les Oblats dans la Région recherchent à apprendre, surtout auprès de nos provinces qui ont une longue histoire, comment arriver à un autofinancement de leurs activités pastorales et devenir plus responsable dans la gestion de leurs propres ressources. Les Oblats aspirent à un développement harmonieux non pas seulement de leurs propres ministères mais aussi de tous ceux qui participent à leur mission. Les soucis du continent sont aussi les leurs. Leur situation de dépendance actuelle est une vraie marque de leur vœu de pauvreté qui est une capacité de donner et de recevoir.

L’Administration générale a déjà organisé une session de levée de fonds et se prépare à organiser une deuxième. Ces sessions auxquelles participent plusieurs candidats de notre Région sont une occasion de connaître les mécanismes de développement à partir de la base.

Tout en remerciant les procureurs de la Région Europe pour leur générosité (temps, énergie, amour, finances), je propose que dans un proche avenir, leurs procures servent et deviennent aussi des lieux d’apprentissage de la gestion, de levée de fonds et surtout de lieux de développement d’amour pour les missions.

Jean Bosco Musumbi, omi
Conseiller général
Rome 27 mai 2004

 

01.06.2004